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QUAND LE FOOTBALL DEVIENT UN TERRITOIRE D’INFLUENCE : POLITIQUES, INFLUENCEURS IDENTITAIRES ET CONQUÊTE DE NOUVEAUX PUBLICS


Éditorial — Quality Report Football

Le football n’a jamais été totalement séparé de la politique, de l’identité ou des questions de société. Mais avec TikTok, X, Instagram, YouTube et les formats vidéo courts, une évolution mérite aujourd’hui une attention particulière : des personnalités principalement connues pour leurs prises de position politiques, identitaires ou communautaires interviennent de plus en plus dans les conversations liées au football.

Jordan Bardella, Damien Rieu, mais aussi, dans des registres et avec des positionnements qui semblent très différents à première vue, des influenceurs tels que Bassem Braiki, Balti ou le compte « Sous l’Atlas » peuvent apparaître dans des discussions autour des sélections nationales de leurs pays d'origines, des joueurs, des supporters ou des grandes compétitions.

Il serait pourtant trop simple de mettre toutes ces personnalités dans la même catégorie mais  Leurs opinions, leurs audiences, leurs parcours et leurs objectifs présentes certains points identiques qu'on ne peut négliger. Notemment des propos que beaucoup rapportent comme discriminatoire. Bien évidemment, commenter un match ou parler régulièrement de football ne constitue évidemment pas la preuve d’une stratégie politique ou commerciale.

La question intéressante est ailleurs :

Pourquoi le football est-il devenu un territoire aussi précieux pour des personnalités identitaires dont la notoriété initiale ne vient pas nécessairement du sport ?

La réponse tient probablement en un mot et une phrase : l’audience, mais aussi la ferveur des supporters qui voient certains footballeurs ou équipes comme des divinités.


LE FOOTBALL, UNE PORTE D’ENTRÉE VERS UN PUBLIC IMMENSE

Un militant politique qui publie exclusivement sur l’immigration, les élections ou l’identité nationale finit généralement par évoluer dans un environnement où une grande partie de son audience connaît déjà ses positions.

Même logique pour un influenceur communautaire ou polémique.

Le football brise cette frontière.

Une vidéo sur le Paris Saint-Germain, l’Olympique de Marseille, l’équipe de France, l’Algérie ou le Maroc peut toucher des internautes qui ne suivent absolument pas les débats politiques habituels.

Sur les plateformes fondées sur la recommandation algorithmique, l’internaute n’a même plus nécessairement besoin d’être abonné à un compte pour découvrir son contenu.

C’est là que le football devient particulièrement intéressant.

Une personne peut découvrir un influenceur grâce à une réaction après un match. Puis regarder une deuxième vidéo. Puis une troisième. Elle peut ensuite s’abonner et être exposée aux autres sujets abordés par cette personnalité.

On pourrait résumer ce mécanisme ainsi :

Football → visibilité → découverte de la personnalité → abonnement → exposition à son univers idéologique ou éditorial.

Cela ne permet pas de conclure que chaque intervention footballistique répond volontairement à cette stratégie.

Mais en matière d’économie de l’attention, le potentiel est évident.


LE PARADOXE : LE FOOTBALL TOUCHE PRÉCISÉMENT DES PUBLICS QUI PEUVENT ÊTRE TRÈS ÉLOIGNÉS DE CES DISCOURS

C’est probablement l'aspect le plus intéressant.

Le football français est profondément lié à la diversité sociale et culturelle du pays.

Les banlieues, les diasporas africaines et maghrébines, les quartiers populaires et les familles issues de différentes vagues migratoires participent depuis plusieurs générations à son histoire.

 

 

 

L’équipe de France en constitue une illustration particulièrement visible.

C’est précisément pourquoi les déclarations politiques de Kylian Mbappé ont provoqué des réactions dépassant très largement le sport.

En 2024, Jordan Bardella avait publiquement critiqué les interventions de Mbappé et Marcus Thuram concernant les élections législatives.

Le conflit s’est poursuivi : en 2026, après de nouvelles déclarations de Mbappé concernant le RN, Bardella lui a répondu en utilisant cette fois directement une référence footballistique, son départ du PSG. Reuters a décrit cet affrontement comme révélateur d’un débat beaucoup plus large concernant l’identité française.

Ce cas montre parfaitement comment une conversation peut passer très rapidement :

du football à la politique, puis de la politique aux questions d’identité.


