Annie Leibovitz shot for Louis Vuitton

« SI MESSI AVAIT JOUÉ AUTANT DE MATCHS QUE RONALDO… » : POURQUOI CET ARGUMENT STATISTIQUE EST PLUS FRAGILE QU’IL N’Y PARAÎT

Quality Report Sports| Rédaction Roger Le Galates x Roger Ximénez 

Dans le débat qui oppose Lionel Messi à Cristiano Ronaldo depuis près de vingt ans, une affirmation revient régulièrement lorsqu'il est question du nombre de buts inscrits en carrière :

« Si Messi avait joué autant de matchs que Ronaldo, il aurait marqué davantage. »

L'argument paraît logique.

Messi possède un meilleur ratio de buts par match sur l'ensemble de sa carrière. Ronaldo a disputé davantage de rencontres. Il suffirait donc de donner artificiellement à Messi le même nombre de matchs, d'appliquer son ratio historique et d'observer le résultat.

Sur une calculatrice, l'opération fonctionne.

Mais elle contient un problème majeur.

Elle considère les matchs supplémentaires de Cristiano Ronaldo comme une simple anomalie statistique à corriger, sans chercher à comprendre pourquoi il a été capable de les jouer.

Or l'écart entre les deux joueurs ne vient pas uniquement de leur date de naissance.

Il raconte aussi leurs blessures, leur disponibilité, leurs parcours dans les compétitions à élimination directe, leur longévité et même l'évolution extrêmement différente de leurs rôles offensifs.

Et lorsqu'on réintroduit ces éléments dans l'équation, la phrase « Messi aurait forcément marqué davantage avec autant de matchs » devient beaucoup moins évidente.


RONALDO A COMMENCÉ AVANT MESSI : MAIS CELA N’EXPLIQUE PAS TOUT

Commençons par l'explication la plus évidente.

Cristiano Ronaldo est né le 5 février 1985. Lionel Messi le 24 juin 1987.

Le Portugais possède donc environ deux ans et quatre mois de plus.

Il commence également sa carrière professionnelle plus tôt.

Mais contrairement à une affirmation circulant sur les réseaux sociaux, Ronaldo n'avait pas seulement une trentaine de matchs d'avance lorsque Messi a commencé sa carrière avec le FC Barcelone.

Avant même la saison des débuts officiels de Messi, Ronaldo avait déjà disputé une saison avec l'équipe première du Sporting puis une saison complète avec Manchester United.

Pour sa seule première saison anglaise, 2003/04, il dispute 40 matchs toutes compétitions confondues, dont 29 en Premier League.

Le chiffre viral des « 30 matchs » ne peut donc pas être conservé.

Cela ne signifie cependant pas que l'ensemble du différentiel actuel s'explique par l'avance chronologique de Ronaldo.

C'est précisément là que le raisonnement devient intéressant.

Ronaldo a commencé avant Messi. Mais il a également continué à accumuler des matchs pendant leurs carrières respectives.

Pourquoi ?


LES MATCHS SUPPLÉMENTAIRES NE TOMBENT PAS DU CIEL

Pour jouer davantage de rencontres au cours d'une carrière, plusieurs choses doivent se produire.

Il faut être physiquement disponible.

Il faut conserver un niveau permettant de continuer à être sélectionné.

Il faut parfois que son équipe se qualifie pour le tour suivant.

Il faut prolonger suffisamment sa carrière.

Et il faut recommencer année après année.

Autrement dit, le nombre de matchs n'est pas seulement une donnée démographique liée à l'âge d'un joueur.

C'est également le résultat de sa trajectoire sportive.

La Ligue des champions permet de l'observer particulièrement bien.

183 MATCHS DE LIGUE DES CHAMPIONS POUR RONALDO, 163 POUR MESSI

Les statistiques officielles de l'UEFA établissent le bilan suivant :

Cristiano Ronaldo : 183 matchs de Ligue des champions

Lionel Messi : 163 matchs

Soit 20 apparitions supplémentaires pour Ronaldo dans la compétition.

Mais la répartition par tour est encore plus intéressante.

Messi possède en réalité légèrement plus d'apparitions en quarts de finale :

Messi : 23

Ronaldo : 22

En revanche, la tendance s'inverse nettement en demi-finales :

Ronaldo : 21

Messi : 15.

Ronaldo a par ailleurs disputé six finales de Ligue des champions.

