Jeff BezosMichael M. Santiago/Getty Images

JEFF BEZOS ET UN CONSORTIUM PROCHES D’ACQUÉRIR UN TIERS DE LIVERPOOL : UNE OPÉRATION QUI POURRAIT CHANGER LA DIMENSION FINANCIÈRE DES REDS


Ce n’est pas encore un changement de propriétaire à Anfield, mais l’opération qui se prépare pourrait constituer l’une des transactions les plus spectaculaires de l’histoire récente du football anglais. Un consortium comprenant Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, et Eduardo Saverin, cofondateur de Facebook, serait proche d’un accord pour acquérir environ un tiers du capital de Liverpool FC. Le groupe d’investisseurs serait conduit par Amit Bhatia, ancien actionnaire de Queens Park Rangers et gendre du milliardaire de l’acier Lakshmi Mittal. Selon Reuters, qui reprend plusieurs informations publiées ce lundi, l’opération pourrait valoriser Liverpool autour de 4,4 milliards de livres sterling, soit environ 5,9 milliards de dollars. Ni Liverpool ni Fenway Sports Group n’avaient toutefois officiellement commenté ces informations au moment de leur publication.

CE N’EST PAS « JEFF BEZOS RACHÈTE UN TIERS DE LIVERPOOL »

La distinction est fondamentale. Présenter cette opération comme le rachat personnel d’un tiers de Liverpool par Jeff Bezos serait aller plus loin que les informations disponibles. Bezos ferait partie d’un consortium d’investisseurs qui négocie l'acquisition d'une participation d'environ 33 %.

C’est important parce que la gouvernance future du club dépendrait précisément de la répartition des actions entre les différents investisseurs et des droits associés à cette participation.

Autre élément essentiel : Fenway Sports Group resterait aux commandes de Liverpool. FSG, propriétaire du club depuis 2010, a déjà étudié différentes possibilités d’investissement extérieur ces dernières années tout en souhaitant conserver son contrôle.

Il ne s’agit donc pas, à ce stade, d’une vente complète de Liverpool.

Il s’agirait plutôt de l’ouverture d’une partie importante de son capital à de nouveaux investisseurs extrêmement puissants.

Et économiquement, la différence est considérable.

4,4 MILLIARDS DE LIVRES : LE CHIFFRE QUI RACONTE L’ASCENSION DE LIVERPOOL

Au-delà du nom de Jeff Bezos, le chiffre le plus spectaculaire est probablement celui-ci : 4,4 milliards de livres.

C’est la valorisation de Liverpool qui ressortirait de la transaction actuellement évoquée. Reuters souligne qu’un tel montant placerait l’opération parmi les valorisations les plus importantes jamais enregistrées dans une transaction concernant un club de football.

Et cette donnée permet de mesurer le chemin parcouru.

Fenway Sports Group a acquis Liverpool en 2010. Seize ans plus tard, une opération réalisée sur une valorisation de 4,4 milliards de livres illustrerait l’explosion de la valeur économique des grandes franchises de Premier League, mais également la transformation de Liverpool sous l’ère FSG.

Liverpool n’est plus simplement évalué comme une équipe de football capable de gagner des trophées.

C’est une marque sportive mondiale.

Son stade, son histoire, sa base internationale de supporters, ses revenus commerciaux, les droits audiovisuels de la Premier League et son exposition internationale participent à cette valeur.

Et c’est précisément ici que l’intérêt d’investisseurs internationaux prend tout son sens.

POURQUOI INVESTIR DES MILLIARDS DANS LE FOOTBALL ?

Pendant longtemps, acheter un club de football était considéré comme une opération particulièrement risquée. Les dépenses sportives sont difficiles à contrôler, les résultats sont imprévisibles et une qualification ou une non-qualification européenne peut modifier rapidement les revenus.

Mais le sommet du football anglais est progressivement devenu une classe d’actifs à part entière.

La Premier League bénéficie d’une diffusion mondiale et les plus grandes équipes anglaises possèdent des communautés internationales qui dépassent largement leurs marchés locaux.

Liverpool appartient précisément à cette catégorie extrêmement restreinte.

Pour des investisseurs disposant d'un horizon de long terme, la question n’est donc pas uniquement de savoir combien le club gagne aujourd’hui. Elle consiste également à déterminer combien Liverpool pourrait valoir dans dix ou vingt ans.

L’hypothèse économique derrière une prise de participation devient alors beaucoup plus claire : acheter aujourd’hui une fraction d’un actif considéré comme rare en anticipant une progression future de sa valeur.

