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CAN TOUS LES DEUX ANS : POURQUOI LA CAF NE PEUT PAS SE PERMETTRE DE SACRIFIER SA MACHINE À CASH

Quality Report Sports| Rédaction Roger Pennyworth 

La Coupe d’Afrique des Nations restera organisée sur un cycle essentiellement biennal. Derrière cette décision de la Confédération Africaine de Football se cache un enjeu qui dépasse largement le calendrier sportif. La CAN n’est pas simplement la compétition phare du football africain : elle constitue l’un des principaux actifs commerciaux de la CAF, une plateforme majeure pour les diffuseurs et les sponsors, ainsi qu’une source essentielle de visibilité et de ressources pour de nombreuses fédérations africaines.

L’idée de transformer la CAN en compétition organisée tous les quatre ans pouvait pourtant sembler logique. Un tournoi plus rare peut théoriquement devenir plus prestigieux. Le calendrier international aurait été moins chargé. Les conflits avec les clubs auraient pu être réduits. La CAF envisageait parallèlement de développer une nouvelle Nations League africaine capable de créer un rendez-vous régulier entre les sélections.

Mais cette transformation comportait un problème économique majeur : elle revenait à réduire volontairement la fréquence de commercialisation de l’actif le plus puissant du football africain avant d’avoir démontré que son éventuel remplaçant pouvait générer suffisamment de revenus.

Les chiffres financiers de la CAF permettent de comprendre pourquoi ce pari était extrêmement risqué.

LA CAN N’EST PAS SEULEMENT UN TOURNOI : C’EST UN ACTIF COMMERCIAL

Lorsqu’une CAN commence, l’attention se concentre naturellement sur le terrain : les sélections, les stars, les résultats, les supporters et le pays organisateur. Pour la CAF, la compétition représente cependant beaucoup plus qu’un événement sportif.

Chaque édition permet de commercialiser des droits audiovisuels, des partenariats, des licences, de la billetterie, de l’hospitalité et différentes activations commerciales. Elle permet également aux sponsors de la confédération d’accéder à une audience internationale particulièrement importante.

Le rapport financier 2023/24 de la CAF illustre cette dépendance. L’organisation avait enregistré environ 166,4 millions de dollars de revenus sur l’exercice. Selon la CAF, la CAN 2023 représentait environ 63 % de ses revenus totaux.

Rapporté au chiffre d’affaires global de l’exercice, cela représente environ 104,8 millions de dollars associés à la compétition.

Il faut être prudent avec cette estimation : elle ne signifie pas que la CAN a généré 104,8 millions de dollars de bénéfice net. Une compétition entraîne également des dépenses importantes, et les comptes d’une confédération ne peuvent pas être réduits à une simple soustraction entre revenus commerciaux et coûts d’organisation.

Mais le chiffre révèle quelque chose de beaucoup plus important : la CAF possède un actif dont le poids économique peut représenter une part considérable de ses revenus annuels.

Réduire la fréquence de cet actif constitue donc nécessairement une décision financière majeure.

 

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TOUS LES DEUX ANS OU TOUS LES QUATRE ANS : LA VRAIE QUESTION EST COMMERCIALE

Une CAN organisée tous les quatre ans aurait rapproché son rythme de celui de l’Euro ou de la Coupe du monde. Sur le papier, la logique de rareté est séduisante.

Un événement plus rare peut bénéficier d’une attente plus importante. Les diffuseurs peuvent le considérer comme un rendez-vous exceptionnel. Les sponsors peuvent construire des campagnes plus longues autour de chaque édition. Et les joueurs sont moins régulièrement retirés de leurs clubs pour participer au tournoi.

Mais la rareté ne crée pas automatiquement davantage de valeur.

Pour qu’un passage de deux à quatre ans soit économiquement intéressant, il faut que chaque édition génère suffisamment de revenus supplémentaires pour compenser les éditions supprimées.

Prenons uniquement le principe économique.

Sur huit années, un tournoi biennal peut théoriquement offrir quatre grandes fenêtres de commercialisation. Un tournoi quadriennal n’en offre que deux.

Cela ne signifie pas que quatre CAN rapportent automatiquement deux fois plus que deux CAN. Les contrats peuvent couvrir plusieurs éditions, les coûts changent, la valeur des droits évolue et certaines recettes ne sont pas linéaires.

