ÉDITORIAL — QUALITY REPORT FOOTBALL
Imaginez un match de football sans véritable public.
Quelques joueurs. Des maillots rappelant parfois ceux de grandes équipes. Des caméras. Un terrain dont la localisation n’est pas indiquée au parieur. Et, à des milliers de kilomètres de là, des personnes qui misent de l’argent réel sur chaque événement de la rencontre.
Ce scénario ressemble à une dystopie imaginée pour dénoncer les excès des paris sportifs.
Pourtant, une partie de cette réalité a été documentée.
En octobre 2024, une enquête de Bellingcat a identifié plusieurs lieux en Russie, Ukraine et Biélorussie accueillant des compétitions sportives amateurs dont les images étaient diffusées sur 1xBet et proposées aux parieurs. Les enquêteurs ont même identifié une rencontre impliquant des participants âgés de seulement 14 ans sur laquelle il était possible de miser.
Bienvenue dans l’univers des « betting farms », parfois surnommées « sport farms ».
Un univers où la question n’est progressivement plus seulement de savoir qui gagnera le match.
Elle devient :
pourquoi ce match existe-t-il ?
AVANT TOUT QUI EST A L'ORIGINE DE 1XBET
Avant de comprendre l’écosystème qui s’est développé autour de 1xBet, il faut revenir aux origines de l’entreprise.
1xBet a été lancé en 2007 en Russie. Plusieurs enquêtes journalistiques et procédures judiciaires ont identifié Roman Semiokhin (Semiohin), Sergey Karshkov et Dmitry Kazorin comme les hommes à l’origine de l’activité. Les trois entrepreneurs russes ont ensuite construit une marque devenue extrêmement visible dans l’industrie mondiale des paris en ligne.
L’histoire de ses fondateurs est cependant loin de celle d’une entreprise traditionnelle du sport.
Les autorités russes ont engagé des poursuites contre Semiokhin, Kazorin et Karshkov dans une affaire liée à l’organisation de jeux d’argent en ligne illégaux en Russie. Les intéressés se trouvaient hors du pays et ont contesté certaines des accusations formulées à leur encontre. Il est donc important de distinguer ces poursuites des condamnations définitives éventuellement prononcées dans chaque juridiction.
Sergey Karshkov est décédé en 2023, à l’âge de 42 ans. Roman Semiokhin et Dmitry Kazorin ont quant à eux été associés à Chypre, territoire devenu central dans l’histoire internationale de la marque.
Cette structure internationale est justement l’une des particularités de 1xBet. La marque est exploitée sur de nombreux marchés et son fonctionnement implique différentes sociétés et licences selon les territoires. Cela rend parfois difficile, pour le grand public, de comprendre immédiatement qui contrôle juridiquement telle activité de la marque dans tel pays.
Et pourtant, dans le football, 1xBet est devenue impossible à ignorer.
La marque a investi massivement dans le sponsoring et s’est associée au fil des années à certaines des propriétés les plus visibles du football international. Cette présence lui a permis d’installer son nom au cœur d’un sport suivi par plusieurs milliards de personnes.
C’est précisément ce contraste qui rend la suite de l’histoire importante.
D’un côté, une marque mondiale extrêmement visible dans le football professionnel.
De l’autre, des enquêtes qui ont soulevé des questions sur certaines activités proposées dans l’univers beaucoup plus opaque des paris sportifs.
Et parmi elles se trouve un phénomène particulièrement troublant :
les “betting farms”.
DES MATCHS PRODUITS POUR ALIMENTER LES PARIS
Le modèle économique traditionnel du pari sportif est facile à comprendre.
Un match existe parce qu’une compétition sportive l’organise. Un bookmaker vient ensuite proposer des paris dessus.
Premier League, Ligue des champions, CAN, NBA, tennis : l’événement sportif existe indépendamment du pari.
Les « betting farms » inversent potentiellement cette logique.
L’événement peut être organisé essentiellement parce qu’il permet de créer un nouveau produit sur lequel miser.
Plus il existe de rencontres, plus il existe de marchés.
Plus il existe de marchés, plus le parieur peut continuer à jouer.
Et contrairement à Manchester City–Liverpool, rien n’oblige à attendre samedi 17 heures.