Il n’existe qu’un Liverpool FC.

On peut construire un stade, créer une entreprise ou lancer une nouvelle marque sportive. Il est impossible de recréer plus d’un siècle d’histoire, une base mondiale de supporters et une place déjà établie parmi les clubs les plus connus de la planète.

Cette rareté possède une valeur.

BEZOS, SAVERIN, BHATIA : DES NOMS QUI CHANGENT IMMÉDIATEMENT LA PERCEPTION DE L’OPÉRATION

La présence annoncée de Jeff Bezos attire naturellement toute l’attention. Mais réduire le consortium à son nom serait une erreur.

Les informations disponibles font également état de la présence d’Eduardo Saverin, cofondateur de Facebook, tandis qu’Amit Bhatia conduirait le consortium. Bhatia connaît déjà le football anglais puisqu’il a été actionnaire de Queens Park Rangers.

Cette composition donne à l’opération une dimension qui dépasse le simple apport de capitaux.

Elle associerait Liverpool à des investisseurs issus de l’univers de la technologie, de l’investissement et des grandes fortunes internationales.

Il faudra cependant attendre les détails définitifs de l’éventuel accord avant d’en tirer des conclusions sur la stratégie commerciale ou sportive du club.

La présence de Bezos ne signifie pas automatiquement qu’Amazon interviendra dans Liverpool. De la même manière, la présence de Saverin ne permet pas de conclure à une quelconque implication de Meta.

Il faut distinguer les investissements personnels des individus des entreprises auxquelles leurs noms sont associés.

Mais en matière d’image, l’effet serait déjà immense.

FSG NE QUITTERAIT PAS LIVERPOOL

C’est probablement le point le plus important pour comprendre cette opération.

Si le consortium acquiert environ un tiers de Liverpool, FSG conserverait une participation majoritaire et le contrôle du club, selon les informations actuellement rapportées.

Ce scénario permettrait donc à FSG de faire entrer de nouveaux capitaux et de nouveaux partenaires sans abandonner immédiatement la direction de l’institution.

Cette approche est particulièrement intéressante dans le football moderne.

Vendre une participation minoritaire permet à un propriétaire historique de cristalliser une partie de la hausse de valeur de son actif sans procéder à une cession totale.

Autrement dit, si l'opération intervient effectivement sur la base d'une valorisation de 4,4 milliards de livres, FSG obtiendrait une nouvelle référence extrêmement élevée pour la valeur de Liverpool tout en restant propriétaire majoritaire.

C’est potentiellement une situation très favorable pour le groupe américain.

ATTENTION : 33 % DE LIVERPOOL NE SIGNIFIE PAS 33 % DE 4,4 MILLIARDS VERSÉS DIRECTEMENT AU CLUB

Il existe également une confusion fréquente dans ce type d’opération.

Si Liverpool est valorisé 4,4 milliards de livres et qu’environ un tiers du capital change de mains, une simple multiplication donne une valeur théorique proche de 1,45 milliard de livres pour 33 %.

Mais cela ne signifie pas automatiquement que Liverpool FC recevrait cette somme pour recruter des joueurs.

Tout dépendrait de la structure exacte de la transaction.

Les investisseurs pourraient acheter des actions existantes détenues par les propriétaires actuels, souscrire à une augmentation de capital, ou participer à une structure combinant différents mécanismes.

Sans publication des conditions définitives, il serait donc incorrect d’annoncer que Liverpool disposerait soudainement d'environ 1,45 milliard de livres supplémentaires.

C’est précisément la différence entre valorisation, prix d'acquisition d'une participation et injection de capitaux dans l'entreprise.

ET POUR LE MERCATO ?

C’est évidemment la question que se poseront immédiatement les supporters.

Jeff Bezos arrive-t-il avec une montagne d’argent permettant à Liverpool de bouleverser le mercato ?

À ce stade, rien ne permet de l’affirmer.

Une entrée au capital n’équivaut pas automatiquement à une augmentation proportionnelle du budget consacré aux transferts. Et les règles financières auxquelles sont soumis les clubs empêchent de toute façon de réduire la gestion sportive à la fortune personnelle des actionnaires.

L’intérêt potentiel de l’opération doit être observé beaucoup plus largement.

Une structure actionnariale renforcée peut participer à une stratégie de développement à long terme : investissements, infrastructures, expansion commerciale, exploitation internationale de la marque ou capacité à absorber certaines phases d’investissement.

Mais nous entrerions ici dans les scénarios possibles. Les conditions financières et les intentions précises du consortium devront être connues avant de pouvoir mesurer les conséquences réelles.