Ces chiffres obligent à nuancer les deux récits.

Non, Ronaldo n'a pas systématiquement atteint davantage de quarts de finale que Messi.

Mais oui, il a accumulé davantage de matchs dans certaines phases les plus avancées de la compétition, notamment les demi-finales.

Et ces rencontres comptent lorsqu'on cherche à expliquer le différentiel de matchs entre leurs carrières.


UNE ÉLIMINATION SUPPRIME AUSSI DES MATCHS POTENTIELS

C'est une évidence sportive qui disparaît souvent dans les extrapolations statistiques.

Lorsqu'une équipe est éliminée en huitième de finale, son joueur ne dispute pas les quarts.

Lorsqu'elle tombe en quart, il n'y aura ni demi-finale ni finale.

Inversement, atteindre régulièrement les derniers tours augmente mécaniquement le nombre de matchs disponibles.

Il serait évidemment incorrect d'attribuer chaque qualification du Real Madrid ou de Manchester United au seul Ronaldo.

Comme il serait incorrect d'attribuer chaque élimination du FC Barcelone au seul Messi.

Le football est un sport collectif.

Mais lorsqu'on compare deux carrières réelles, les conséquences de ces résultats collectifs sont elles aussi réelles.

Les matchs supplémentaires ont été disputés.

Ou ils ne l'ont pas été.

On ne peut donc pas prendre uniquement le total final de rencontres et faire comme si les deux joueurs avaient nécessairement bénéficié des mêmes opportunités sportives pour l'atteindre.


LA DISPONIBILITÉ PHYSIQUE CHANGE COMPLÈTEMENT LA QUESTION

 

Victor Carretero / Contributeur/Getty Images

 

Il existe ensuite une autre variable fondamentale : les matchs manqués.

Les chiffres viraux que l'on trouve sur les réseaux sociaux doivent être traités avec prudence.

Affirmer catégoriquement que Messi aurait manqué « plus de 200 matchs sur blessure » tandis que Ronaldo n'en aurait manqué que « 60 à 80 » nécessite une méthodologie homogène et une source médicale exhaustive.

Les bases publiques d'historique de blessures ne permettent pas d'établir aussi simplement cette affirmation.

Elles indiquent néanmoins une tendance importante : les historiques publics recensent davantage d'indisponibilités et de matchs manqués du côté de Messi que de Ronaldo.

Et cette différence ne peut pas simplement disparaître lorsqu'on construit une comparaison hypothétique.

Pourquoi ?

Parce que dire :

« Donnons à Messi les matchs supplémentaires de Ronaldo »

revient potentiellement à lui restituer statistiquement certains matchs qu'il n'a justement pas pu disputer.

C'est là que l'extrapolation commence à devenir problématique.


ON NE PEUT PAS TRANSFORMER LA DISPONIBILITÉ DE RONALDO EN DISPONIBILITÉ HYPOTHÉTIQUE DE MESSI

Imaginons qu'un joueur manque quinze rencontres pendant une saison.

Vingt ans plus tard, on observe son ratio de buts et on lui restitue artificiellement ces quinze rencontres en supposant qu'il aurait marqué exactement selon sa moyenne historique.

Mathématiquement, c'est parfaitement possible.

Sportivement, nous venons pourtant de supprimer la raison pour laquelle ces matchs n'existent pas.

Le joueur n'était pas disponible.

C'est une différence fondamentale entre une statistique observée et une projection contrefactuelle.

Le ratio mesure ce qu'un joueur a produit lorsqu'il a joué.

La disponibilité mesure sa capacité à pouvoir jouer.

Ce sont deux performances différentes.

Et dans le cas de Cristiano Ronaldo, la deuxième constitue probablement l'une des caractéristiques les plus remarquables de sa carrière.


RONALDO N’A PAS SEULEMENT MARQUÉ LONGTEMPS : IL A PU JOUER LONGTEMPS

En 2026, Cristiano Ronaldo a 41 ans.

Il compte actuellement 234 sélections et 146 buts avec le Portugal, selon les données rapportées début octobre.

Lionel Messi vient, lui, de terminer sa carrière internationale à 39 ans après plus de deux décennies avec l'Argentine.

Ce simple constat permet de comprendre quelque chose d'essentiel.

La longévité n'est pas une constante.

Tous les joueurs ne commencent pas au même âge.

