Kylian Mbappe, Harry Kane, Rodri / Getty Images

BALLON D’OR : KANE PORTÉ PAR LE RÉCIT ANGLAIS, MBAPPÉ FRAGILISÉ PAR LE BRUIT FRANÇAIS ?

Quality Report Sports| Rédaction Roger Carpentier x Roger Le Galates 

 

 

Harry Kane a remporté le Ballon d’Or 2026. Kylian Mbappé a terminé deuxième.

Deux attaquants. Deux saisons individuelles exceptionnelles. Deux capitaines de sélections majeures. Mais également deux environnements médiatiques radicalement différents à l’approche de la récompense individuelle la plus prestigieuse du football.

En Angleterre, la candidature de Kane s’est progressivement installée dans un récit remarquablement cohérent : buts, efficacité, statistiques avancées, records, longévité, consultants favorables et médias rappelant régulièrement qu’aucun Anglais n’avait remporté le Ballon d’Or masculin depuis Michael Owen en 2001.

En France, Kylian Mbappé n’a pas bénéficié d’un front médiatique comparable.

Le paradoxe est considérable : le public français lui-même considérait pourtant Mbappé comme le joueur méritant le plus le Ballon d’Or. Selon une enquête Odoxa réalisée les 20 et 21 octobre 2026 pour RTL et Winamax, 23 % des Français et 24 % des amateurs de football interrogés plaçaient Mbappé en tête, contre seulement 5 % et 7 % pour Kane.

Mais autour du capitaine des Bleus, le paysage médiatique était beaucoup plus fragmenté.

Sa propre campagne de communication a été critiquée. Certaines personnalités du football français ne souhaitaient pas le voir récompensé. Son image avait auparavant été confrontée à une fausse démonstration de rejet massif avec la pétition « Mbappé Out ». Il avait déjà été visé par l’ancienne « armée numérique » associée au PSG révélée par Mediapart. Et quelques semaines avant le Ballon d’Or, des élus du Rassemblement national l’avaient publiquement pris pour cible dans une polémique sans rapport avec ses performances sportives.

Aucun de ces éléments ne démontre l’existence d’une campagne coordonnée contre Kylian Mbappé.

Mais leur accumulation pose une question beaucoup plus intéressante.

À l’époque des réseaux sociaux, de la data et du storytelling permanent, le Ballon d’Or se gagne-t-il uniquement avec des buts et des trophées, ou faut-il également gagner la bataille du récit ?

KANE : 73 BUTS ET UNE HISTOIRE FACILE À RACONTER

 

Image MaxPPP 

 

Harry Kane disposait d’abord d’un argument presque impossible à ignorer : 73 buts en 65 rencontres avec le Bayern Munich et l’Angleterre sur la période mise en avant autour de sa candidature.

Un chiffre immédiatement compréhensible.

Il n’était pas nécessaire d’expliquer pendant dix minutes pourquoi Kane devait être considéré comme candidat.

73 buts.

Un doublé avec le Bayern.

Une demi-finale de Coupe du monde avec l’Angleterre.

Et la possibilité de devenir le premier Anglais Ballon d’Or depuis 25 ans.

Mais les médias britanniques ne se sont pas contentés du nombre brut de buts.

Ils ont construit autour de Kane un récit statistique beaucoup plus sophistiqué.

OPTA ET LA PUISSANCE DU xG DANS LE RÉCIT KANE

Le 26 octobre, jour de la cérémonie, Opta Analyst publie une analyse au titre particulièrement explicite : « Harry Kane and the Ballon d'Or: How Relentless Consistency Looks Set to Win Football's Biggest Individual Prize ».

L’article ne se limite pas à rappeler ses buts.

Il cherche à démontrer statistiquement pourquoi Kane possède un profil exceptionnel de finisseur.

Opta souligne que 24,1 % de ses tirs hors penalty avaient été convertis en buts, contre 15,8 % pour Mbappé.

Plus spectaculaire encore : Kane avait dépassé son total de non-penalty expected goals de +20,3 buts sur la saison avec son club et sa sélection.

Selon l’analyse d’Opta, aucun autre joueur européen ou sud-américain évoluant dans les cinq grands championnats européens n’avait enregistré une surperformance supérieure sur cette période.

Opta élargit ensuite l’analyse sur cinq saisons.

Entre 2021/22 et 2025/26, Kane aurait inscrit 112 buts hors penalty pour 90,2 xG, soit une surperformance de +22,8 buts.

