2026 Getty Images, Crédits : Getty Images, MANCHESTER CITY avec Enzo Maresca

MANCHESTER CITY : COMBIEN 17 ANS DE DOMINATION ONT-ILS RÉELLEMENT RAPPORTÉ ?

 

Pendant près de deux décennies, Manchester City a construit l'une des périodes de domination sportive les plus importantes du football anglais moderne. Titres de Premier League, qualifications répétées en Ligue des champions, revenus commerciaux croissants et puissance salariale ont accompagné la transformation d'un club racheté en 2008 en une puissance mondiale.

Mais les développements intervenus en septembre 2026 donnent désormais une autre dimension à cette période.

Selon plusieurs médias, une commission indépendante a conclu que Manchester City avait enfreint la grande majorité des règles financières faisant l'objet de la procédure engagée par la Premier League. Reuters rapporte que 114 des 115 manquements auraient été retenus. La Premier League n'a toutefois pas publié le jugement complet et refuse pour l'instant de commenter une procédure qu'elle considère confidentielle. Manchester City maintient sa position, affirme que le processus n'est pas terminé et devrait faire appel.

Derrière la bataille juridique apparaît alors une autre question, beaucoup plus économique : quelle quantité de valeur Manchester City a-t-il accumulée pendant cette période, et comment mesurer les conséquences potentielles pour le reste du football anglais ?

£4,963 MILLIARDS DE SALAIRES EN 17 ANS

 

REUTERS et Créateur : Scott Heppell

 

 

La masse salariale constitue un premier indicateur de l'ampleur économique prise par Manchester City.

Selon les calculs publiés par The Athletic dans l'analyse que nous examinons, le club aurait consacré £4,963 milliards aux salaires sur les 17 saisons allant jusqu'à 2024/25.

Plus spectaculaire encore : sur les neuf saisons correspondant à la période 2009/10–2017/18 durant laquelle City était accusé de ne pas avoir fourni des informations financières exactes, le montant atteindrait £1,943 milliard, soit plus de £100 millions de plus que n'importe quel autre club anglais sur cette période.

Ces montants ne constituent pas, à eux seuls, une infraction. Dépenser davantage en salaires que ses concurrents n'est pas une preuve de violation des règles financières. L'enjeu de la procédure porte notamment sur l'exactitude des informations financières communiquées, les revenus de sponsoring, certains coûts et certaines rémunérations.

Mais ils permettent de mesurer l'échelle du phénomène.

Car dans le football moderne, les dépenses ne produisent pas uniquement des coûts. Lorsqu'elles contribuent à constituer une équipe capable de gagner régulièrement, elles peuvent également générer de nouvelles recettes.

LE CERCLE ÉCONOMIQUE DE LA PERFORMANCE

C'est probablement là que l'affaire Manchester City devient plus intéressante du point de vue du sport business.

Un club investit dans son effectif. L'effectif obtient de meilleurs résultats. Ces résultats permettent d'obtenir davantage de prize money, d'accéder à la Ligue des champions et d'accroître l'exposition internationale du club. Cette exposition peut ensuite soutenir les revenus commerciaux, la valeur des partenariats et la croissance de la marque.

Le capital sportif peut donc produire du capital économique.

Puis ce capital économique peut à nouveau être investi dans l'équipe.

INVESTISSEMENT → PERFORMANCE → REVENUS → NOUVEL INVESTISSEMENT

Lorsqu'un tel cycle se répète pendant plusieurs saisons, l'avantage accumulé peut devenir considérable.

C'est précisément pourquoi les règles financières ne concernent pas seulement les comptes d'un club : elles participent au fonctionnement concurrentiel du championnat.

£559,6 MILLIONS DE PAIEMENTS LIÉS AUX PERFORMANCES EN PREMIER LEAGUE

Selon les chiffres cités par The Athletic, la Premier League aurait distribué plus de £6 milliards de paiements liés au mérite à 42 clubs depuis 2009/10.

Manchester City en aurait reçu £559,6 millions, soit environ 9 % du total.

Là encore, ces £559,6 millions ne peuvent pas être présentés comme de l'argent « illégitimement gagné ». Ils correspondent à des performances sportives effectivement réalisées.

La question économique est différente.

Si des violations des règles ont contribué à créer ou préserver un avantage concurrentiel, comment mesurer la valeur économique produite ensuite par cet avantage ?