Ils ne vieillissent pas de la même manière.

Ils ne connaissent pas les mêmes blessures.

Ils ne conservent pas leur place pendant la même durée.

Et ils ne décident pas nécessairement d'arrêter au même moment.

Par conséquent, égaliser artificiellement le nombre de matchs revient aussi à effacer une partie de ces différences.


MAIS IL EXISTE UN AUTRE PROBLÈME ENCORE PLUS RAREMENT ÉVOQUÉ : RONALDO N’A PAS COMMENCÉ COMME BUTEUR

C'est probablement l'un des éléments les plus importants lorsqu'on compare les ratios de carrière.

Le Cristiano Ronaldo de 18 ans n'est pas le Cristiano Ronaldo du Real Madrid.

Lorsqu'il arrive à Manchester United en 2003, il évolue principalement comme joueur de couloir.

Dans le Manchester United de Sir Alex Ferguson, qui utilise notamment des structures avec deux lignes de quatre et fait évoluer son organisation au fil des saisons, Ronaldo est d'abord chargé de provoquer, dribbler, créer du déséquilibre et alimenter les attaquants.

Le principal buteur est alors notamment Ruud van Nistelrooy.

Ronaldo n'est pas encore le joueur qui vivra autour de la surface et attaquera constamment les zones de finition.

Ses chiffres de Premier League montrent parfaitement cette transformation.

2003/04 : 29 matchs — 4 buts

2004/05 : 33 matchs — 5 buts

2005/06 : 33 matchs — 9 buts

2006/07 : 34 matchs — 17 buts

2007/08 : 34 matchs — 31 buts.

En cinq saisons, Ronaldo passe donc de 4 à 31 buts en Premier League sur une saison.

Ce n'est pas simplement une amélioration de finition.

C'est également la transformation progressive de son rôle.


LES PREMIERS MATCHS DE RONALDO AUGMENTENT SON VOLUME… MAIS FONT BAISSER SON RATIO

Voilà le paradoxe.

On présente souvent le nombre supérieur de matchs de Ronaldo comme un avantage lorsqu'on explique son total de buts.

Mais une partie de ces rencontres constitue simultanément un désavantage pour son ratio de carrière.

 

 

 

Pourquoi ?

Parce qu'il accumule très jeune des dizaines de matchs professionnels dans lesquels marquer n'est pas encore sa fonction principale.

Prenons sa première saison de Premier League.

29 matchs, 4 buts.

La suivante :

33 matchs, 5 buts.

Puis :

33 matchs, 9 buts.

Ces 95 premières apparitions de Premier League produisent seulement 18 buts.

Elles restent pourtant comptabilisées aujourd'hui lorsque l'on calcule son ratio de carrière.

Et c'est parfaitement normal.

Elles font partie de sa carrière.

Mais cela montre pourquoi une comparaison de ratios bruts ne peut pas raconter à elle seule toute l'histoire.


MESSI ET RONALDO N’ONT PAS COMMENCÉ AVEC EXACTEMENT LA MÊME FONCTION OFFENSIVE

Messi a lui aussi commencé sur un côté et son rôle a considérablement évolué au cours de sa carrière.

Il serait donc faux de prétendre qu'il a toujours joué comme avant-centre.

Mais son développement dans le 4-3-3 du FC Barcelone l'amène rapidement dans des positions très offensives, avant son évolution spectaculaire vers le rôle de faux neuf sous Pep Guardiola.

Ronaldo suit une trajectoire différente.

Il part davantage d'un rôle de joueur de couloir avant de devenir progressivement un attaquant extérieur extrêmement prolifique puis, avec l'âge, un joueur de plus en plus concentré sur la finition.

Comparer leurs ratios de carrière reste parfaitement légitime.

Mais prétendre que ces ratios sont produits dans des conditions identiques ne l'est pas.

Position, responsabilités, système, âge et évolution tactique influencent nécessairement la production offensive.


LE RATIO DE MESSI EST RÉEL. SON EXTRAPOLATION NE L’EST PAS

C'est ici qu'il faut établir une distinction essentielle.

Si Messi possède un meilleur ratio buts/match, ce chiffre doit être reconnu.

Ce sont les buts qu'il a réellement inscrits dans les rencontres qu'il a réellement disputées.

Le problème commence lorsqu'on utilise ce ratio pour fabriquer les matchs qu'il n'a jamais joués.