Le message implicite devient extrêmement puissant :

Kane ne marque pas simplement beaucoup.

Kane marque davantage que ce que la qualité statistique de ses occasions laisserait attendre.

Le buteur devient ainsi un objet analytique.

Et la data transforme une impression sportive en argument quantifié.

QUAND LA DATA DEVIENT DU STORYTELLING

Il faut ici être extrêmement précis.

Opta n’est pas une agence de communication de Harry Kane.

Rien ne démontre qu’Opta aurait publié cette analyse dans le cadre d’une opération coordonnée avec Kane, son entourage, la FA ou les médias britanniques.

Mais l’effet éditorial existe.

Un argument comme « Kane est un grand finisseur » relève de l’opinion.

Un graphique montrant qu’il dépasse son xG de +20,3 buts donne immédiatement au même argument une apparence beaucoup plus scientifique.

C’est toute la puissance du football moderne.

La statistique ne sert plus seulement à analyser la performance.

Elle participe également à sa narration.

PERFORMANCE → DATA → VISUALISATION → MÉDIA → RÉSEAUX SOCIAUX → PERCEPTION.

Et dans une bataille comme le Ballon d’Or, où les votants doivent comparer des joueurs évoluant dans des championnats différents et occupant parfois des rôles différents, ces récits simplifiés peuvent devenir extrêmement puissants.

SKY SPORTS : UN SOUTIEN BRITANNIQUE PRESQUE UNANIME DANS SON PANEL

Le contraste devient encore plus visible avec Sky Sports.

Dans son grand dossier publié avant la cérémonie, le média britannique compare Harry Kane, Kylian Mbappé et Lamine Yamal.

Mais lorsqu’arrive le moment de demander aux consultants leur choix, la tendance est spectaculaire.

Jamie Carragher : Kane.

Paul Merson : Kane.

Tim Sherwood : Kane.

Sue Smith : Kane.

Michael Dawson : Kane.

Clinton Morrison : Kane.

Six prises de position mises en avant par Sky Sports, six soutiens à Harry Kane.

Carragher insiste sur ses 73 buts.

Merson reconnaît la qualité de Lamine Yamal mais explique espérer une victoire de Kane.

Sherwood considère que Kane doit gagner.

Sue Smith défend également sa candidature.

Dawson reconnaît lui-même être potentiellement biaisé par son ancienne relation de coéquipier avec Kane, mais le choisit.

Morrison considère également que le capitaine anglais mérite le trophée.

Ce n’est pas une preuve de campagne organisée.

C’est quelque chose de plus simple et peut-être plus important : un environnement médiatique national extrêmement favorable à son candidat.

L’ANGLETERRE AVAIT UNE HISTOIRE COLLECTIVE À VENDRE

Le récit Kane dépassait également Kane.

Il devenait une histoire anglaise.

Le dernier Ballon d’Or masculin anglais était Michael Owen en 2001.

Avant lui : Kevin Keegan, Bobby Charlton et Stanley Matthews.

La cérémonie 2026 se déroulait à Londres.

Kane était capitaine de l’Angleterre.

Tous les ingrédients étaient réunis.

Lorsqu’il a finalement remporté le trophée, Kane lui-même a souligné le caractère particulier d’une victoire à Londres.

Sky Sports a immédiatement replacé son succès dans l’histoire nationale.

Jamie Carragher s’est déclaré ravi pour Kane mais également pour le pays, rappelant que l’Angleterre n’avait pas suffisamment de Ballons d’Or à ses yeux.

Le Ballon d’Or individuel devenait ainsi presque une victoire collective anglaise.

ET MBAPPÉ ?

 

AFP, Créateur : LLUIS GENE

 

La situation française était radicalement différente.

Kylian Mbappé avait pourtant des arguments statistiques considérables.

Il avait inscrit 58 buts en 60 matchs sur la période mise en avant par les médias autour du Ballon d’Or.

Il avait terminé meilleur buteur de Liga et de Ligue des champions.

Sa Coupe du monde avait également renforcé sa candidature.

Et contrairement à ce qu’un récit simpliste pourrait laisser croire, les Français n’étaient pas opposés à sa victoire.

Ils étaient même davantage favorables à Mbappé qu’à tous ses concurrents dans l’enquête Odoxa publiée avant la cérémonie.

