Le président de la FIFA, Gianni Infantino, avant la demi-finale de la Coupe du monde de football opposant la France à l’Espagne, à Arlington (Texas), le 14 juillet 2026. ERIC GAY/AP

LA FIFA PEUT-ELLE VENDRE DES PARTS DE LA COUPE DU MONDE ? CE QUE DIT LE DROIT ET LA GOUVERNANCE DU FOOTBALL

 

Une information révélée par Martyn Ziegler pour The Times relance un débat majeur sur l'avenir de la gouvernance du football mondial. Selon cette enquête, la FIFA étudie un projet consistant à créer une nouvelle entité commerciale, baptisée FIFA Forward Enterprise (FFE), qui regrouperait les activités commerciales de ses principales compétitions, notamment la Coupe du monde masculine, la Coupe du monde féminine et la Coupe du monde des clubs. Cette nouvelle structure pourrait ensuite accueillir des investisseurs privés minoritaires. La FIFA conserverait toutefois une participation majoritaire et affirme qu'elle garderait le contrôle de la gouvernance des compétitions.

La question est donc la suivante : une telle opération est-elle juridiquement possible ?

La réponse est oui, en principe, à condition qu'elle respecte les règles de gouvernance de la FIFA et les procédures de décision prévues par ses statuts.

Il est important de distinguer deux notions souvent confondues.

La FIFA ne parle pas de vendre la Coupe du monde elle-même, qui demeure une compétition organisée par l'instance mondiale. Le projet évoqué concerne les droits commerciaux liés à cette compétition : les droits audiovisuels, les contrats de sponsoring, la billetterie, les licences commerciales et d'autres activités génératrices de revenus qui pourraient être regroupés dans une société distincte.

Sur le plan juridique, cette distinction est essentielle.

De nombreuses organisations sportives exploitent déjà leurs droits commerciaux via des filiales ou des sociétés spécialisées. Ce type de structure permet de séparer les activités commerciales de la gouvernance sportive tout en recherchant des financements extérieurs.

Dans le cas de la FIFA, un tel projet ne peut toutefois pas être décidé unilatéralement par son président.

La FIFA est une association régie par ses propres statuts et son fonctionnement repose sur plusieurs organes décisionnels, notamment le Conseil de la FIFA et le Congrès de la FIFA, composé des 211 associations membres. Les statuts prévoient que les décisions majeures concernant l'organisation et la gouvernance doivent suivre les procédures internes de l'institution.

Autrement dit, la création d'une nouvelle entité commerciale et l'ouverture de son capital à des investisseurs privés devraient être approuvées selon les mécanismes de gouvernance prévus par la FIFA.

À ce stade, rien n'indique qu'une telle opération serait, par nature, contraire au droit.

La légalité d'un projet de cette ampleur dépend principalement du respect des statuts de la FIFA, des règles applicables aux sociétés concernées et des décisions adoptées par ses organes compétents.

C'est précisément sur ce terrain que le débat s'est ouvert.

L'annonce du projet a suscité de nombreuses réactions parmi les acteurs du football européen. L'UEFA a exprimé de fortes réserves, estimant que cette évolution soulève des questions de transparence, de gouvernance et d'indépendance des compétitions. D'autres observateurs s'interrogent également sur les conséquences qu'une participation d'investisseurs privés pourrait avoir sur la gestion future des droits commerciaux des compétitions internationales.

Pour sa part, la FIFA affirme que le projet vise à renforcer le financement du développement du football mondial tout en conservant le contrôle institutionnel des compétitions. Selon les informations communiquées, les investisseurs détiendraient uniquement des participations minoritaires dans la nouvelle structure commerciale et non dans la FIFA elle-même.

Sur le plan du droit, cette nuance demeure fondamentale.

Une association peut créer une société chargée d'exploiter certains de ses actifs commerciaux sans pour autant transférer sa mission institutionnelle ou son pouvoir réglementaire. La FIFA continuerait ainsi d'exercer son rôle d'instance dirigeante, de fixer les règlements sportifs, d'organiser les compétitions et d'assurer la gouvernance mondiale du football, tandis que la nouvelle entité gérerait uniquement les activités commerciales si le projet aboutissait.

À ce jour, il s'agit d'un projet qui fait encore l'objet de discussions et qui suscite un important débat parmi les fédérations, les confédérations et les autres parties prenantes. Son éventuelle mise en œuvre dépendra des procédures internes de la FIFA et des décisions qui seront prises par ses organes compétents conformément à ses statuts.

 

 

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FAQ – La FIFA peut-elle vendre des parts de la Coupe du monde ?

La FIFA peut-elle légalement vendre des parts de la Coupe du monde ?

En principe, oui, mais uniquement dans le respect de ses statuts et des procédures de gouvernance applicables. Les informations publiées concernent l'ouverture du capital d'une société qui gérerait des droits commerciaux, et non la vente de la Coupe du monde elle-même.

La FIFA vend-elle la Coupe du monde ?

Non. Les informations rapportées indiquent que le projet porterait sur les droits commerciaux liés à certaines compétitions de la FIFA, comme les contrats de sponsoring, les droits audiovisuels ou les licences commerciales, et non sur la propriété de la compétition.

Quelle est la différence entre la Coupe du monde et ses droits commerciaux ?

La Coupe du monde est une compétition organisée par la FIFA. Les droits commerciaux regroupent les revenus générés par la diffusion télévisée, les partenariats, la billetterie, les licences et d'autres activités économiques associées à l'événement.

La FIFA peut-elle créer une société pour gérer ses activités commerciales ?

Oui. D'un point de vue juridique, une association peut créer une société distincte chargée d'exploiter certains actifs commerciaux, tout en conservant la gouvernance et l'organisation de ses compétitions.

Les investisseurs privés prendraient-ils le contrôle de la FIFA ?

Selon les informations publiées à ce jour, le projet évoquerait une participation minoritaire d'investisseurs dans une nouvelle entité commerciale. La FIFA conserverait le contrôle de cette structure ainsi que de la gouvernance de ses compétitions.

Qui doit approuver un tel projet ?

La mise en œuvre d'un projet de cette nature devrait respecter les procédures prévues par les statuts de la FIFA et être examinée par les organes compétents de l'organisation, notamment le Conseil de la FIFA et, selon les décisions concernées, le Congrès de la FIFA.

Pourquoi ce projet suscite-t-il autant de débats ?

Parce qu'il concerne l'exploitation commerciale de la compétition la plus prestigieuse du football mondial. Il soulève des questions liées à la gouvernance, à la transparence, au financement du football et au rôle que pourraient jouer des investisseurs privés dans les activités commerciales de la FIFA.

Le projet est-il déjà adopté ?

Non. À ce stade, les informations disponibles font état de discussions autour d'un projet. Aucune annonce officielle ne confirme que l'opération a été définitivement approuvée ou mise en œuvre.

Pourquoi la FIFA envisagerait-elle une telle opération ?

Selon les informations rapportées, l'objectif serait de renforcer les ressources financières destinées au développement du football mondial en valorisant les droits commerciaux de ses principales compétitions.

Quelles pourraient être les conséquences pour le football mondial ?

Si le projet était approuvé, il modifierait la manière dont certains droits commerciaux des compétitions de la FIFA sont exploités. En revanche, selon les éléments communiqués, la FIFA continuerait d'organiser les compétitions et d'exercer son rôle d'instance dirigeante du football mondial.

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