Supposons, uniquement pour comprendre le mécanisme, qu'un joueur marque 0,80 but par match.

On lui ajoute 100 rencontres fictives.

Puis :

100 × 0,80 = 80 buts supplémentaires.

Ces 80 buts deviennent alors une projection.

Pas une statistique.

Rien ne garantit que le joueur aurait marqué exactement 80 fois.

Il aurait pu en marquer 100.

Il aurait pu en marquer 50.

Il aurait pu être blessé pendant une partie de cette période.

Son rendement aurait pu diminuer avec l'âge.

Son rôle aurait pu changer.

Son équipe aurait pu être éliminée.

Nous ne le savons tout simplement pas.


ET SI ON APPLIQUAIT LE MÊME RAISONNEMENT À RONALDO ?

 

 (BURAK AKBULUT / ANADOLU AGENCY)

 

C'est ici que l'argument devient particulièrement intéressant.

Si l'on accepte de modifier la carrière réelle de Messi pour lui attribuer des matchs supplémentaires, pourquoi ne pas appliquer exactement la même logique à Ronaldo ?

Et si Ronaldo n'avait manqué aucun match sur blessure ?

On pourrait lui restituer ses rencontres manquées.

Puis appliquer son ratio.

Il obtiendrait des buts supplémentaires.

Mais immédiatement, le même problème apparaîtrait.

Nous ne saurions pas combien il aurait réellement marqué.

Et surtout, son ratio final pourrait lui-même être différent.

C'est pourquoi le raisonnement doit fonctionner dans les deux sens.

On ne peut pas autoriser les scénarios hypothétiques lorsqu'ils augmentent le total de Messi puis les interdire lorsqu'ils pourraient augmenter celui de Ronaldo.


ET SI RONALDO AVAIT COMMENCÉ DIRECTEMENT COMME BUTEUR ?

On peut pousser l'expérience encore plus loin.

Que se serait-il passé si Ronaldo avait été utilisé dès 18 ans dans le rôle offensif qu'il occupera plus tard ?

Ses 95 premières rencontres de Premier League auraient-elles produit seulement 18 buts ?

Peut-être pas.

Son ratio de carrière serait-il aujourd'hui meilleur ?

Probablement différent, mais personne ne peut quantifier honnêtement de combien.

Et c'est justement le point.

Cette carrière n'a jamais existé.

Comme n'a jamais existé une carrière dans laquelle Messi dispute exactement autant de matchs que Ronaldo tout en conservant exactement son ratio réel.

Les deux scénarios sont des contrefactuels.


LES MATCHS SUPPLÉMENTAIRES À 40 ANS NE VALENT PAS STATISTIQUEMENT CEUX DE 27 ANS

Il existe encore un biais dans l'extrapolation.

Lorsqu'on ajoute artificiellement des rencontres à Messi en appliquant son ratio moyen de carrière, où place-t-on ces matchs ?

Au début ?

Au sommet de sa carrière ?

À la fin ?

La question est fondamentale.

Si ces rencontres supplémentaires correspondent à plusieurs saisons de longévité, il faudrait logiquement les ajouter aux âges les plus avancés.

Or rien ne garantit qu'un attaquant de 40 ou 41 ans puisse conserver le ratio moyen construit pendant ses années de prime.

Ronaldo lui-même en fait l'expérience.

Sa longévité lui permet d'ajouter des buts et des matchs à ses records.

Mais continuer à jouer lorsque son rendement diminue peut également faire baisser son ratio moyen de carrière.

La longévité agit donc dans les deux directions.

Elle augmente le volume tout en pouvant réduire l'efficacité moyenne.

C'est un élément fondamental que les projections simplistes ignorent.


LE VRAI PROBLÈME : ON CONFOND RATIO ET VOLUME

Messi et Ronaldo permettent finalement d'illustrer deux concepts statistiques différents.

Le premier est l'efficacité.

Combien de buts le joueur produit-il relativement au nombre de matchs qu'il dispute ?

Le second est le volume.

Combien de buts le joueur a-t-il réellement réussi à accumuler sur l'ensemble de sa carrière ?

Un joueur peut être supérieur sur le premier indicateur et inférieur sur le second.

Il n'y a aucune contradiction.

Prenons un exemple volontairement simplifié.

Un joueur inscrit :

80 buts en 100 matchs.

Ratio : 0,80.