Le problème se situe donc ailleurs.

Mbappé avait du soutien populaire en France. Il n’a pas bénéficié du même alignement médiatique national que Kane en Angleterre.

 

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LA CAMPAGNE MBAPPÉ EST DEVENUE ELLE-MÊME UN SUJET CONTRE MBAPPÉ

Mbappé avait parfaitement compris l’importance du récit.

L’Équipe décrivait dès septembre une véritable campagne de communication autour du joueur : interviews, argumentaire, mise en avant de ses titres de meilleur buteur et volonté assumée de convaincre.

Il s’est exprimé auprès de plusieurs médias internationaux.

Mais ce qui devait soutenir sa candidature est progressivement devenu… une partie du débat sur sa candidature.

Au lieu de discuter uniquement de ses buts, de sa Coupe du monde ou de ses performances avec le Real Madrid, certains commentaires se sont concentrés sur le fait qu’il faisait campagne.

Le phénomène est mesurable.

Selon Odoxa, 62 % des amateurs de football interrogés estimaient que sa campagne médiatique avait plutôt réduit ses chances de gagner le Ballon d’Or, contre 37 % qui pensaient qu’elle les avait renforcées.

La communication destinée à renforcer le candidat était devenue elle-même un élément de critique.

C’est une différence majeure avec Kane.

Kane bénéficiait d’un récit largement construit autour de lui par son environnement médiatique.

Mbappé devait davantage construire et défendre son propre récit.

LA PÉTITION « MBAPPÉ OUT » : QUAND UNE ILLUSION NUMÉRIQUE DEVIENT UNE INFORMATION MONDIALE

Quelques mois auparavant, l’image de Mbappé avait également été confrontée à un phénomène révélateur de la nouvelle économie de l’attention.

Une pétition demandant son départ du Real Madrid avait affiché plus de 12 millions de votes en environ 24 heures.

À première vue, le chiffre était dévastateur.

Des millions de personnes semblaient demander le départ de l’une des plus grandes stars du football mondial.

Sauf que l’image était trompeuse.

L’enquête des Vérificateurs de TF1 a montré que le système ne permettait pas d’assimiler le compteur à des personnes réelles distinctes.

Aucune véritable vérification d’identité.

Possibilité de voter plusieurs fois.

Un expert interrogé par TF1 indiquait avoir réussi à voter une centaine de fois en moins d’une seconde.

Le site était particulièrement vulnérable à l’automatisation.

Et surtout, selon les données Visibrain citées par TF1, seulement 4 411 publications sur X avaient partagé l’URL de la pétition.

Le contraste entre plusieurs milliers de relais identifiables et plus de 12 millions de votes affichés était immense.

Une contre-pétition artificielle avait même été créée pour démontrer à quel point le système pouvait être manipulé.

Cette affaire n’était pas une campagne Ballon d’Or.

Mais elle avait contribué à créer une image numérique extrêmement négative autour du joueur quelques mois avant le vote.

Et elle démontre surtout un phénomène désormais essentiel pour le Football Business :

un chiffre faux ou artificiellement gonflé peut produire une perception réelle.

 

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L’ANCIENNE « ARMÉE NUMÉRIQUE » DU PSG : UN PRÉCÉDENT DOCUMENTÉ

L’environnement numérique autour de Mbappé possède également un précédent beaucoup plus sérieux.

En 2022, Mediapart révélait l’existence d’une « armée numérique » liée à une agence externe travaillant pour le Paris Saint-Germain.

De faux comptes avaient été utilisés pour intervenir agressivement sur les réseaux sociaux contre différents acteurs.

Parmi les personnes ciblées figurait Kylian Mbappé.

Là encore, la chronologie est fondamentale.

Ces faits remontent notamment à 2019 et ne constituent aucune preuve d’une opération contre la candidature de Mbappé au Ballon d’Or 2026.

Mais ils montrent que le joueur a déjà été directement exposé à des mécanismes artificiels d’influence numérique.

C’est une donnée importante lorsqu’on analyse son environnement médiatique sur plusieurs années.

QUAND LA POLITIQUE ENTRE AUSSI DANS L’IMAGE DE MBAPPÉ

Le cas Mbappé possède une autre singularité que Kane ne rencontrait pas avec la même intensité dans la séquence étudiée : son image dépasse largement le football.

