COMMENT PRO EVOLUTION SOCCER NOTAIT-IL VRAIMENT LES JOUEURS ? DERRIÈRE L’« OVERALL », UN SYSTÈME BIEN PLUS COMPLEXE QU’UNE SIMPLE NOTE

COMMENT PRO EVOLUTION SOCCER NOTAIT-IL VRAIMENT LES JOUEURS ? DERRIÈRE L’« OVERALL », UN SYSTÈME BIEN PLUS COMPLEXE QU’UNE SIMPLE NOTE


Pendant des années, une question a animé les discussions entre joueurs de Pro Evolution Soccer : pourquoi tel attaquant obtenait-il 87 alors qu’un autre semblait meilleur sur le terrain ? Pourquoi un joueur pouvait-il perdre plusieurs points simplement parce qu’on le déplaçait de quelques mètres dans le dispositif tactique ? Derrière le fameux « Overall Rating » de PES se cachait en réalité une mécanique beaucoup plus intéressante qu’une simple appréciation générale du talent d’un footballeur. Les données disponibles et les travaux réalisés autour des bases PES montrent que l’Overall doit avant tout être compris comme une synthèse des caractéristiques individuelles d’un joueur en fonction de son poste. Autrement dit, un 88 n’était pas simplement la manière dont le jeu déclarait qu’un joueur « valait 88 sur 100 ». C’était une représentation synthétique de l’efficacité attendue de son ensemble de caractéristiques dans un rôle donné.

L’OVERALL N’ÉTAIT PAS LA MOYENNE DE TOUTES LES CARACTÉRISTIQUES

 

C’est probablement l’élément le plus important pour comprendre le système. PES attribuait aux joueurs de nombreuses caractéristiques individuelles : contrôle du ballon, dribble, passe courte, passe longue, finition, vitesse, accélération, puissance physique, endurance, jeu de tête, capacités défensives ou encore différentes aptitudes propres aux gardiens. Les anciennes éditions utilisaient des nomenclatures différentes, mais le principe général restait celui d’une représentation détaillée des qualités du joueur.

L’Overall venait ensuite synthétiser ces informations. Une étude universitaire ayant utilisé les bases de données de FIFA et PES explique que l’Overall est calculé à partir des différentes notes d’aptitudes et qu’il résume l’efficacité du joueur lorsqu’il évolue à son poste naturel.

Cela signifie qu’il serait trompeur de prendre toutes les caractéristiques d’un joueur, de calculer leur moyenne et d’appeler le résultat son Overall.

Toutes les qualités n’ont pas la même importance selon le poste.

Prenons un exemple évident : la finition. Une excellente finition représente une qualité fondamentale pour un avant-centre, mais elle est beaucoup moins déterminante pour évaluer un défenseur central. À l’inverse, les capacités défensives et physiques sont beaucoup plus importantes pour évaluer certains défenseurs que pour déterminer l’efficacité théorique d’un attaquant. Les analyses consacrées au système PES confirment ce principe de pondération selon les positions.

C’est précisément ce mécanisme qui explique certaines situations qui pouvaient paraître étranges aux joueurs.

POURQUOI UN JOUEUR POUVAIT PASSER DE 88 À 82 EN CHANGEANT DE POSTE

Les habitués de PES connaissent parfaitement ce phénomène. On déplace un joueur de son poste naturel vers une autre position et son Overall change parfois immédiatement.

Pourtant, le joueur n’a évidemment pas perdu sa vitesse, sa technique ou sa qualité de passe en quelques secondes.

C’est la manière dont ses caractéristiques sont valorisées qui change.

Un joueur possédant des qualités particulièrement adaptées au poste de milieu central peut obtenir un excellent Overall à cet endroit. Déplacé dans une position exigeant davantage de qualités défensives ou offensives qu’il possède moins, son évaluation peut diminuer.

 

 

Des guides historiques consacrés à PES relevaient déjà que les joueurs avaient généralement leur meilleure évaluation dans leur position principale et pouvaient perdre plusieurs points lorsqu’ils étaient utilisés hors de leur rôle privilégié.