Un autre inscrit :

100 buts en 140 matchs.

Ratio : 0,71.

Le premier possède le meilleur ratio.

Le second possède davantage de buts.

On peut calculer ce que le premier aurait marqué en 140 rencontres.

Mais dès que l'on écrit « il aurait marqué », nous ne décrivons plus ce qui s'est passé.

Nous décrivons ce qui aurait pu se passer.


LA DISPONIBILITÉ DEVRAIT-ELLE ÊTRE CONSIDÉRÉE COMME UNE PERFORMANCE ?

C'est probablement la véritable question révélée par ce débat.

Dans le football professionnel, être disponible n'est pas un détail extérieur à la performance.

Les clubs investissent massivement dans la préparation physique, la récupération, la nutrition, le sommeil, la médecine et la gestion de charge précisément parce que la disponibilité possède une valeur sportive et économique immense.

Un joueur qui maintient son niveau tout en disputant 50 matchs par saison produit une valeur différente d'un joueur capable du même niveau mais disponible seulement 30 fois.

Cela ne signifie pas automatiquement que le premier est meilleur.

Mais on ne peut pas supprimer les vingt rencontres de différence comme si elles n'avaient aucune signification.

Dans le cas de Ronaldo, cette disponibilité répétée pendant plus de deux décennies constitue une partie intégrante de son bilan.


RONALDO : 183 MATCHS DE C1, 21 DEMI-FINALES ET SIX FINALES

Les données européennes permettent d'en mesurer une partie.

Ronaldo reste le recordman des apparitions en Ligue des champions avec 183 matchs, devant Messi et ses 163 apparitions.

Il possède également le record d'apparitions en demi-finales de l'ère Champions League avec 21, contre 15 pour Messi.

Et il a disputé six finales.

Ces matchs ne prouvent pas à eux seuls que Ronaldo était individuellement meilleur.

Mais ils permettent d'affirmer quelque chose de beaucoup plus simple :

ils ont réellement eu lieu.

Ils ont contribué à son nombre d'apparitions.

Certains ont contribué à son nombre de buts.

Et les retirer intellectuellement de la comparaison pour égaliser artificiellement les carrières revient à retirer une partie des événements qui ont précisément façonné ces carrières.


ALORS, MESSI AURAIT-IL PLUS DE BUTS S’IL AVAIT JOUÉ AUTANT QUE RONALDO ?

La réponse rigoureuse est beaucoup plus simple que les débats sur les réseaux sociaux :

NOUS N’EN SAVONS RIEN.

Nous pouvons calculer combien de buts Messi aurait théoriquement inscrits si son ratio moyen avait été reproduit sur le nombre de matchs de Ronaldo.

Ce calcul est parfaitement valide en tant que projection mathématique.

Mais il ne démontre pas que Messi aurait réellement obtenu ce résultat.

Pour cela, il aurait fallu qu'il dispute ces rencontres.

Qu'il soit disponible.

Que ses équipes lui permettent de les jouer.

Qu'il conserve son niveau.

Qu'il conserve son ratio.

Qu'il traverse les années supplémentaires sans que son rendement évolue.

Et qu'une carrière différente produise exactement la même efficacité moyenne.

Aucune statistique ne peut démontrer cela.


ET RONALDO AURAIT-IL UN MEILLEUR RATIO DANS UNE AUTRE CARRIÈRE ?

Même réponse.

Nous n'en savons rien.

S'il avait manqué moins de matchs ?

Peut-être.

S'il avait été attaquant beaucoup plus tôt ?

Peut-être.

S'il n'avait pas accumulé autant de rencontres après 35 puis 40 ans ?

Son ratio aurait peut-être été supérieur, mais son total de buts aurait été inférieur.

Toutes ces possibilités sont statistiquement modélisables.

Aucune n'est historique.

Et c'est précisément pourquoi elles ne doivent pas être confondues avec les performances réellement réalisées.


MESSI POSSÈDE SON RATIO. RONALDO POSSÈDE SES MATCHS.

Il n'est pas nécessaire de diminuer Lionel Messi pour reconnaître la performance de Cristiano Ronaldo.

Et il n'est pas nécessaire de diminuer Ronaldo pour reconnaître l'efficacité exceptionnelle de Messi.

Le ratio de Messi constitue une donnée réelle.

Le total de buts de Ronaldo constitue une donnée réelle.