C'est beaucoup plus complexe que simplement additionner les amendes ou les dépenses.

LA CHAMPIONS LEAGUE, LE DEUXIÈME EFFET

La qualification européenne amplifie encore ce mécanisme.

Manchester City est devenu un participant régulier à la Ligue des champions à partir de la saison 2011/12. La compétition apporte des revenus UEFA, mais également une exposition internationale, davantage de rencontres premium et une plateforme commerciale incomparable.

Chaque place occupée en Ligue des champions signifie cependant qu'un autre club anglais n'y participe pas.

C'est ici qu'apparaît la notion de coût d'opportunité.

The Athletic prend notamment l'exemple de Tottenham. Sur plusieurs saisons de la période étudiée, les Spurs ont terminé immédiatement à l'extérieur des places qualificatives pour la Ligue des champions. Selon ses calculs, Tottenham aurait généré £28,8 millions en Europa League lors de quatre de ces saisons, tandis que City aurait encaissé £141 millions en Ligue des champions sur les mêmes campagnes.

Cela ne signifie pas que Tottenham aurait automatiquement encaissé £141 millions si City n'avait pas occupé ces places. Les performances européennes auraient pu être différentes.

Mais l'écart montre combien une position au classement peut avoir des conséquences économiques très au-delà de la Premier League.

LE DOMMAGE POTENTIEL NE CONCERNE PAS SEULEMENT LES TITRES

C'est peut-être l'aspect le plus difficile à quantifier.

Lorsqu'un club termine deuxième derrière City, la question paraît évidente : aurait-il remporté le championnat dans un autre scénario ?

Mais l'écosystème économique du football est beaucoup plus large.

Un club qui termine cinquième plutôt que quatrième peut perdre une qualification en Ligue des champions.

Un club qui descend d'une position peut percevoir moins de revenus liés au classement.

Une équipe éliminée d'une coupe peut perdre un prize money, une billetterie supplémentaire ou une exposition commerciale.

Un club relégué peut subir une transformation économique beaucoup plus profonde encore.

Il est impossible de reconstruire parfaitement ce qu'aurait été chaque saison dans un univers où Manchester City aurait disposé de ressources différentes. Modifier une équipe modifie les résultats, les transferts, les entraîneurs, les qualifications européennes et potentiellement les décisions prises par tous les autres clubs.

C'est pourquoi impact économique potentiel et dommage juridiquement démontré doivent rester deux notions distinctes.

Cette distinction est d'autant plus importante que plusieurs clubs de Premier League ont déjà sollicité des conseils juridiques sur la possibilité de réclamer une compensation à la suite de la procédure City, selon BBC Sport.

ALORS, COMMENT CELA A-T-IL PU DURER AUSSI LONGTEMPS ?

L'affaire n'est pas réellement restée invisible pendant 17 ans.

En novembre 2018, Der Spiegel a publié des documents internes issus de Football Leaks concernant notamment le financement de certains contrats de sponsoring. L'UEFA puis la Premier League ont enquêté. La Premier League a officiellement annoncé son enquête en mars 2019.

En février 2020, l'UEFA avait même exclu City des compétitions européennes pour deux saisons et infligé une amende de 30 millions d'euros. Manchester City avait fait appel devant le Tribunal arbitral du sport ; l'interdiction européenne avait ensuite été annulée et l'amende réduite.

La procédure anglaise a, elle, continué.

Elle a également donné lieu à des batailles concernant l'accès aux informations. En novembre 2020, un tribunal a ordonné à City de fournir certains documents à la Premier League ; une procédure devant la High Court a suivi en 2021.

En février 2023, après plusieurs années d'enquête, la Premier League a finalement renvoyé Manchester City devant une commission indépendante.

L'audience a commencé le 16 septembre 2024 et s'est terminée le 6 décembre 2024.

Puis il a fallu attendre septembre 2026 pour que les premières informations sur les conclusions émergent.

Autrement dit, l'histoire est moins celle d'un système totalement passé sous le radar que celle de la difficulté et de la lenteur avec lesquelles le football peut enquêter sur des structures financières complexes tout en continuant à organiser ses compétitions.

PENDANT QUE L'ENQUÊTE CONTINUAIT, CITY CONTINUAIT À GAGNER

C'est probablement le paradoxe central de toute l'affaire.

