La CAF annonce la fin du CHAN : une décision stratégique qui divise le football africain
La Confédération africaine de football a officiellement acté la disparition du Championnat d’Afrique des nations (CHAN). Une annonce forte, portée par son président Patrice Motsepe, qui justifie ce choix par des impératifs économiques et structurels. Mais cette décision, présentée comme une évolution logique du calendrier africain, suscite une vive inquiétude chez de nombreux observateurs et défenseurs du football local.
Une décision assumée par la CAF
Dans sa déclaration, le président de la CAF a été clair : le CHAN n’est plus viable financièrement. Pensé à l’origine pour valoriser exclusivement les joueurs évoluant dans les championnats nationaux africains, le tournoi n’a jamais atteint la rentabilité espérée. À l’inverse, la CAF souhaite désormais concentrer ses ressources sur des compétitions jugées plus attractives, comme la CAN organisée tous les quatre ans et la future Ligue des nations africaines, appelée à se tenir chaque année.
Selon l’instance, cette nouvelle architecture permettrait de moderniser le football africain, d’en améliorer la visibilité et de sécuriser davantage de revenus commerciaux et audiovisuels.

Patrice Motsepe lors d'une conférence de presse CAN 2025.
Un coup dur pour les joueurs locaux
Pour de nombreux puristes, la disparition du CHAN est perçue comme une mauvaise nouvelle, en particulier pour les joueurs évoluant dans les championnats domestiques. Le tournoi représentait l’une des rares vitrines continentales leur permettant de se montrer, d’accumuler de l’expérience internationale et parfois d’obtenir un premier contrat professionnel à l’étranger.
Sans le CHAN, certains craignent un affaiblissement de la reconnaissance du football local, déjà confronté à des difficultés structurelles, financières et médiatiques. Pour ces joueurs, la CAN reste souvent inaccessible face à la concurrence des expatriés évoluant en Europe ou dans les grands championnats étrangers.
Un avantage indirect pour l’Europe ?
Autre critique récurrente : cette décision pourrait renforcer encore davantage l’exode des talents africains vers l’Europe. En supprimant une compétition dédiée aux joueurs locaux, la CAF risquerait, selon certains observateurs, d’accélérer la logique d’exportation précoce des jeunes talents africains, au détriment du développement des ligues nationales.
Moins exposés sur la scène continentale, les clubs locaux pourraient perdre en attractivité, tandis que les centres de formation européens continueraient de capter une part croissante du potentiel africain.
Une crainte plus profonde autour de la CAN
Enfin, une partie des critiques va plus loin et s’inquiète d’un changement de cap à long terme. Pour certains, la réorganisation du calendrier et la mise en avant de nouvelles compétitions pourraient, à terme, affaiblir la CAN elle-même, voire la faire évoluer vers un modèle inspiré de l’Euro, au risque de diluer son identité historique et populaire.
Si la CAF dément toute volonté d’effacer la CAN, ces interrogations témoignent d’un malaise plus large sur la direction prise par le football africain, tiraillé entre exigences économiques, modernisation et préservation de son écosystème local.
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