Mais le problème stratégique reste évident : en espaçant son événement principal, la CAF réduit mécaniquement le nombre de moments où son produit premium est au centre du marché.

Pour compenser, elle devait donc créer de nouvelles sources de revenus.

LA NATIONS LEAGUE AFRICAINE DEVAIT RÉSOUDRE UNE PARTIE DU PROBLÈME

Le projet de transformation du calendrier n’était pas simplement destiné à supprimer une CAN sur deux. La CAF voulait parallèlement développer une nouvelle Nations League africaine.

L’idée possède une logique économique.

Au lieu de concentrer l’essentiel de la valeur des sélections africaines autour d’un seul grand tournoi, la confédération pourrait créer davantage de rencontres compétitives régulières, développer de nouveaux droits audiovisuels, proposer un nouveau produit aux sponsors et mieux structurer le calendrier international africain.

En théorie, cela pourrait permettre de diversifier les revenus.

C’est précisément ce dont la CAF a besoin.

Une entreprise extrêmement dépendante d’un seul produit est vulnérable. Une confédération sportive l’est également.

Mais une nouvelle compétition ne possède pas immédiatement la valeur d’une marque construite pendant plusieurs décennies.

La CAN bénéficie d’une histoire, d’une notoriété mondiale, d’équipes identifiables, de rivalités historiques et d’une audience déjà habituée au produit.

Une Nations League africaine doit encore construire cette valeur.

Patrice Motsepe a d’ailleurs reconnu que cette nouvelle compétition aurait besoin de plusieurs années avant de pouvoir générer suffisamment de ressources pour contribuer au financement du football africain et des 54 associations membres.

C’est probablement l’une des clés du revirement.

La CAF envisageait de réduire la fréquence d’un actif commercial déjà établi avant que le nouvel actif destiné à compléter son modèle économique soit suffisamment mature.

LE RISQUE DU MILLIARD DE DOLLARS

Un autre épisode permet de mesurer l’importance de la fréquence de la CAN dans les négociations commerciales.

En 2026, le Guardian a rapporté que la CAF travaillait sur un processus de commercialisation susceptible de représenter au moins un milliard de dollars de revenus sécurisés sur huit ans.

Mais le changement envisagé de fréquence de la CAN avait profondément modifié le portefeuille de droits disponibles.

Le processus a finalement été abandonné.

Il serait incorrect d’affirmer que la CAF a définitivement « perdu un milliard de dollars ». Il ne s’agissait pas d’un milliard déjà encaissé puis disparu des comptes. Le processus commercial n’avait pas abouti à un contrat définitif permettant de présenter cette somme comme un revenu acquis.

Mais l'épisode démontre quelque chose d’essentiel.

Modifier la fréquence de la CAN modifie immédiatement la valeur du produit que la CAF peut vendre aux diffuseurs, sponsors et partenaires commerciaux.

Un partenaire qui achète des droits sur huit ans ne valorise évidemment pas de la même manière un portefeuille contenant quatre CAN qu’un portefeuille qui n’en contientrait que deux.

La fréquence n’est donc pas seulement une question sportive.

Elle fait partie intégrante du produit commercial.

 

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LA CAN EST DEVENUE PLUS ATTRACTIVE AU MOMENT MÊME OÙ LA CAF ENVISAGEAIT DE L’ESPACER

Le timing rendait également la transformation particulièrement délicate.

La CAF a indiqué que les revenus commerciaux de la CAN organisée au Maroc avaient progressé de plus de 90 %, portés notamment par l’augmentation du nombre de partenaires commerciaux, l’élargissement international des droits médias et la conquête de nouveaux marchés.

La compétition attire désormais des partenaires bien au-delà du continent africain.

La Chine, le Japon et d’autres marchés deviennent importants dans la stratégie commerciale.

Cette internationalisation change progressivement la nature économique de la CAN.

Pendant longtemps, la compétition pouvait principalement être perçue comme le grand championnat des sélections africaines.

Elle devient progressivement un produit sportif international.

Et c’est précisément au moment où cette valeur commerciale augmente que réduire sa fréquence devient encore plus difficile à justifier.

UNE CAN TOUS LES DEUX ANS NE SIGNIFIE PAS DEUX FOIS PLUS DE BÉNÉFICES

Il faut toutefois éviter un raccourci.