En septembre 2026, plusieurs députés du Rassemblement national ont publiquement pris Mbappé pour cible après une polémique concernant un maillot de soutien lié à Ceuta.

Cette controverse n’avait rien à voir avec le Ballon d’Or.

Il serait donc incorrect de la présenter comme une opération destinée à empêcher Mbappé de gagner le trophée.

Mais elle participe à un phénomène plus général : chaque prise de position, chaque geste et parfois chaque absence de geste de Mbappé peut devenir un sujet politique national.

Il n’est plus uniquement jugé comme attaquant du Real Madrid.

Il est simultanément footballeur, capitaine de l’équipe de France, personnalité publique, marque mondiale et parfois objet de confrontation politique.

Cette surexposition crée mécaniquement davantage de récits concurrents autour de lui.

KANE AVAIT UN RÉCIT. MBAPPÉ EN AVAIT DIX.

C’est peut-être ici que se trouve la différence fondamentale.

Autour de Kane, le récit dominant pouvait être résumé extrêmement facilement :

73 BUTS → EFFICACITÉ EXCEPTIONNELLE → CAPITAINE ANGLAIS → TITRES AVEC LE BAYERN → 25 ANS SANS BALLON D’OR ANGLAIS.

Autour de Mbappé :

buts avec le Real Madrid ;

Coupe du monde ;

meilleur buteur ;

absence de grand titre collectif avec le Real ;

campagne personnelle pour le Ballon d’Or ;

critiques contre cette campagne ;

pétition artificiellement gonflée ;

polémiques autour de son image ;

héritage conflictuel de son départ du PSG ;

débats médiatiques français ;

polémiques politiques.

Le problème n’était donc pas l’absence d’exposition.

Mbappé était probablement l’un des joueurs les plus exposés au monde.

Le problème était la fragmentation de cette exposition.

LE BALLON D’OR EST AUSSI UNE BATAILLE DE SIMPLICITÉ

Les votants du Ballon d’Or restent responsables de leur propre choix.

Aucune preuve ne permet d’affirmer que les articles d’Opta ou de Sky Sports ont fait gagner Kane.

Aucune preuve ne permet non plus d’affirmer que les critiques françaises ont fait perdre Mbappé.

Le vote doit rester distingué de l’environnement médiatique.

Mais croire que la perception n’a aucune importance serait également naïf.

Le Ballon d’Or est précisément un exercice de comparaison.

Des journalistes doivent hiérarchiser des joueurs.

Ils doivent comparer des championnats.

Des postes.

Des compétitions.

Des statistiques.

Des trophées.

Des performances internationales.

Dans ce contexte, le candidat dont la saison peut être résumée par un récit extrêmement clair possède un avantage narratif évident.

La data devient alors une arme de simplification.

73 buts.

+20,3 par rapport au non-penalty xG.

24,1 % de conversion.

25 ans depuis le dernier Anglais.

Ces chiffres racontent immédiatement une histoire.

LE PARADOXE FRANÇAIS

Et c’est probablement l’élément le plus intéressant de toute cette enquête.

La France populaire soutenait Mbappé davantage que l’Angleterre populaire ne peut être mesurée ici à travers les mêmes données.

L’enquête Odoxa plaçait clairement le Français en tête des préférences nationales.

Mais l’écosystème médiatique français n’a pas produit autour de lui l’impression de consensus que Sky Sports pouvait donner autour de Kane.

C’est une distinction essentielle.

Dire que « la France ne soutenait pas Mbappé » serait trop large.

Dire que Mbappé n’a pas bénéficié en France d’un soutien médiatique comparable à celui dont Kane bénéficiait dans l’écosystème britannique correspond beaucoup mieux aux éléments disponibles.

Et cette différence mérite d’être étudiée.

LE FOOTBALL MODERNE SE JOUE AUSSI DANS LA GUERRE DE LA PERCEPTION

Le Ballon d’Or 2026 pourrait finalement devenir un cas d’école pour comprendre le football contemporain.

Les joueurs produisent la performance.

Les sociétés de data la quantifient.

Les médias la transforment en récit.

Les consultants la commentent.

Les influenceurs la fragmentent.

Les supporters l’amplifient.

Les algorithmes sélectionnent ce qui devient viral.

Puis les perceptions se forment.

PERFORMANCE → DATA → MÉDIAS → CONSULTANTS → RÉSEAUX SOCIAUX → PERCEPTION → RÉPUTATION.

Le terrain reste évidemment le point de départ.