Les compétitions observées par Bellingcat étaient organisées dans différents sports et pouvaient fournir continuellement des événements à diffuser et à proposer aux joueurs en ligne. Les lieux n’étaient pas communiqués publiquement par les organisateurs.
C’est une transformation fondamentale.
Le sport ne génère plus seulement le pari. Le besoin de paris peut commencer à générer le sport.
QUAND LE FOOTBALLEUR DEVIENT UNE MATIÈRE PREMIÈRE
C’est ici que le phénomène devient humainement beaucoup plus préoccupant.
Pour produire continuellement des rencontres, il faut des joueurs.
Mais pas nécessairement des stars.
Au contraire.
Les réseaux de manipulation sportive recherchent historiquement des environnements dans lesquels les sportifs sont vulnérables : faibles salaires, compétitions peu médiatisées, surveillance limitée et perspectives professionnelles incertaines.

Le Paris-Saint-Germain a conclu un accord avec 1XBET pour trois saisons. (DR)
Une vaste enquête du Washington Post publiée en 2025 a constaté une augmentation des alertes concernant les paris suspects dans les sports et championnats moins exposés. Les données examinées montraient notamment une présence importante de rencontres asiatiques et africaines parmi les alertes concernant le football.
Pourquoi ?
Parce qu’un joueur gagnant très peu d’argent est mécaniquement plus vulnérable à quelqu’un capable de lui proposer plusieurs fois son salaire pour influencer une rencontre.
Cela ne signifie évidemment pas que les joueurs africains ou asiatiques sont davantage disposés à tricher.
Cela signifie que la précarité crée une vulnérabilité exploitable.
Et cette distinction est fondamentale.
LE RÊVE EUROPÉEN COMME APPÂT
Le football possède également une caractéristique particulière : des millions de jeunes rêvent d’en faire leur métier.
En Afrique comme en Asie, certains acceptent de voyager très loin pour tenter une opportunité professionnelle.
Une proposition peut sembler irrésistible :
un essai dans un club.
Un contrat.
Un logement.
Un billet d’avion.
La possibilité d’être repéré.
Pour un jeune joueur disposant de peu de ressources, refuser peut signifier abandonner ce qu’il considère comme l’occasion de sa vie.
Mais l’industrie du football connaît depuis longtemps des phénomènes d’exploitation de jeunes joueurs et de faux agents. Une fois un sportif déplacé dans un pays étranger, sans réseau personnel, sans argent et parfois sans connaissance de la langue, le rapport de force peut devenir extrêmement déséquilibré.
Et c’est dans ce contexte qu’apparaît une pratique connue dans d’autres formes de traite et de travail forcé : la rétention des documents d’identité ou du passeport.
Il faut cependant être extrêmement précis.
Nous n’avons pas trouvé de preuve suffisamment solide permettant d’affirmer que 1xBet organise un système de confiscation des passeports de joueurs participant à ces compétitions.
Présenter cette accusation comme un fait serait donc irresponsable.
Ce que l’on peut documenter, en revanche, est l’existence d’un environnement international où paris illégaux, traite des êtres humains et criminalité organisée peuvent se croiser.
PARIS ILLÉGAUX ET TRAITE DES ÊTRES HUMAINS : UNE CONNEXION QUI N’EST PAS THÉORIQUE
Interpol a mené en 2024 une gigantesque opération internationale contre les réseaux de paris illégaux liés au football.
Résultat : plus de 5 100 arrestations et plus de 59 millions de dollars de produits illicites récupérés.
L’organisation policière internationale souligne explicitement que le jeu illégal est associé à d’autres formes de criminalité, notamment la traite des êtres humains, le blanchiment d’argent et la fraude.
Il faut donc comprendre quelque chose d’essentiel.
Le match-fixing n’est pas toujours l’histoire caricaturale d’un footballeur cupide acceptant une enveloppe.
Il peut s’inscrire dans des réseaux criminels beaucoup plus vastes.
Intermédiaires.
Recruteurs.
Parieurs.
Comptes bancaires.
Cryptomonnaies.
Bookmakers illégaux.
Blanchiment.
Et parfois exploitation humaine.
Une enquête publiée en avril 2026 par Play the Game s’est précisément intéressée aux passerelles entre les paris illégaux, le football, la cybercriminalité et des phénomènes de traite ou de « cyber slavery ».