JORDAN BARDELLA ET LE FOOTBALL : UN TERRAIN POLITIQUE PARTICULIER

Le rapport entre le Rassemblement national et le football français reste complexe.

Une analyse publiée par Le Monde en 2026 souligne même une méfiance historique entre le RN et l’univers du football. Le chercheur et auteur Nicolas Kssis-Martov y estime que le parti s’empare notamment du football lorsque certaines controverses peuvent rejoindre ses thèmes politiques.

C'est intéressant précisément parce que le football représente un public considérable.

Un responsable politique n’a pas nécessairement besoin de devenir spécialiste tactique de Ligue 1 pour pénétrer cet espace.

Il lui suffit parfois de réagir à Mbappé, Benzema, une polémique autour de l’équipe de France, des supporters ou d'une sélection étrangère.

Le football devient alors le véhicule d’un autre débat.

Mais lorsque on observe attentivement, le fait que le RN répondent à Mbappé qui est footballeur professionnel, cache en réalité une stratégie bien ficelé car repondre à Kylian Mbappé, c'est aussi bénéficier d'une grosse visibilité.

Le dernier cas récent a eu lieu lors de la coupe du monde 2026 aux Amériques.

Lorsque la sénatrice du Paraguay avait violemment attaqué l'attaquant françai suite à la défaite du Paraguay. Le fait que Mbappé lui réponde l'a complètement sorti de l'anonymat. 

Donc on peut se poser la question si pour des influenceurs identitaires le football n'est pas devenue leurs vitrines marketing.


LA CAN : QUAND LE FOOTBALL DEVIENT UN ACCÉLÉRATEUR IDENTITAIRE

La Coupe d’Afrique des nations représente un cas encore différent.

Pendant plusieurs semaines, les appartenances nationales prennent une visibilité exceptionnelle sur les réseaux sociaux.

Marocains, Algériens, Sénégalais, Ivoiriens, Tunisiens, Congolais, Camerounais et de nombreuses diasporas européennes suivent simultanément la compétition.

Les drapeaux envahissent TikTok.

Les confrontations sportives deviennent des tendances.

Les vidéos de réactions explosent.

Et une déclaration polémique peut parcourir plusieurs pays en quelques heures.

Dans cet environnement, des personnalités telles que Balti, Bassem Braiki ou « Sous l’Atlas » peuvent se retrouver au cœur de conversations qui dépassent largement le résultat d'un match.

Certaines séquences peuvent susciter des accusations de communautarisme, de provocation ou de propos jugés extrêmes par leurs opposants.

Notemment le dernier cas en dates où le créateur de contenu d'origine marocaine "Sous l'Atlas" avait tenue des propos jugés très dégradants envers le Mali , Niger, Burkina Faso qui avaient soumis une candidature pour organiser la CAN 2030.

Pour celui ci , ces trois pays n'étaient pas en mesure d'organiser une Coupe d'Afrique des Nations, pourtant des rapports et investigation de certains experts et journalistes montrait le contraire.

Certains observateurs ont constaté depuis peu le changement de stratégie de certains de ces influenceurs, qui se tournaient d'avantages vers le football, l'exemple de Balti, Bassem Braiki qui à l'origine étaient specialisés dans une niche totalement différente du football et qui ont peu à peu changer d'angles. 

 

Ce qui a pu être observé chez Quality Report Sports, c'est le fait que la communauté Afro subsaharien semble être particulièrement la plus visée.

Cela peut s'expliquer par le fait que les joueurs de type africains (qu'ils soient nées en France où grandis en France sont nombreux dans cette discipline.

Dans notre investigation, beaucoup de personnes issues de la communauté Afro mettent littéralement des identitaires issus de la communauté maghrebines et extrême droite française dans la même case.

En cause un reportage de BFM TV "ligne rouge" ou dans un extrait avec caméra cachée embarqué ou l'on pouvait écouter des membres d'extrême droite Lyonnaise faire des louanges à Bassem Braiki.

Mais il faut être particulièrement rigoureux ici.

Quality Report Football ne présentera donc pas une accusation circulant sur TikTok ou X comme un fait établi.

C'est une distinction essentielle.


MAROC–ALGÉRIE : QUAND UNE RIVALITÉ SPORTIVE RENCONTRE UNE HISTOIRE POLITIQUE

Certaines rencontres possèdent en outre une charge qui dépasse naturellement le terrain.

Lorsque le Maroc ou l'Algérie joue, des millions de personnes appartenant aux diasporas suivent également les rencontres depuis la France, la Belgique, les Pays-Bas ou ailleurs.