L'enquête de la Premier League a commencé en 2019. Les accusations formelles sont arrivées en 2023. L'audience s'est tenue en 2024. Les conclusions rapportées apparaissent en 2026.

Pendant tout ce temps, Manchester City a continué à participer normalement aux compétitions.

Le club a continué à gagner des trophées, à participer à la Ligue des champions et à générer les revenus associés à ces performances.

Cela ne signifie pas que ces trophées doivent automatiquement être requalifiés ou que leurs revenus doivent être considérés comme indus. Une telle conclusion dépendrait de décisions juridiques et disciplinaires qui ne sont pas encore toutes connues.

Mais cette chronologie expose un problème structurel majeur pour les régulateurs du football :

que se passe-t-il lorsque le temps nécessaire pour déterminer une éventuelle violation est beaucoup plus long que le cycle d'une compétition ?

Une saison dure dix mois.

Cette affaire dure depuis des années.

PEUT-ON CALCULER LE « COÛT MANCHESTER CITY » POUR LA PREMIER LEAGUE ?

Pas avec un chiffre unique sérieux.

Additionner les salaires de City, ses prize money, ses revenus européens et les revenus potentiellement perdus par ses concurrents produirait un chiffre spectaculaire, mais méthodologiquement fragile.

Une analyse rigoureuse devrait construire plusieurs niveaux.

Niveau 1 : valeur directement captée par Manchester City. Paiements liés au classement, revenus UEFA, prize money et autres revenus directement associés aux performances.

Niveau 2 : coût d'opportunité des concurrents. Clubs ayant terminé juste derrière City au championnat, aux places européennes ou dans les compétitions à élimination directe.

Niveau 3 : effets indirects. Exposition médiatique, sponsoring, attractivité auprès des joueurs, coefficients européens, valeur de marque et capacité de réinvestissement.

Niveau 4 : scénario contrefactuel. Ce qui aurait pu se produire sans City à une position donnée — la partie la plus incertaine et donc celle qui nécessite le plus de prudence.

C'est à cette condition qu'une estimation économique aurait du sens.

L'AFFAIRE CITY DÉPASSE DÉSORMAIS MANCHESTER CITY

Le dossier pose finalement une question beaucoup plus large que celle d'un seul club.

À quoi sert une réglementation financière si plusieurs saisons peuvent s'écouler avant qu'une violation présumée puisse être définitivement jugée ?

La Premier League doit concilier deux impératifs contradictoires : respecter les droits de la défense et une procédure juridique complexe, tout en protégeant l'intégrité économique d'une compétition qui se déroule en temps réel.

Manchester City, de son côté, continue de contester les accusations et le club indique que la procédure n'est toujours pas achevée. À ce stade, les sanctions n'ont pas été publiées et le jugement intégral de la commission n'est pas accessible publiquement.

Il serait donc prématuré de déterminer aujourd'hui exactement combien les autres clubs auraient « perdu ».

Mais les montants accumulés pendant cette période montrent déjà quelque chose de fondamental.

Dans le football moderne, un avantage financier éventuel ne produit pas seulement un avantage financier ponctuel.

Il peut produire de meilleures performances.

Les performances produisent des revenus.

Les revenus permettent de renforcer l'effectif.

Et le cycle recommence.

C'est précisément ce mécanisme cumulatif qui pourrait faire de l'affaire Manchester City non seulement l'une des procédures disciplinaires les plus importantes de l'histoire de la Premier League, mais également l'un des cas d'étude économiques les plus importants du football moderne.

 

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Oui — pour l’article Manchester City, je mettrais une FAQ orientée à la fois vers les recherches Google et vers les questions que le lecteur se pose réellement. Comme l’affaire est toujours en cours, il faut éviter de présenter les sanctions ou l’issue de l’appel comme acquises. Les informations publiées le 25 septembre font état de 114 manquements sur 115 retenus, tandis que City indique que la procédure n’est pas terminée et qu’un appel est attendu.

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FAQ — MANCHESTER CITY ET LES RÈGLES FINANCIÈRES DE LA PREMIER LEAGUE

Pourquoi Manchester City faisait-il face à 115 charges ?