Le problème dépasse donc largement le rectangle vert.
POURQUOI L’AFRIQUE ET L’ASIE SONT-ELLES PARTICULIÈREMENT VULNÉRABLES ?
Encore une fois, pas parce que leurs joueurs seraient différents.
Mais parce que certains environnements économiques le sont.
Un joueur de Premier League gagnant plusieurs millions d’euros par an est extrêmement difficile à acheter avec quelques milliers d’euros.
Un joueur semi-professionnel qui attend son salaire depuis plusieurs mois se trouve dans une situation radicalement différente.
Les criminels comprennent parfaitement cette asymétrie.
Le Washington Post rapporte notamment le témoignage d’un responsable burundais résumant brutalement le problème : lorsqu'une proposition représente plusieurs fois le salaire d'un joueur, la résistance devient beaucoup plus difficile.
Des affaires récentes en Afrique de l’Est montrent également que les approches de joueurs ne sont pas théoriques. Des joueurs, entraîneurs et arbitres ont fait l’objet de procédures liées à des soupçons de manipulation, tandis que certains joueurs ont raconté avoir été directement approchés par des réseaux.
Le football pauvre devient alors une cible idéale pour l’argent riche du pari mondial.
LE PROBLÈME 1XBET
1xBet occupe une place particulière dans cette histoire parce que l’entreprise est simultanément extrêmement visible dans le football mondial et entourée depuis plusieurs années de controverses réglementaires.
La marque a développé des partenariats avec de grandes organisations et clubs internationaux tout en faisant l’objet d’interdictions ou de mesures réglementaires dans différentes juridictions.
Puis l’enquête de Bellingcat est venue poser une question beaucoup plus dérangeante.
Pourquoi un bookmaker international propose-t-il des paris sur des compétitions amateurs aussi obscures ?
Pourquoi leurs localisations ne sont-elles pas clairement indiquées ?
Et surtout : quelles garanties entourent les personnes qui participent à ces événements ?
Bellingcat a identifié plusieurs installations utilisées pour ces compétitions et constaté que certaines rencontres étaient proposées avec des noms ou présentations évoquant le football professionnel, alors que l’environnement réel était radicalement différent.
C’est là que la notion de « ferme » prend tout son sens.
Non pas nécessairement parce que les joueurs seraient littéralement enfermés.
Mais parce que des êtres humains peuvent devenir les composants d’une chaîne de production permanente d’événements destinés au pari.
24 HEURES SUR 24 : LE VRAI OBJECTIF
Pourquoi fabriquer autant d’événements ?
Parce que l’économie numérique du gambling possède un problème fondamental.
Le temps.

Les grandes compétitions ne jouent pas constamment.
À trois heures du matin en Europe, il n’y a pas toujours un grand match.
Mais le joueur compulsif, lui, peut vouloir continuer.
Le bookmaker a donc intérêt à multiplier les produits disponibles :
football virtuel,
casino,
e-sport,
tennis de table,
basketball amateur,
petites compétitions,
et événements en direct venus de territoires très éloignés.
Chaque minute sans événement représente potentiellement une minute sans mise.
La « betting farm » répond parfaitement à cette logique.
Si aucun match intéressant n’existe, on peut créer un match.
ET SI LE RÉSULTAT DEVIENT MANIPULABLE ?
C’est évidemment le risque ultime.
Plus une compétition est obscure, plus le contrôle externe devient difficile.
Qui sont les arbitres ?
Qui sélectionne les joueurs ?
Qui organise le tournoi ?
Qui contrôle son intégrité ?
Qui possède les données ?
Qui produit les images ?
Et qui surveille les mouvements de paris ?
Dans les grandes compétitions européennes, plusieurs entreprises et organismes analysent les marchés afin de détecter les comportements suspects.
Dans une rencontre amateur organisée dans un bâtiment fermé dont le public ignore même la localisation exacte, la transparence n’est évidemment pas comparable.
Cela ne permet pas d’affirmer automatiquement qu’un match est truqué.
Mais cela crée un environnement dans lequel la vérification indépendante devient beaucoup plus difficile.
Et dans le gambling, l’opacité constitue toujours un risque.