C’est une distinction essentielle : l’Overall n’est donc pas nécessairement une mesure absolue du talent.

Il est davantage une indication de l’adéquation entre les caractéristiques du joueur et les exigences statistiques attribuées à une position.

UN ATTAQUANT ET UN DÉFENSEUR NE POUVAIENT DONC PAS ÊTRE ÉVALUÉS DE LA MÊME MANIÈRE

Cette logique permet également de comprendre pourquoi comparer directement deux Overall peut être trompeur.

Un défenseur central à 86 et un avant-centre à 86 n’ont évidemment pas obtenu cette évaluation grâce aux mêmes qualités.

Pour l’attaquant, la capacité à se positionner offensivement, contrôler le ballon, terminer les actions ou exploiter certaines qualités athlétiques peut avoir une importance majeure. Pour un défenseur, la lecture défensive, le duel physique, le jeu aérien ou la récupération prennent davantage de poids.

Chez les gardiens, le principe devient encore plus évident : les attributs spécifiques au poste occupent logiquement une place centrale dans l’évaluation. PES Mastery souligne justement que les aptitudes importantes pour l’Overall varient fortement selon le poste et que les qualités de gardien influencent très fortement la note d’un portier.

Deux joueurs possédant exactement le même Overall peuvent donc présenter des profils radicalement différents.

C’est également pourquoi les passionnés de PES savaient qu’il ne fallait jamais recruter uniquement en regardant le gros chiffre affiché à côté du nom.

LES CARACTÉRISTIQUES ÉTAIENT PARFOIS PLUS IMPORTANTES QUE L’OVERALL

Les joueurs expérimentés de Master League le savaient parfaitement : un joueur moins bien noté pouvait être beaucoup plus efficace dans une équipe qu’un joueur possédant un Overall supérieur.

 

Pourquoi ?

Parce que le style de jeu de l’utilisateur pouvait privilégier certaines qualités particulières.

Une équipe jouant en contre-attaque pouvait par exemple tirer énormément de valeur d’un joueur très rapide. Une formation cherchant à conserver le ballon pouvait privilégier le contrôle, le dribble et la passe. Un joueur dominant physiquement pouvait être particulièrement utile dans certaines situations même si son Overall était inférieur à celui d’un concurrent.

C’est l’une des grandes subtilités du système : l’Overall simplifiait la lecture d’une fiche extrêmement détaillée, mais il ne remplaçait pas l’analyse des caractéristiques.

PES Mastery insiste justement sur le fait que l’Overall ne raconte pas toute l’histoire et que les aptitudes spécifiques peuvent rendre un joueur particulièrement utile indépendamment de son évaluation globale.

MAIS QUI DÉCIDAIT DES CARACTÉRISTIQUES INITIALES ?

C’est ici que la question devient particulièrement intéressante.

Avant qu’un algorithme puisse synthétiser les caractéristiques d’un joueur, encore fallait-il déterminer ses notes individuelles.

Une étude académique utilisant les données provenant de FIFA et de PES décrit des données produites et maintenues à partir d’un vaste réseau de scouts évaluant les joueurs sur de nombreux critères liés à leurs capacités : tacle, passe, tir, vitesse, agressivité et autres caractéristiques.

Il faut néanmoins rester prudent sur un point : cette source académique décrit les données utilisées par les chercheurs et leurs réseaux de collecte ; elle ne constitue pas à elle seule une publication officielle de Konami détaillant intégralement son processus interne de notation pour chaque édition de PES.

C’est une distinction importante.

Ce que nous pouvons établir, c’est que les bases utilisées pour représenter les joueurs reposaient sur une quantité considérable de caractéristiques footballistiques. Ce que nous ne devons pas inventer, c’est l’identité exacte de chaque observateur ou la procédure interne précise de validation de Konami lorsque celle-ci n’a pas été rendue publique.

LA FORMULE EXACTE RESTE LE GRAND MYSTÈRE

Et c’est probablement la partie la plus fascinante de cette histoire.

Konami n’a pas publié une formule officielle complète permettant de prendre toutes les caractéristiques d’un joueur et de reproduire simplement son Overall dans chaque position.