Organiser la CAN deux fois plus souvent ne signifie pas automatiquement générer deux fois plus de bénéfices.

Chaque édition coûte de l’argent.

La CAF finance les primes des équipes, l’organisation des compétitions, les opérations, l’arbitrage, les déplacements, différentes structures techniques et une partie du développement du football africain.

Sur l’exercice 2023/24, la confédération indiquait avoir réinvesti 83 % de ses revenus dans le football. Les prize money et soutiens aux associations hôtes représentaient notamment des dizaines de millions de dollars.

Il faut donc distinguer trois notions : le chiffre d’affaires généré par la compétition, les coûts liés à son organisation et le résultat économique final.

Une CAN biennale peut générer davantage d’occasions commerciales sans nécessairement doubler le résultat net de la CAF.

Mais elle offre quelque chose de particulièrement précieux : la récurrence.

Et dans l’économie des médias et du sponsoring, la récurrence possède énormément de valeur.

 

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DROITS TV : PLUS DE CAN, PLUS D’INVENTAIRE À VENDRE

Pour comprendre la logique économique, il faut se placer du côté d’un diffuseur.

Lorsqu’un groupe audiovisuel achète les droits d’une compétition, il n’achète pas simplement des matchs.

Il achète des audiences potentielles, des espaces publicitaires, des abonnements, de la notoriété, du contenu numérique et la possibilité d’attirer des consommateurs autour d’un événement premium.

Une CAN tous les deux ans permet à la CAF de proposer régulièrement ce produit.

Sur une période longue, le nombre d’éditions devient donc un élément central de la valorisation des droits.

Le même raisonnement vaut pour les plateformes numériques.

À mesure que les habitudes de consommation évoluent, les compétitions sportives capables de générer simultanément télévision, streaming, réseaux sociaux, clips, contenus courts et conversations internationales deviennent particulièrement recherchées.

La CAN possède cette capacité.

 

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SPONSORS : CHAQUE CAN EST UNE NOUVELLE FENÊTRE COMMERCIALE

Le raisonnement est similaire pour les sponsors.

Une entreprise qui devient partenaire de la CAF cherche de la visibilité.

Elle veut apparaître sur les panneaux publicitaires, dans les contenus numériques, autour des matchs, dans les fan zones, dans les campagnes de communication et dans les retransmissions.

La CAN constitue le sommet de cette exposition.

Plus la compétition est espacée, plus la marque doit attendre avant de retrouver cette concentration d’attention.

À l’inverse, une CAN tous les deux ans crée une fréquence commerciale relativement rare pour une compétition internationale majeure.

C’est l’une des singularités du football africain.

Et cette singularité peut devenir un avantage économique si la CAF réussit à continuer d’augmenter la valeur commerciale de chaque édition.

LES 54 FÉDÉRATIONS SONT ÉGALEMENT AU CŒUR DU MODÈLE

Le débat ne concerne pas seulement le siège de la CAF.

Il concerne également les 54 associations membres.

Toutes les fédérations africaines ne disposent pas des mêmes capacités commerciales.

Certaines sélections peuvent générer d’importants revenus grâce aux sponsors, à leur diaspora, à leurs joueurs internationaux et à leurs performances.

D’autres disposent de marchés domestiques beaucoup plus limités.

Les distributions, programmes de développement et revenus provenant des compétitions de la CAF deviennent alors particulièrement importants.

C’est pourquoi la question de la fréquence de la CAN dépasse le simple calcul du chiffre d’affaires du tournoi.

Si la principale source de revenus de la confédération est espacée, toute l’économie de redistribution peut potentiellement être affectée.

La CAF devait donc répondre à une question fondamentale :

la Nations League pouvait-elle immédiatement remplacer les revenus perdus par une CAN moins fréquente ?

La réponse économique était loin d’être garantie.

LE RAPPORT FINANCIER 2024/25 A DONNÉ UN AVERTISSEMENT

Les comptes de l’exercice suivant offrent d’ailleurs une illustration intéressante de la sensibilité financière de la CAF au calendrier de ses compétitions.

Les revenus sont passés d’environ 166,4 millions de dollars à 88,8 millions, soit une baisse proche de 47 %.

La CAF a également enregistré une perte nette non auditée d’environ 43 millions de dollars.