LES CLUBS PROFESSIONNELS ONT AUSSI UNE RESPONSABILITÉ
C’est probablement la partie la plus inconfortable.
Les bookmakers n’ont pas construit seuls leur légitimité dans le football.
Les clubs, championnats et fédérations leur ont ouvert la porte.
Maillots.
Panneaux publicitaires.
Partenariats officiels.
Contenus numériques.
Ambassadeurs.
Chaque association avec une institution sportive prestigieuse transforme progressivement une entreprise de paris en marque familière pour le supporter.
Lorsqu’un supporter voit le même bookmaker associé à son club préféré pendant plusieurs saisons, une forme de normalisation s’installe.
Et c’est là que l’industrie du football doit accepter une question qu’elle préfère souvent éviter :
jusqu’où peut-on vendre son audience à l’industrie du pari tout en prétendant protéger l’intégrité du sport ?
LE FOOTBALL EST DEVENU UNE MACHINE À ACQUÉRIR DES PARIEURS
Les bookmakers ont compris avant beaucoup d’autres industries la puissance émotionnelle du football.
Un supporter regarde déjà le match.
Il connaît les joueurs.
Il possède une préférence.
Il ressent quelque chose.
Il suffit ensuite d’ajouter une cote.
Puis une notification.
Puis un pari en direct.
Puis un autre.
L’objectif économique n’est plus nécessairement de faire parier quelqu’un une fois.
C’est de créer une habitude.
Et pour maintenir cette habitude, il faut toujours davantage d’événements.
C’est pourquoi les betting farms représentent quelque chose de beaucoup plus important qu'une curiosité sordide située aux marges du football.
Elles constituent peut-être l’aboutissement logique d’un modèle dans lequel le sport devient un simple fournisseur de matière première pour le gambling.
QUALITY REPORT FOOTBALL — LE JOUEUR NE PEUT PAS DEVENIR DU BÉTAIL À PARIS
Un jeune Africain rêvant de devenir professionnel n’est pas une donnée dans un algorithme.
Un adolescent asiatique cherchant un contrat n’est pas un marché de pari.
Un joueur amateur n’est pas une animation destinée à remplir l’écran d’un casino numérique à quatre heures du matin.
C’est précisément pourquoi les enquêtes sur ces compétitions doivent aller beaucoup plus loin.
Qui recrute les participants ?
Combien sont-ils payés ?
Quels contrats signent-ils ?
Peuvent-ils quitter librement les compétitions ?
Qui conserve leurs documents ?
Qui organise réellement les événements ?
Quel lien juridique existe entre les organisateurs et les plateformes proposant les paris ?
Et quelles autorités contrôlent tout cela ?
Concernant la confiscation des passeports, nous ne franchirons pas la frontière entre enquête et accusation : sans preuves matérielles permettant de relier cette pratique à 1xBet ou aux compétitions identifiées, Quality Report Football ne la présentera pas comme un fait.
Mais l’absence de preuve publique sur ce point précis ne doit pas empêcher de poser les questions.
Car Interpol a déjà établi que l’écosystème mondial des paris illégaux peut rencontrer traite humaine, fraude et criminalité organisée.
Et Bellingcat a démontré qu’un géant du pari pouvait proposer à ses clients des milliers d’événements amateurs extrêmement opaques, jusqu’à permettre de miser sur une rencontre impliquant des mineurs.
Ces deux réalités suffisent déjà à justifier une interrogation beaucoup plus large.
Pendant des années, le football s’est demandé comment empêcher les paris de corrompre les matchs.
Peut-être faut-il désormais poser une question encore plus inquiétante :
que se passe-t-il lorsque ce ne sont plus les paris qui s’adaptent au football, mais des êtres humains que l’on fait jouer pour alimenter les paris ?
Quality Report Football
Football Fait Contexte
LE FOOTBALL NE S’ARRÊTE PAS AU COUP DE SIFFLET FINAL.
Paris sportifs, business, intégrité, influence et enquêtes : Quality Report Football décrypte aussi les systèmes économiques qui se développent derrière le jeu.
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FAQ — 1XBET, « BETTING FARMS » ET PARIS SPORTIFS
Qu’est-ce qu’une « betting farm » ?