La compétition sportive peut alors rencontrer des questions beaucoup plus sensibles :

identité nationale, relations entre pays, histoire, immigration, diaspora et sentiment d’appartenance.

Une provocation sur un joueur peut être interprétée comme une attaque contre une communauté.

Une célébration peut devenir politique.

Une vidéo humoristique peut être sortie de son contexte.

Et un influenceur disposant d’une communauté importante peut provoquer une réaction en chaîne extrêmement rapidement.

La CAN devient alors une formidable compétition sportive mais également, sur les réseaux sociaux, un gigantesque marché de l’attention.


LE MONDIAL PRODUIT LE MÊME PHÉNOMÈNE À UNE ÉCHELLE ENCORE SUPÉRIEURE

La Coupe du monde constitue probablement le niveau ultime de cette mécanique.

Lors de France–Maroc en décembre 2022, par exemple, la rencontre avait largement dépassé le cadre sportif en France. Les célébrations et les tensions avaient été abondamment commentées politiquement.

Le phénomène ne se limite d'ailleurs pas aux réseaux.

Une analyse récente consacrée aux relations entre activisme politique et supportérisme radical souligne l'existence de passerelles entre certaines factions de hooligans et des mouvements d'ultradroite. L'auteur insiste cependant sur la complexité des différentes tribunes et groupes de supporters : il serait évidemment abusif de généraliser ces phénomènes à l'ensemble du public footballistique.

C'est exactement cette nuance qui doit également s'appliquer aux réseaux sociaux.


LA POLÉMIQUE EST DEVENUE UNE MONNAIE

Pourquoi certains contenus extrêmement clivants fonctionnent-ils aussi bien ?

Parce qu’un réseau social ne mesure pas uniquement l’approbation.

Il mesure également l’interaction.

Un utilisateur furieux peut commenter.

Un adversaire peut partager une vidéo pour la dénoncer.

Quelqu’un peut réaliser une vidéo-réponse.

Un média peut reprendre la séquence.

Une personnalité peut répondre.

Et chaque réaction peut augmenter la visibilité de la polémique initiale.

Ainsi, être détesté peut parfois produire presque autant de visibilité qu’être apprécié.

Le football fournit un combustible extraordinaire à cette économie de l’attention parce qu'il possède déjà trois ingrédients essentiels : passion, identité et rivalité.

Ajoutez-y la politique et les réseaux sociaux et vous obtenez potentiellement une machine à engagement.


SONT-ILS PAYÉS PAR DES AGENCES DE COMMUNICATION ?

C'est probablement la question la plus sensible.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes et aussi certaines investigations soupçonnent parfois des influenceurs ou personnalités de participer à des campagnes coordonnées ou d'être rémunérés par des agences de communication afin d'accroître , diviver et inciter à la haine.

Ce type d'accusation doit être traité avec une extrême prudence.

Une publication simultanée, un argument similaire ou une multiplication soudaine de contenus sur un sujet ne constituent pas, à eux seuls, la preuve d'une rémunération ou d'une campagne organisée.

Pour établir sérieusement l'existence d'une opération rémunérée, il faudrait idéalement disposer d'éléments matériels : contrats, factures, déclarations des parties concernées, documents internes, mentions de partenariat ou enquête journalistique suffisamment documentée.

Nous ne disposons pas de tels éléments concernant les personnes citées ici.

Par conséquent, Quality Report Football ne peut pas affirmer que Balti, Bassem Braiki, Sous l’Atlas, Damien Rieu ou d'autres personnalités seraient payés par une agence pour investir les conversations footballistiques.

La rumeur existe dans certains espaces numériques.

La preuve, elle, doit être démontrée.

Ce sont deux choses radicalement différentes même si certains éléments vont plutôt dans la thèse d'agences marketing ou communication qui soutiendrait ce genres de pratiques peu catholiques.



UNE QUESTION PLUS INTÉRESSANTE QUE CELLE DU « COMPLOT »

Et finalement, l'existence éventuelle d'une agence n'est peut-être même pas nécessaire pour comprendre le phénomène.

Les plateformes fournissent déjà une incitation économique extrêmement puissante.

Un créateur constate qu'une vidéo politique réalise 40 000 vues mais qu'une vidéo concernant une insulte sur un footballeur de type subsaharien ou caucasien ou maghrébin par exemple, va générer 500 000 vues.