LIVERPOOL ENTRE DANS UNE NOUVELLE DIMENSION DE VALORISATION

C’est finalement peut-être cela, la véritable information.

Avant même de savoir ce que Bezos pourrait apporter à Liverpool, cette opération raconte ce que Liverpool vaut désormais aux yeux des investisseurs.

Environ 4,4 milliards de livres.

Une valorisation qui aurait semblé extraordinaire lorsque FSG a pris possession du club en 2010 et qui montre à quel point les actifs sportifs premium ont changé de dimension.

Liverpool possède simultanément ce que les investisseurs recherchent : une marque internationale, une histoire impossible à reproduire, une présence dans le championnat national le plus puissant commercialement au monde et une communauté mondiale de supporters.

C’est cette combinaison que le consortium chercherait à acheter.

Pas seulement des joueurs.

Pas seulement un stade.

Pas seulement des résultats sportifs.

Une fraction de Liverpool FC en tant qu’actif mondial.

L’arrivée potentielle de Jeff Bezos constitue évidemment le nom spectaculaire de cette histoire. Mais derrière le milliardaire américain se trouve une opération financière beaucoup plus profonde : la confirmation que les plus grandes institutions du football européen sont désormais valorisées comme certaines des propriétés sportives les plus précieuses de la planète.

Pour l’instant, le dossier reste cependant au stade d’un accord annoncé comme proche. Liverpool et FSG n’ont pas encore officiellement confirmé l’opération.

Si elle est finalisée, une deuxième question deviendra alors beaucoup plus intéressante : que voudront réellement faire Bezos, Saverin, Bhatia et leurs partenaires avec leur participation dans Liverpool ?

Et c’est à ce moment-là que commencera véritablement la deuxième partie de l’histoire.

 

 

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FAQ — JEFF BEZOS ET L’INVESTISSEMENT POTENTIEL DANS LIVERPOOL FC

Jeff Bezos va-t-il racheter Liverpool FC ?
Non. Les informations disponibles évoquent un consortium comprenant Jeff Bezos qui serait proche d’acquérir environ un tiers du capital de Liverpool FC. Il ne s’agit donc pas d’un rachat intégral du club par le fondateur d’Amazon.

Quelle part de Liverpool le consortium pourrait-il acquérir ?
L’opération porterait sur environ un tiers du capital de Liverpool FC, soit approximativement 33 %.

Qui ferait partie du consortium ?
Les informations publiées mentionnent notamment Jeff Bezos, Eduardo Saverin, cofondateur de Facebook, ainsi qu’Amit Bhatia, qui dirigerait le consortium.

Combien Liverpool FC serait-il valorisé ?
La transaction envisagée ferait ressortir une valorisation d’environ 4,4 milliards de livres sterling, soit approximativement 5,9 milliards de dollars.

Fenway Sports Group va-t-il vendre Liverpool ?
Pas entièrement. Dans le scénario actuellement rapporté, Fenway Sports Group resterait l’actionnaire de contrôle de Liverpool malgré l’entrée du nouveau consortium au capital.

Jeff Bezos deviendrait-il personnellement propriétaire de 33 % de Liverpool ?
Ce n’est pas ce qu’indiquent les informations disponibles. Bezos participerait à un consortium acquérant collectivement environ un tiers du club. La répartition précise de cette participation entre les différents investisseurs devra être connue avant d’attribuer un pourcentage individuel à Bezos.

Une participation de 33 % représenterait-elle environ 1,45 milliard de livres ?
Sur la seule base d’une valorisation de 4,4 milliards de livres, 33 % correspondent mathématiquement à environ 1,45 milliard de livres. Cela ne signifie toutefois pas nécessairement que le prix final sera exactement celui-ci, ni que cette somme sera directement injectée dans les comptes du club.

Liverpool pourrait-il utiliser cet argent pour le mercato ?
Impossible de l’affirmer à ce stade. Une vente d’actions détenues par les propriétaires actuels n’équivaut pas automatiquement à une injection d’argent dans Liverpool FC. Il faudra connaître la structure définitive de la transaction.

Amazon deviendrait-il impliqué dans Liverpool FC ?
Aucune information disponible ne permet de l’affirmer. Un investissement personnel de Jeff Bezos doit être distingué d'une implication d’Amazon en tant qu'entreprise.

L’accord est-il déjà officiel ?
Non. Les informations disponibles présentent les discussions comme proches d’un accord, mais il faut attendre une confirmation officielle pour considérer l’opération comme finalisée.

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