Cette évolution ne doit pas être interprétée comme un effondrement structurel du modèle économique.

La confédération explique notamment cette variation par le décalage du CHAN et de la CAN 2025 vers l’exercice financier suivant, ce qui a retardé la comptabilisation d’une partie des revenus associés aux compétitions.

Mais précisément : ce décalage démontre à quel point le calendrier des grands tournois influence les comptes de la CAF.

Lorsque les principales compétitions bougent, les revenus annuels bougent avec elles.

La dépendance économique est donc visible jusque dans les états financiers.

LE MODÈLE BIENNAL POSSÈDE AUSSI DES COÛTS

Si la décision paraît économiquement compréhensible pour la CAF, elle n’est pas sans conséquences.

La CAN doit cohabiter avec un calendrier mondial déjà saturé.

Les joueurs africains évoluant dans les grands championnats européens peuvent être régulièrement confrontés à des périodes de compétition internationale au milieu de la saison de leur club.

Les clubs doivent libérer leurs joueurs.

Les sélections doivent gérer les voyages.

Les diffuseurs doivent composer avec les autres compétitions.

La FIFA développe elle aussi ses propres événements.

Les compétitions africaines de clubs doivent trouver leur place.

Et le calendrier international devient de plus en plus complexe.

Le passage à quatre ans avait donc également une logique sportive et opérationnelle.

Le problème est que cette logique se heurtait directement à la réalité économique de la CAF.

QUI GAGNE AVEC UNE CAN TOUS LES DEUX ANS ?

La CAF est évidemment la première bénéficiaire potentielle d’une fréquence élevée, puisqu’elle conserve davantage de fenêtres de commercialisation.

Les diffuseurs obtiennent plus régulièrement un événement premium.

Les sponsors bénéficient d’activations plus fréquentes.

Les fédérations qualifiées disposent plus souvent d’une exposition continentale majeure.

Les joueurs peuvent augmenter leur visibilité internationale.

Les pays organisateurs peuvent utiliser le tournoi comme catalyseur touristique et infrastructurel, même si la rentabilité réelle d’une organisation doit toujours être étudiée au cas par cas.

Mais le principal avantage pourrait être ailleurs.

Une CAN régulière empêche la marque de disparaître pendant de longues périodes.

Tous les deux ans, le football africain replace son produit phare au centre de l’attention internationale.

Dans une économie de l’attention extrêmement concurrentielle, cette fréquence possède une valeur difficile à mesurer uniquement dans les comptes.

LE VRAI RISQUE : ÊTRE TROP DÉPENDANT DE LA CAN

Le retour au modèle biennal résout un problème immédiat.

Il n’en élimine pas un autre.

Si une seule compétition peut représenter une part aussi importante des revenus de la confédération, la CAF reste dépendante de son produit principal.

Le véritable défi économique n’est donc peut-être pas de choisir entre une CAN tous les deux ans et une CAN tous les quatre ans.

Il consiste à construire suffisamment d’autres actifs commerciaux pour que cette question devienne moins dangereuse.

Une Nations League africaine performante pourrait jouer ce rôle.

Les compétitions africaines de clubs pourraient également être davantage valorisées.

Le football féminin représente un autre axe de croissance.

Les compétitions de jeunes, les droits numériques, les contenus propriétaires, le gaming, les licences et le merchandising peuvent progressivement diversifier les revenus.

La CAN doit rester la locomotive.

Mais une locomotive ne devrait pas être obligée de tirer seule l’ensemble du train.

LA CAF A CHOISI LA SÉCURITÉ ÉCONOMIQUE

Le retour à une CAN tous les deux ans peut finalement être lu comme une décision de gestion du risque.

La CAF disposait d’un produit éprouvé, internationalement reconnu et dont les revenus commerciaux progressaient.

En face, elle envisageait un nouveau modèle reposant davantage sur une compétition qui devait encore démontrer sa capacité à générer suffisamment de revenus.

Le passage à quatre ans aurait donc nécessité une transition extrêmement maîtrisée.

Il fallait être certain que les revenus supprimés seraient compensés ailleurs.

Cette certitude n’existait manifestement pas encore.

La décision devient alors beaucoup plus compréhensible.

Pourquoi réduire volontairement la fréquence de son actif le plus puissant lorsque sa valeur commerciale continue de progresser ?