Le nombre supérieur de matchs disputés par Ronaldo constitue également une donnée réelle.

Le problème apparaît lorsque l'on transforme l'une de ces données en scénario alternatif puis que l'on présente ce scénario comme une conclusion.

« Messi marque davantage par match » est une statistique.

« Messi aurait marqué davantage avec autant de matchs que Ronaldo » est une hypothèse.

Cette différence peut sembler sémantique.

Elle est pourtant fondamentale.


LES MATCHS DE RONALDO FONT PARTIE DU RECORD

Cristiano Ronaldo n'a pas reçu ses matchs supplémentaires comme un bonus statistique.

Il les a accumulés.

Certains grâce à son début de carrière plus précoce.

D'autres grâce à sa disponibilité.

D'autres grâce aux parcours de ses équipes.

D'autres grâce à sa longévité.

Et certains alors qu'il occupait un rôle beaucoup moins centré sur le but que celui qui fera ensuite sa réputation.

Ces matchs ont parfois amélioré ses records.

D'autres ont diminué son ratio.

Mais ils appartiennent tous à la même carrière.

C'est précisément pourquoi la comparaison Ronaldo-Messi ne peut pas être résolue en ouvrant une calculatrice et en ajoutant artificiellement des rencontres à l'un des deux.

On peut comparer leurs ratios.

On peut comparer leurs buts.

On peut comparer leurs titres.

On peut comparer leur longévité.

On peut comparer leurs parcours.

Mais lorsqu'on commence à inventer les matchs que l'un aurait pu jouer, il faut accepter que l'on quitte progressivement la statistique pour entrer dans la simulation.

Et c'est peut-être la meilleure manière de résumer tout le débat :

Le ratio peut imaginer les buts que Messi aurait pu marquer. La carrière de Ronaldo contient les matchs qu’il a réellement réussi à jouer.

 

AU-DELÀ DES RATIOS, QRS ANALYSE CE QUE LES CHIFFRES RACONTENT VRAIMENT.

Records, longévité, disponibilité, performances, data et contexte : une statistique n’a de valeur que lorsqu’on comprend comment elle a été construite.

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FAQ — RONALDO, MESSI, BUTS ET NOMBRE DE MATCHS

Messi possède-t-il un meilleur ratio de buts par match que Cristiano Ronaldo ?
Oui, selon les compteurs de carrière usuels. Mais le ratio et le nombre total de buts mesurent deux choses différentes : l'efficacité moyenne d'un côté et le volume accumulé de l'autre.

Messi aurait-il plus de buts s'il avait joué autant de matchs que Ronaldo ?
On peut produire une projection en appliquant son ratio aux matchs supplémentaires, mais il est impossible d'affirmer qu'il aurait réellement conservé ce rendement. Cela dépendrait notamment de son âge, de sa disponibilité, de ses blessures, de son rôle et des compétitions réellement disputées.

Ronaldo a-t-il plus joué uniquement parce qu'il a commencé sa carrière avant Messi ?
Non. Ronaldo est plus âgé et a commencé plus tôt, ce qui explique une partie du différentiel. Mais la disponibilité, la longévité et les parcours dans les compétitions contribuent également au nombre de rencontres disputées.

Ronaldo a-t-il joué davantage de matchs de Ligue des champions que Messi ?
Oui. L'UEFA comptabilise 183 apparitions pour Cristiano Ronaldo contre 163 pour Lionel Messi.

Qui a disputé le plus de demi-finales de Ligue des champions ?
Ronaldo détient le record avec 21 apparitions en demi-finales, contre 15 pour Messi. En revanche, Messi possède 23 apparitions en quarts contre 22 pour Ronaldo.

Cristiano Ronaldo jouait-il déjà attaquant à ses débuts à Manchester United ?
Son rôle initial était principalement celui d'un joueur offensif de couloir, avant une évolution progressive vers des positions beaucoup plus orientées vers la finition. Ses statistiques illustrent cette transformation : de 4 buts en Premier League en 2003/04 à 31 en 2007/08.

La disponibilité physique doit-elle compter dans la comparaison ?
Elle apporte une information différente du ratio de buts. La capacité à rester disponible permet concrètement d'accumuler davantage de rencontres et constitue donc une dimension réelle de la longévité sportive.



 

 

Mot-clé principal : Ronaldo Messi nombre de matchs

 



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