La Premier League avait engagé une procédure portant sur plus d’une centaine de manquements présumés à ses règles financières. Les accusations concernaient notamment les informations financières fournies par le club, certains revenus et rémunérations, le respect de réglementations financières ainsi que la coopération avec l’enquête.

Manchester City a-t-il été reconnu coupable des 115 charges ?

Selon les informations publiées le 25 septembre 2026 par plusieurs médias et reprises par Reuters, la commission indépendante aurait retenu 114 des 115 manquements. Manchester City maintient cependant que la procédure reste en cours et confidentielle, et un appel est attendu.

Manchester City a-t-il déjà été sanctionné ?

À ce stade, aucune sanction définitive liée à ces conclusions n’a été publiquement annoncée. Le processus doit encore évoluer, notamment avec l’appel attendu de Manchester City. Il serait donc prématuré d’affirmer que le club subira une relégation, un retrait de points ou une autre sanction précise.

Manchester City peut-il perdre ses titres de Premier League ?

Aucun titre n’a été retiré à Manchester City à ce stade. Les conséquences sportives définitives dépendront des décisions prises dans le cadre de la procédure et de son éventuel appel. Les scénarios évoqués dans la presse ne doivent donc pas être confondus avec une sanction officiellement prononcée.

Pourquoi l’affaire Manchester City a-t-elle pris autant de temps ?

La procédure porte sur plusieurs saisons et sur des questions financières complexes. Après plusieurs années d’enquête, la Premier League avait formellement renvoyé Manchester City devant une commission indépendante en 2023. L’audience s’est ensuite déroulée en 2024 avant les informations publiées sur ses conclusions en septembre 2026.

Combien Manchester City a-t-il dépensé en salaires ?

Selon les données reprises dans l’analyse étudiée par QRS, Manchester City aurait enregistré environ £4,963 milliards de masse salariale cumulée sur 17 saisons jusqu’en 2024/25. Ce montant permet de mesurer la puissance économique développée par le club, mais une masse salariale élevée ne constitue pas en elle-même une violation des règles financières.

Combien Manchester City a-t-il reçu de la Premier League grâce à ses performances ?

Selon les chiffres étudiés dans notre analyse, Manchester City aurait reçu environ £559,6 millions de paiements liés au mérite depuis 2009/10. Ces revenus résultent de ses performances sportives et ne doivent pas être présentés comme des sommes obtenues illégalement.

Les autres clubs de Premier League ont-ils perdu de l’argent à cause de Manchester City ?

Il est impossible d’établir automatiquement un montant. Une position différente au classement aurait pu modifier les paiements de Premier League, les qualifications européennes et certains revenus des clubs concernés. Mais déterminer ce qui se serait produit dans un scénario alternatif nécessite une analyse contrefactuelle et ne constitue pas, en soi, un dommage juridiquement établi.

Pourquoi la Ligue des champions est-elle importante dans cette analyse ?

Une qualification en Ligue des champions génère des revenus UEFA et une exposition internationale importante. Elle peut également influencer la valeur commerciale et la capacité d’investissement d’un club. Une place occupée par une équipe signifie parallèlement qu’un concurrent potentiel n’y accède pas, ce qui crée un coût d’opportunité économique possible.

Comment un avantage financier peut-il se renforcer avec le temps ?

Dans le football professionnel, davantage de ressources peuvent permettre d’améliorer un effectif. De meilleures performances peuvent ensuite générer davantage de prize money, de revenus européens et d’exposition commerciale. Ces nouvelles ressources peuvent être réinvesties dans l’équipe, créant potentiellement un mécanisme cumulatif :

INVESTISSEMENT → PERFORMANCE → REVENUS → RÉINVESTISSEMENT

Les règles financières de Premier League sont-elles toujours les mêmes en 2026/27 ?

Non. Depuis le début de la saison 2026/27, la Premier League a remplacé son ancien système PSR par le Squad Cost Ratio (SCR) et le dispositif Sustainability and Systemic Resilience (SSR). Les pouvoirs permettant de poursuivre les procédures concernant les saisons antérieures sont néanmoins conservés.

Quand connaîtra-t-on définitivement l’issue de l’affaire Manchester City ?

Il n’existe pas encore de date définitive publiquement établie pour la fin de l’ensemble de la procédure. Manchester City devrait contester les conclusions rapportées et aucune sanction définitive n’a encore été annoncée.


 

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