LA CAN EST DEVENUE TROP IMPORTANTE POUR ÊTRE RARE

Pendant des années, le débat sur la fréquence de la CAN a surtout été présenté comme une question de calendrier.

Deux ans ou quatre ans ?

Compatibilité avec les clubs européens ?

Fatigue des joueurs ?

Prestige de la compétition ?

Ces questions restent importantes.

Mais elles ne racontent qu’une partie de l’histoire.

La véritable bataille se situe également dans les contrats de diffusion, les accords de sponsoring, les budgets des fédérations et la capacité de la CAF à financer le développement du football sur le continent.

Une CAN tous les quatre ans aurait peut-être été plus simple à intégrer dans le calendrier mondial.

Mais économiquement, elle aurait obligé la CAF à trouver rapidement un substitut à une partie de son produit le plus précieux.

Aujourd’hui, le football africain n’a pas encore démontré qu’un tel substitut existe.

C’est pourquoi le retour au cycle biennal ne doit pas seulement être interprété comme un changement de calendrier.

C’est une décision de Football Business.

DROITS TV → SPONSORING → BILLETTERIE → EXPOSITION → REVENUS → REDISTRIBUTION → DÉVELOPPEMENT.

La CAN se trouve au centre de cette chaîne.

Et tant que la CAF n’aura pas construit d’autres compétitions capables de générer une valeur commerciale comparable, réduire volontairement la fréquence de la Coupe d’Afrique des Nations restera un pari économique considérable.

LA CAF N’A DONC PAS SIMPLEMENT CHOISI UNE CAN TOUS LES DEUX ANS. ELLE A CHOISI DE NE PAS SACRIFIER, POUR L’INSTANT, LA MACHINE ÉCONOMIQUE LA PLUS PUISSANTE DU FOOTBALL AFRICAIN.

 

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FAQ — CAN TOUS LES DEUX ANS ET MODÈLE ÉCONOMIQUE DE LA CAF

LA CAN SERA-T-ELLE TOUJOURS ORGANISÉE TOUS LES DEUX ANS ?

La CAF a décidé de maintenir un cycle essentiellement biennal pour la Coupe d’Afrique des Nations, abandonnant son projet de passage durable à une CAN tous les quatre ans. Le calendrier peut toutefois être adapté afin de tenir compte des autres grandes compétitions internationales.

POURQUOI LA CAF A-T-ELLE ABANDONNÉ LE PROJET D’UNE CAN TOUS LES QUATRE ANS ?

L’enjeu est notamment économique. La CAN constitue l’un des actifs commerciaux les plus importants de la CAF. Espacer la compétition aurait réduit le nombre de grandes fenêtres disponibles pour commercialiser les droits TV, le sponsoring, la billetterie, l’hospitalité et les licences. Parallèlement, la future Nations League africaine doit encore construire sa propre valeur commerciale.

COMBIEN LA CAN RAPPORTE-T-ELLE À LA CAF ?

Le rapport financier 2023/24 de la CAF indiquait environ 166,4 millions de dollars de revenus pour l’organisation. La CAN 2023 représentait environ 63 % des revenus totaux de la CAF sur cet exercice. Cela illustre le poids économique considérable de la compétition, sans signifier que l’ensemble de ces revenus constitue un bénéfice net.

LA CAN REPRÉSENTE-T-ELLE VRAIMENT 63 % DES REVENUS DE LA CAF ?

Selon les données publiées par la CAF pour l’exercice 2023/24, la CAN 2023 représentait environ 63 % des revenus totaux. Ce pourcentage concerne cet exercice précis et ne doit pas être considéré comme une proportion fixe applicable automatiquement à toutes les années.

UNE CAN TOUS LES DEUX ANS EST-ELLE PLUS RENTABLE QU’UNE CAN TOUS LES QUATRE ANS ?

Elle offre davantage de fenêtres de commercialisation, mais cela ne signifie pas automatiquement deux fois plus de bénéfices. Chaque CAN entraîne également des dépenses importantes. L’avantage du cycle biennal réside surtout dans la récurrence des droits médias, du sponsoring, de la billetterie, de l’hospitalité et de l’exposition commerciale.

POURQUOI LES DROITS TV SONT-ILS SI IMPORTANTS POUR LA CAN ?