La communauté PES a donc tenté de comprendre le système par rétro-ingénierie.

Des analyses communautaires ont conclu que la note ressemblait fortement à une combinaison pondérée des statistiques, avec des coefficients différents selon les positions. Une analyse récente de PES 2021 affirme avoir travaillé sur environ 14 700 joueurs et avoir reconstruit un modèle reproduisant les Overall avec une erreur moyenne proche d’un demi-point. Son auteur observe notamment que les pondérations changent fortement entre gardiens, défenseurs, milieux et attaquants. Il s’agit toutefois d’une reconstruction communautaire, et non d’une formule officiellement publiée par Konami.

D’autres travaux communautaires antérieurs arrivaient déjà à une conclusion similaire : l’Overall semble largement dériver d’une combinaison des statistiques propre à chaque position.

Cette nuance est essentielle pour ne pas transformer une excellente rétro-ingénierie en déclaration officielle.

PES AVAIT DONC CRÉÉ UNE FORME DE MODÈLE D’ÉVALUATION DU FOOTBALLEUR

 

Avec le recul, ce système apparaît étonnamment moderne.

Le jeu devait convertir quelque chose d’extrêmement complexe — les qualités d’un footballeur professionnel — en données numériques exploitables.

Pour y parvenir, il fallait décomposer le joueur.

Quelle est sa vitesse ? Sa capacité de passe ? Son contrôle ? Son efficacité devant le but ? Son endurance ? Son comportement défensif ? Ses capacités physiques ?

Puis ces informations devaient être interprétées en fonction de son rôle.

Cette logique ressemble, dans son principe général, à ce que font aujourd’hui de nombreux outils d’analyse sportive : transformer des performances multidimensionnelles en indicateurs permettant de comparer des profils.

Il ne faut évidemment pas confondre une base destinée à un jeu vidéo avec les modèles propriétaires utilisés par les cellules de recrutement professionnelles. Les objectifs, les données et les méthodologies ne sont pas nécessairement les mêmes.

Mais culturellement, PES a familiarisé des millions de supporters avec une idée devenue fondamentale dans l’analyse moderne : un joueur ne peut pas être correctement évalué avec une seule statistique.

L’OVERALL A POURTANT CHANGÉ NOTRE MANIÈRE DE PARLER DES JOUEURS

C’est peut-être l’héritage le plus intéressant.

Toute une génération de supporters a grandi en parlant de footballeurs avec des chiffres.

« Il devrait avoir 90. »

« Comment peut-il n’avoir que 82 ? »

« Sa vitesse est sous-notée. »

« Sa finition devrait être meilleure. »

Ce vocabulaire vidéoludique a progressivement rejoint la culture footballistique.

Les bases de données de football sont devenues des objets de discussion, de comparaison et parfois de réputation. Une note élevée dans un jeu aussi populaire que PES pouvait contribuer à la perception qu’avaient les joueurs virtuels d’un footballeur réel, même si cela ne signifie évidemment pas qu’elle déterminait sa valeur sur le marché des transferts.

Il faut précisément éviter de franchir cette frontière sans preuve.

Il serait exagéré d’affirmer qu’un Overall PES faisait monter directement le prix d’un joueur ou provoquait l’intérêt d’un club professionnel. Les cellules de recrutement disposent de leurs propres observations, données, vidéos, réseaux et méthodes d’analyse.

Mais PES a incontestablement participé à la démocratisation de l’évaluation statistique des footballeurs auprès du grand public.

DERRIÈRE LE 88, IL Y AVAIT DONC BEAUCOUP PLUS QU’UN 88

C’est probablement la meilleure manière de résumer le système.

Lorsque PES affichait un joueur à 88, le chiffre visible était seulement la partie la plus simple d’une fiche beaucoup plus complexe.

Derrière cette note existaient des dizaines de caractéristiques.

Derrière ces caractéristiques existait un travail d’évaluation du joueur.

Et derrière l’Overall existait un mécanisme cherchant à synthétiser ces informations en fonction de la position occupée.