Sans les 73 buts de Kane, aucun storytelling ne pouvait fabriquer son Ballon d’Or.

Sans les performances de Mbappé, aucune campagne de communication ne pouvait faire de lui le deuxième du classement.

Mais à performances exceptionnelles, la bataille se déplace également ailleurs.

Elle se joue sur la manière dont ces performances sont racontées.

Et en 2026, l’Angleterre médiatique a raconté une histoire extrêmement simple autour de Harry Kane :

IL EST TEMPS QU’IL GAGNE.

Autour de Kylian Mbappé, la France médiatique a raconté beaucoup plus d’histoires.

Certaines favorables.

D’autres critiques.

Certaines sportives.

D’autres personnelles.

Certaines numériques.

D’autres politiques.

Harry Kane devait convaincre qu’il méritait le Ballon d’Or.

Kylian Mbappé devait simultanément convaincre qu’il le méritait et gérer tout ce qui se racontait autour de Kylian Mbappé.

Cela ne prouve pas que le récit anglais a décidé du résultat.

Cela ne prouve pas davantage qu’un soutien médiatique français différent aurait inversé le vote.

Mais cela révèle quelque chose de fondamental sur le football moderne.

LE BALLON D’OR RÉCOMPENSE UNE PERFORMANCE. MAIS AVANT QUE CETTE PERFORMANCE NE DEVIENNE UN VOTE, ELLE DEVIENT D’ABORD UN RÉCIT.

Et en 2026, Harry Kane et Kylian Mbappé n’ont clairement pas évolué dans le même récit.

 

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FAQ — KANE, MBAPPÉ ET LA BATAILLE MÉDIATIQUE DU BALLON D’OR 2026

QUI A REMPORTÉ LE BALLON D’OR 2026 ?

Harry Kane a remporté le Ballon d’Or masculin 2026, devant Kylian Mbappé. Le capitaine anglais est devenu le premier joueur anglais à remporter le trophée masculin depuis Michael Owen en 2001.

HARRY KANE A-T-IL ÉTÉ SOUTENU PAR LES MÉDIAS ANGLAIS POUR LE BALLON D’OR ?

Plusieurs médias et consultants britanniques ont clairement défendu sa candidature. Dans son dossier consacré au Ballon d’Or avant la cérémonie, Sky Sports mettait notamment en avant plusieurs consultants choisissant Harry Kane. Ses 73 buts et ses performances avec le Bayern Munich et l’Angleterre ont occupé une place centrale dans le récit entourant sa candidature.

OPTA A-T-IL SOUTENU LA CANDIDATURE DE HARRY KANE ?

Opta Analyst a publié une analyse statistique particulièrement favorable aux performances de Kane, mettant notamment en avant ses buts, son taux de conversion et sa surperformance par rapport aux expected goals. Cela ne prouve cependant aucune campagne coordonnée entre Opta, Kane, la FA ou les médias britanniques. Il s’agit d’un contenu éditorial et statistique consacré à sa performance.

QUELLES STATISTIQUES ONT ÉTÉ MISES EN AVANT POUR HARRY KANE ?

Parmi les chiffres particulièrement valorisés figuraient ses 73 buts en 65 matchs avec le Bayern Munich et l’Angleterre, son taux de conversion hors penalty et sa surperformance par rapport à son non-penalty xG. Ces données ont permis de construire un récit allant au-delà du simple nombre de buts : celui d’un finisseur particulièrement efficace.

QU’EST-CE QUE LE xG DANS LE FOOTBALL ?

Le terme xG signifie « expected goals », ou buts attendus. Il s’agit d’un modèle statistique estimant la probabilité qu’une occasion se transforme en but en fonction de différents paramètres. Comparer les buts réellement marqués aux xG peut notamment aider à analyser l’efficacité d’un attaquant.

KYLIAN MBAPPÉ A-T-IL ÉTÉ SOUTENU EN FRANCE POUR LE BALLON D’OR 2026 ?

Mbappé disposait d’un soutien populaire important : une enquête Odoxa publiée avant la cérémonie le plaçait en tête des préférences des Français interrogés. En revanche, son environnement médiatique français apparaissait beaucoup moins aligné autour de sa candidature que l’environnement britannique autour de Kane. Sa propre campagne de communication a notamment suscité des critiques et différents consultants ou commentateurs ne défendaient pas nécessairement sa candidature.