Les diffuseurs achètent bien plus que des matchs : ils recherchent des audiences, des abonnements, des espaces publicitaires et du contenu premium. Une CAN organisée régulièrement offre donc à la CAF un inventaire audiovisuel particulièrement attractif à commercialiser sur plusieurs années.

QUEL EST L’INTÉRÊT D’UNE CAN TOUS LES DEUX ANS POUR LES SPONSORS ?

Une fréquence biennale permet aux partenaires commerciaux de bénéficier plus régulièrement de la forte exposition associée à la CAN. Chaque édition crée de nouvelles possibilités d’activation autour des matchs, des supporters, des contenus numériques, des retransmissions et des marchés internationaux.

LA CAF A-T-ELLE PERDU UN CONTRAT D’UN MILLIARD DE DOLLARS À CAUSE DU PROJET DE CAN TOUS LES QUATRE ANS ?

Il serait incorrect d’affirmer que la CAF a définitivement perdu un milliard de dollars déjà acquis. Un processus commercial susceptible de représenter au moins un milliard de dollars sur huit ans avait été rapporté, mais il n’avait pas abouti à un contrat définitif. Le changement envisagé de fréquence de la CAN avait cependant profondément modifié les droits disponibles à la commercialisation.

POURQUOI LE NOMBRE DE CAN CHANGE-T-IL LA VALEUR DES DROITS COMMERCIAUX ?

Parce qu’un partenaire qui achète des droits sur plusieurs années tient compte du nombre d’éditions comprises dans son contrat. Sur huit ans, un cycle biennal peut théoriquement proposer davantage de CAN qu’un cycle quadriennal. La quantité et la qualité de cet inventaire influencent donc nécessairement les négociations commerciales.

QU’EST-CE QUE LA NATIONS LEAGUE AFRICAINE ?

La Nations League africaine est un projet destiné à créer davantage de rencontres compétitives régulières entre les sélections africaines. Elle pourrait permettre à la CAF de développer de nouveaux droits audiovisuels et commerciaux et de diversifier ses revenus au-delà de la CAN.

LA NATIONS LEAGUE PEUT-ELLE REMPLACER FINANCIÈREMENT LA CAN ?

Rien ne permet encore de l’affirmer. La CAN possède plusieurs décennies d’histoire, une forte notoriété internationale et un marché commercial déjà établi. Une nouvelle Nations League devrait construire progressivement son audience, ses droits médias et son portefeuille de sponsors avant de pouvoir éventuellement représenter une source de revenus comparable.

LES FÉDÉRATIONS AFRICAINES BÉNÉFICIENT-ELLES FINANCIÈREMENT DE LA CAN ?

Oui. La CAN participe à l’écosystème économique permettant à la CAF de financer des primes, des programmes et différentes formes de redistribution et de développement. Les fédérations qualifiées bénéficient également de l’exposition sportive et commerciale créée par la compétition.

POURQUOI LA CAF RESTE-T-ELLE TRÈS DÉPENDANTE DE LA CAN ?

Parce que la CAN demeure son produit phare et peut représenter une part considérable de ses revenus sur les exercices où elle est organisée. Le défi stratégique consiste donc à développer d’autres actifs commerciaux — compétitions de clubs, football féminin, compétitions de jeunes, contenus numériques, licences ou future Nations League — afin de diversifier progressivement ses revenus.

UNE CAN TOUS LES DEUX ANS POSE-T-ELLE DES PROBLÈMES AUX CLUBS EUROPÉENS ?

Elle peut compliquer le calendrier des clubs employant de nombreux internationaux africains, notamment lorsque la compétition se déroule pendant la saison européenne. Les clubs doivent libérer leurs joueurs selon les règles applicables, ce qui peut entraîner des absences importantes. C’est l’un des arguments régulièrement avancés en faveur d’un calendrier international moins chargé.

POURQUOI LA CAN EST-ELLE DEVENUE UN ENJEU MAJEUR DE FOOTBALL BUSINESS ?

Parce que son importance dépasse désormais largement le terrain. Droits TV, streaming, sponsoring, billetterie, hospitalité, licences, tourisme et exposition internationale font de la CAN un actif économique majeur. La question de sa fréquence influence donc directement la stratégie commerciale de la CAF et, plus largement, le financement du football africain.

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