Voilà pourquoi deux joueurs possédant le même Overall pouvaient être complètement différents. Voilà pourquoi déplacer un joueur pouvait faire chuter son évaluation. Et voilà pourquoi certains joueurs à 82 pouvaient devenir beaucoup plus précieux, dans une équipe donnée, que des joueurs affichant 86 ou 87.

L’Overall était pratique. Il était immédiatement compréhensible. Il permettait de comparer rapidement des milliers de joueurs.

Mais il ne racontait jamais toute l’histoire.

Et c’est peut-être précisément ce qui rend aujourd’hui le système de notation de Pro Evolution Soccer aussi intéressant à revisiter : bien avant que l’analyse de données ne devienne omniprésente dans les discussions footballistiques, PES avait déjà habitué des millions de passionnés à regarder un joueur non pas comme une seule valeur, mais comme un ensemble de qualités qu’il fallait interpréter en fonction de son rôle.

 

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FAQ – COMMENT PES CALCULAIT-IL L’OVERALL DES JOUEURS ?

Comment PES déterminait-il l’Overall d’un joueur ?

L’Overall représentait une synthèse des différentes caractéristiques du joueur, avec une importance variable selon son poste. Il ne s’agissait donc pas simplement de faire la moyenne de toutes ses statistiques.

Toutes les caractéristiques avaient-elles la même importance ?

Non. Les qualités pertinentes dépendaient du poste. La finition avait par exemple davantage d’importance pour un attaquant, tandis que les capacités défensives étaient beaucoup plus déterminantes pour un défenseur.

Pourquoi l’Overall pouvait-il changer lorsqu’un joueur changeait de poste ?

Parce que ses mêmes caractéristiques étaient évaluées dans un contexte positionnel différent. Un joueur parfaitement adapté à son poste naturel pouvait être moins performant statistiquement dans un rôle exigeant d’autres qualités.

Un joueur avec un Overall supérieur était-il forcément meilleur ?

Pas nécessairement. Deux joueurs avec des Overall différents pouvaient avoir des profils très différents. Selon le système tactique et le style de jeu recherché, un joueur moins bien noté pouvait être plus efficace.

Qui déterminait les caractéristiques des joueurs dans PES ?

Les bases de données utilisées pour représenter les footballeurs reposaient sur l’évaluation de nombreuses caractéristiques footballistiques. Des travaux académiques décrivent l’utilisation de réseaux de scouts pour produire ce type de données. Les détails complets du processus interne de Konami n’ont toutefois pas tous été rendus publics.

Konami a-t-il publié la formule exacte de calcul de l’Overall ?

Il n’existe pas de formule officielle complète publiquement documentée par Konami permettant de reproduire exactement tous les Overall de PES. Des membres de la communauté ont néanmoins réalisé des travaux de rétro-ingénierie pour comprendre les pondérations utilisées.

La communauté PES a-t-elle réussi à reproduire le système ?

Des analyses communautaires ont obtenu des résultats très proches des Overall présents dans certaines éditions de PES en utilisant des modèles donnant des poids différents aux attributs selon les positions. Ces travaux restent toutefois des reconstitutions non officielles.

Les notes de PES pouvaient-elles influencer la valeur réelle d’un joueur ?

Il n’existe pas de preuve permettant d’affirmer qu’une note PES déterminait directement la valeur marchande ou provoquait un transfert. En revanche, la popularité de ces jeux a largement contribué à familiariser le grand public avec l’évaluation statistique des footballeurs.

Pourquoi deux joueurs avec le même Overall pouvaient-ils être totalement différents ?

Parce qu’un même résultat global pouvait être obtenu avec des combinaisons de caractéristiques différentes. Un joueur pouvait exceller grâce à sa vitesse et son dribble, tandis qu’un autre pouvait atteindre un Overall similaire grâce à sa passe, son physique ou son efficacité devant le but.

Quelle était finalement la meilleure façon d’évaluer un joueur dans PES ?

L’Overall constituait un excellent indicateur rapide, mais regarder les caractéristiques individuelles, le poste et le profil du joueur permettait de comprendre beaucoup plus précisément ce qu’il pouvait apporter sur le terrain.

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