LES FRANÇAIS ÉTAIENT-ILS CONTRE KYLIAN MBAPPÉ ?

Non. Il serait incorrect de l’affirmer. Selon l’enquête Odoxa réalisée avant le Ballon d’Or, 23 % des Français et 24 % des amateurs de football interrogés considéraient Mbappé comme le joueur méritant le plus le trophée, ce qui le plaçait en tête. La question soulevée par QRS concerne donc principalement le traitement médiatique et la fragmentation du récit autour du joueur, et non un rejet général de Mbappé par le public français.

KYLIAN MBAPPÉ A-T-IL FAIT CAMPAGNE POUR LE BALLON D’OR ?

Oui, Mbappé a accordé plusieurs entretiens et participé à une stratégie de communication internationale autour de sa candidature. Cette campagne est elle-même devenue un sujet médiatique. Selon Odoxa, 62 % des amateurs de football interrogés estimaient qu’elle avait plutôt réduit ses chances de gagner, contre 37 % qui considéraient qu’elle les avait renforcées.

LA PÉTITION « MBAPPÉ OUT » AVAIT-ELLE RÉELLEMENT DES MILLIONS DE SIGNATAIRES ?

Le compteur de la pétition avait affiché plus de 12 millions de votes, mais des vérifications journalistiques ont montré que ce chiffre ne pouvait pas être interprété comme 12 millions de personnes distinctes. Le système permettait notamment des votes multiples et pouvait être automatisé. Les données Visibrain citées par TF1 ne relevaient que 4 411 publications X partageant l’URL de la pétition.

L’« ARMÉE NUMÉRIQUE » DU PSG A-T-ELLE ATTAQUÉ KYLIAN MBAPPÉ ?

Des enquêtes journalistiques ont documenté l’utilisation passée de faux comptes par une agence travaillant pour le PSG, et Mbappé faisait partie des personnes ciblées. Ces faits concernaient notamment une période remontant à 2019. Ils ne constituent donc pas une preuve d’une opération liée au Ballon d’Or 2026.

LE RASSEMBLEMENT NATIONAL A-T-IL FAIT CAMPAGNE CONTRE LE BALLON D’OR DE MBAPPÉ ?

Aucun élément établi ne permet de l’affirmer. Des responsables du Rassemblement national ont publiquement attaqué Mbappé dans le cadre de controverses politiques distinctes, mais aucune preuve ne permet de rattacher ces interventions à une campagne destinée à empêcher sa victoire au Ballon d’Or.

LES MÉDIAS PEUVENT-ILS INFLUENCER LE BALLON D’OR ?

Les médias contribuent nécessairement à la perception des performances en sélectionnant les statistiques, histoires, comparaisons et débats qu’ils mettent en avant. Mais cela ne permet pas d’affirmer qu’une couverture médiatique particulière détermine directement le vote. Les journalistes habilités restent responsables de leur classement selon les critères du Ballon d’Or.

LA DATA ET LES xG PEUVENT-ILS CHANGER LA PERCEPTION D’UN JOUEUR ?

Oui, ils peuvent modifier la manière dont une performance est racontée. Dire qu’un attaquant « termine très bien ses occasions » est une appréciation ; montrer qu’il marque nettement davantage que son volume de xG attendu permet de quantifier cette observation. La data devient ainsi à la fois un outil d’analyse et un élément du storytelling footballistique.

HARRY KANE A-T-IL GAGNÉ LE BALLON D’OR GRÂCE AUX MÉDIAS ANGLAIS ?

Rien ne permet de l’affirmer. Kane disposait avant tout de performances sportives exceptionnelles. L’enquête QRS ne prétend pas que les médias britanniques ont déterminé le vote, mais analyse la différence entre un récit médiatique britannique largement favorable à Kane et un environnement français beaucoup plus fragmenté autour de Mbappé.

LE BALLON D’OR SE GAGNE-T-IL AUSSI SUR LE TERRAIN MÉDIATIQUE ?

La performance sportive reste fondamentale, mais le Ballon d’Or implique également une comparaison internationale entre plusieurs joueurs. Statistiques, data, médias, consultants et réseaux sociaux participent à la manière dont ces performances sont perçues. C’est pourquoi le storytelling autour d’un candidat est devenu un élément important de l’écosystème du Ballon d’Or, sans qu’il soit possible de mesurer précisément son effet sur chaque vote.

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