L’expression désigne des installations où des événements sportifs sont organisés et filmés afin d’alimenter des plateformes de paris. Contrairement au modèle traditionnel où les paris viennent se greffer sur une compétition existante, ces événements peuvent avoir une visibilité sportive extrêmement limitée en dehors de l’écosystème du betting.
Des « betting farms » liées à 1xBet ont-elles réellement été documentées ?
Oui. Une enquête de Bellingcat publiée en 2024 a identifié plusieurs installations en Russie, en Ukraine et en Biélorussie accueillant des compétitions amateurs dont des rencontres étaient diffusées et proposées aux paris sur 1xBet.
Pourquoi organiser des événements sportifs spécifiquement pour les paris ?
Une plateforme de paris a intérêt à proposer continuellement de nouveaux marchés. Des compétitions organisées à différents horaires permettent potentiellement d’offrir des événements sur lesquels miser lorsque les grands championnats ne jouent pas.
Des mineurs ont-ils participé à des rencontres proposées aux paris ?
Bellingcat a documenté au moins une rencontre impliquant des participants âgés de 14 ans sur laquelle des paris étaient proposés via 1xBet.
Les joueurs de ces compétitions sont-ils victimes de traite des êtres humains ?
On ne peut pas généraliser. L’existence de compétitions opaques ne prouve pas automatiquement que leurs participants sont victimes de traite ou de travail forcé. Chaque situation nécessite des preuves spécifiques.
1xBet confisque-t-il les passeports de joueurs africains ou asiatiques ?
Nous ne disposons pas de preuves suffisamment solides permettant d’affirmer que 1xBet confisque directement les passeports de joueurs participant à ces événements. Cette accusation ne doit donc pas être présentée comme un fait établi.
Pourquoi parle-t-on alors de confiscation de passeports et d’exploitation ?
La rétention des documents d’identité est une pratique connue dans différents contextes de traite et de travail forcé. Par ailleurs, les autorités internationales ont établi des connexions entre certains réseaux de paris illégaux et d’autres formes de criminalité. Cela justifie d’enquêter sur les conditions dans lesquelles certains sportifs vulnérables sont recrutés, sans pour autant attribuer une pratique précise à une entreprise sans preuve.
Existe-t-il un lien entre paris illégaux et traite des êtres humains ?
Oui, à l’échelle de certains réseaux criminels. Interpol explique que les paris illégaux peuvent être liés notamment à la traite des êtres humains, au blanchiment d’argent et à la fraude. Une opération internationale menée en 2024 a conduit à plus de 5 100 arrestations.
Pourquoi les joueurs économiquement vulnérables peuvent-ils être davantage exposés au match-fixing ?
Des salaires faibles ou irréguliers, l’absence de sécurité financière et des perspectives professionnelles limitées peuvent rendre certains sportifs plus vulnérables aux approches de réseaux cherchant à manipuler des rencontres. Il ne s’agit évidemment pas d’une caractéristique liée à leur nationalité.
Les joueurs africains et asiatiques sont-ils davantage impliqués dans les matchs truqués ?
Il serait incorrect de présenter les joueurs africains ou asiatiques comme naturellement plus susceptibles de participer à des manipulations. Le facteur déterminant est la vulnérabilité économique et institutionnelle, pas l’origine du joueur.
Une betting farm signifie-t-elle automatiquement que les matchs sont truqués ?
Non. L’opacité ou le caractère artificiel d’une compétition ne constitue pas une preuve de match-fixing. En revanche, le manque de transparence sur les organisateurs, les participants et les mécanismes de contrôle peut soulever des questions légitimes concernant l’intégrité.
Quel rôle les clubs et organisations de football peuvent-ils jouer ?
Ils peuvent renforcer les procédures de contrôle concernant leurs partenaires de paris, sensibiliser les joueurs aux risques de manipulation et soutenir des mécanismes indépendants de protection et de signalement.
Quel est finalement le principal problème soulevé par les « betting farms » ?
Elles interrogent la relation entre sport et industrie du pari. Lorsque des événements sportifs extrêmement confidentiels deviennent des produits disponibles en permanence pour les parieurs, une question fondamentale apparaît : le pari finance-t-il encore un sport existant, ou commence-t-on à produire du sport principalement pour créer davantage d’occasions de parier ?