Que va-t-il probablement refaire ?

Du football.

Non nécessairement parce qu'une mystérieuse organisation le lui demande, mais parce que l'algorithme vient de lui indiquer où se trouve l'audience.

 

Sachant aussi que le journal Libération avait mené un e investigation qui affirmait que sur certaines plateformes comme X par exemple, l'algorithme avait tendance à booster d'avantage les influenceurs d'extrême droite.

C'est peut-être l'une des transformations les plus importantes de notre paysage médiatique.

La stratégie d'influence n'a plus toujours besoin d'être organisée depuis une salle de réunion.

Elle peut émerger directement des statistiques affichées sur un smartphone.


LE FOOTBALL RISQUE-T-IL DE DEVENIR UN CHAMP DE BATAILLE POLITIQUE ?

En réalité, il l'a toujours été par moments.

La différence tient désormais à la vitesse et à l'échelle.

Autrefois, une déclaration politique autour d'un match ou sur un joueur pouvait apparaître dans un journal le lendemain.

Aujourd'hui, une séquence publiée pendant une rencontre peut accumuler des centaines de milliers de vues avant même le coup de sifflet final.

Et les frontières disparaissent progressivement.

Le supporter devient créateur.

Le militant devient commentateur sportif.

L'influenceur devient analyste politique.

Le responsable politique commente un attaquant.

Et le footballeur répond au responsable politique.

Le conflit Mbappé–Bardella en fournit une démonstration particulièrement claire.


LE FOOTBALL EST-IL UTILISÉ POUR CONQUÉRIR UNE NOUVELLE AUDIENCE ?

Dans certains cas, c'est possible.

Mais démontrer l'intention individuelle est beaucoup plus difficile que constater le résultat.

Et c'est là que notre analyse doit rester rigoureuse.

Nous pouvons mesurer qu'une personnalité parle davantage de football.

Nous pouvons observer que certaines vidéos génèrent davantage de vues.

Nous pouvons étudier les thèmes employés.

Nous pouvons analyser comment une polémique sportive conduit ensuite des internautes vers des contenus politiques ou identitaires.

Mais nous ne pouvons pas transformer automatiquement cette corrélation en intention.

Parler de football n'est pas une preuve de manipulation.

La véritable question journalistique commence précisément après cette distinction mais se servir du football comme influence d'idée politique la en effet on peut comprendre que oui.


LE REGARD DE QUALITY REPORT FOOTBALL

Le danger n'est pas que des personnalités politiques parlent de football.

Elles en ont parfaitement le droit.

Les influenceurs également.

Et les joueurs eux-mêmes ont le droit de parler de société ou de politique. Les controverses entourant Mbappé démontrent justement pourquoi vouloir dresser une frontière hermétique entre citoyens et sportifs est pratiquement impossible.

Le véritable enjeu concerne la transformation du football en instrument de captation émotionnelle.

Lorsqu'une personnalité utilise systématiquement chaque match pour ramener une communauté vers un conflit identitaire, lorsque les joueurs ne sont plus jugés sur leur football mais sur leurs origines, lorsque les sélections deviennent des prétextes pour opposer des populations et lorsque la polémique devient plus importante que le jeu, nous ne sommes progressivement plus dans une conversation sportive.

Nous sommes dans une bataille pour l'attention.

Et le supporter devient la cible.

C'est pourquoi les prochaines CAN, Coupes du monde et grandes compétitions devront également être observées sous cet angle.

Pas pour empêcher la politique d'entrer dans le football.

Elle y est déjà.

Mais pour comprendre qui parle, à quelle audience, à quel moment, avec quel message — et surtout avec quel bénéfice en matière d'influence.

Car derrière le match qui se déroule sur la pelouse, un autre match est désormais joué chaque soir sur nos smartphones.

Et celui-là ne rapporte aucun point au classement.

Il rapporte des vues, des abonnés et de l'influence.

 

Quality Report Football 

Football Fait Contexte 

 

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FAQ — FOOTBALL, POLITIQUE ET INFLUENCE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX

Pourquoi le football attire-t-il des personnalités politiques et des influenceurs qui ne viennent pas du sport ?
Le football rassemble une audience immense et très diverse. Commenter un grand match, une sélection nationale ou une polémique permet potentiellement de toucher des personnes qui ne suivent habituellement pas les contenus politiques ou identitaires la où il y a une énorme ferveur.

Le football peut-il servir à gagner de nouveaux abonnés ?
Oui, comme n’importe quel sujet très populaire. Sur TikTok, X, Instagram ou YouTube, un contenu footballistique peut toucher une nouvelle audience, générer des interactions et conduire certains utilisateurs à découvrir le reste des publications d’un compte.

Cela signifie-t-il que ces personnalités utilisent volontairement le football pour influencer les supporters ?
Pas nécessairement. Observer qu’une personnalité parle de football et gagne de la visibilité ne permet pas, à lui seul, de démontrer son intention. Il faut distinguer une stratégie documentée d’une interprétation de son comportement en ligne.

Pourquoi la CAN est-elle particulièrement exposée aux polémiques identitaires ?
La Coupe d’Afrique des nations mobilise simultanément des millions de supporters en Afrique et dans les diasporas. Football, nationalité, histoire, rivalités et sentiment d’appartenance peuvent alors se croiser, ce qui rend certaines conversations particulièrement émotionnelles sur les réseaux sociaux.

Pourquoi des influenceurs comme Bassem Braiki, Balti ou Sous l’Atlas peuvent-ils se retrouver au centre de ces discussions ?
Les personnalités disposant déjà d’une communauté importante peuvent provoquer beaucoup de réactions lorsqu’elles interviennent sur des sujets mêlant football et identité. Cependant, chaque déclaration doit être examinée individuellement et dans son contexte avant de la qualifier d’extrême ou de lui attribuer une stratégie particulière.

Dans leurs cas leur positionnement dans la niche football en dit long

Quel rôle jouent les algorithmes dans ce phénomène ?
Les plateformes recommandent notamment des contenus susceptibles de provoquer de l’engagement. Une vidéo très commentée, partagée ou contestée peut ainsi obtenir une visibilité considérable, y compris auprès d’utilisateurs qui ne suivent pas son auteur.

Une polémique peut-elle être rentable pour un influenceur ?
Elle peut au minimum générer de la visibilité. Les critiques, commentaires, partages et vidéos-réponses constituent eux aussi des interactions. Cela ne signifie toutefois pas automatiquement qu’une polémique a été volontairement créée dans un objectif financier.

Existe-t-il des preuves que certains influenceurs sont payés par des agences de communication pour parler de football ?
Dans les cas évoqués dans notre article, nous ne disposons pas de preuves matérielles suffisamment solides permettant de l’affirmer. Des soupçons ou similitudes entre publications ne constituent pas u'ne preuve de rémunération ou de coordination.

Comment pourrait-on prouver l’existence d’une campagne d’influence coordonnée ?
Il faudrait disposer d’éléments vérifiables : contrats, paiements, documents internes, déclarations des personnes concernées, mentions commerciales ou enquêtes journalistiques suffisamment documentées. Sans éléments de cette nature, il faut rester prudent.

Jordan Bardella et Damien Rieu peuvent-ils être comparés directement à des influenceurs comme Bassem Braiki ou Balti ?
Pas complètement. Leurs fonctions, parcours, audiences et positionnements sont différents. L’intérêt de les étudier ensemble tient plutôt à leur capacité à intervenir dans des conversations footballistiques alors que leur notoriété principale provient d’autres univers.

Pourquoi les sélections nationales sont-elles particulièrement sensibles à ces phénomènes ?
Une sélection représente davantage qu’un club : elle fait intervenir la nationalité, le drapeau et le sentiment d’appartenance. Dans des sociétés multiculturelles et au sein des diasporas, ces questions peuvent rapidement dépasser le terrain.

Le football est-il en train de devenir un outil politique ?
Football et politique se croisent depuis longtemps. Ce qui change avec les réseaux sociaux est surtout la vitesse de circulation des messages et leur capacité à atteindre directement des millions de personnes, sans passer par les médias traditionnels.

Comment distinguer un véritable amateur de football d’une stratégie de captation d’audience ?
On ne peut pas le déterminer simplement parce qu’une personne publie sur le football. Une analyse sérieuse doit examiner la fréquence des publications, leur évolution dans le temps, les sujets choisis, leur audience et les éventuelles preuves d’une stratégie organisée.

Quel est finalement le principal risque pour les supporters ?
Que leur passion et leurs émotions deviennent un moyen de les attirer vers des affrontements politiques ou identitaires sans qu’ils aient initialement recherché ce type de contenu. C’est pourquoi comprendre les mécanismes de l’économie de l’attention devient aussi important que d’identifier les personnes qui y participent.

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