Le Ballon d’Or se gagne d’abord sur un terrain. Mais une fois les performances réalisées, une deuxième compétition commence : celle du récit. Entre communication des clubs, agents, équipementiers, agences de relations publiques, comptes spécialisés sur X et créateurs de contenu, la candidature d’un joueur peut désormais être soutenue par un écosystème capable de produire des statistiques, des comparaisons, des vidéos et des éléments de langage à une vitesse considérable. Le phénomène ne signifie pas que les votes sont achetés ou que le vainqueur est fabriqué : aucune preuve ne permet de généraliser une telle accusation. Il montre en revanche que la bataille pour définir ce que le public doit retenir d’une saison est devenue une véritable discipline du football moderne.
Le mécanisme est d’autant plus intéressant que le Ballon d’Or n’est pas déterminé par un algorithme. Pour le trophée masculin, un jury international de journalistes spécialisés représentant les 100 premiers pays du classement FIFA vote à partir d’une liste de 30 joueurs. Chaque juré classe dix joueurs, auxquels sont attribués respectivement 15, 12, 10, 8, 7, 5, 4, 3, 2 et 1 point. Les trois critères officiels sont les performances individuelles et le caractère décisif ou impressionnant, les performances et succès collectifs, puis la classe et le fair-play.
C’est précisément parce qu’une partie de ces critères nécessite une appréciation humaine que la communication prend de la valeur. Les statistiques peuvent être mesurées ; leur importance relative, beaucoup moins. Entre un attaquant qui marque énormément, un milieu qui contrôle le jeu, un défenseur déterminant dans une équipe championne et un joueur qui brille dans les grands rendez-vous, il faut construire une hiérarchie. Et là où existe une interprétation existe également une possibilité d’influencer le cadre du débat, sans nécessairement influencer directement le bulletin de vote.
LE BALLON D’OR EST AUSSI DEVENU UNE BATAILLE POUR IMPOSER UN « NARRATIF »
Une campagne moderne n’a pas forcément besoin de dire explicitement : « Votez pour notre joueur ». Elle peut être beaucoup plus subtile. Il suffit parfois de répéter certaines statistiques, de sélectionner une période particulièrement favorable, de mettre en avant un record sans son contexte, de comparer deux candidats sur les indicateurs qui avantagent l’un d’eux ou de multiplier les contenus autour d’une même idée : « décisif dans les grands matchs », « joueur le plus complet », « meilleur joueur de la meilleure équipe », « saison historique ».

PHOTO BAZIZ CHIBANE - VDN
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C’est ici qu’apparaît ce que l’on pourrait appeler le lowballing narratif : minimiser systématiquement les arguments d’un concurrent tout en maximisant ceux de son propre candidat. Un joueur marque davantage ? On répond que les trophées collectifs comptent davantage. Le concurrent possède plus de trophées ? On déplace le débat vers les statistiques individuelles. Il possède également les meilleures statistiques ? On invoque alors l’impact visuel, la difficulté du championnat, les grands matchs ou le fair-play. Les critères de comparaison changent au rythme de ce qui sert le récit.
Ce procédé n’est évidemment pas propre au Ballon d’Or et n’implique pas nécessairement une opération coordonnée. Les supporters le pratiquent spontanément depuis toujours. La différence contemporaine réside dans la puissance de distribution offerte par les réseaux sociaux et dans la professionnalisation du marketing sportif.
L’EXEMPLE D’UNE ÉTRANGE PROPOSITION DE CAMPAGNE PAYANTE AUTOUR D’OUSMANE DEMBÉLÉ
L’un des cas les plus instructifs est apparu pendant la campagne du Ballon d’Or 2025. Le journaliste australien Neal Gardner a rendu public un courriel reçu d’une agence marketing lui proposant une collaboration rémunérée autour de la candidature d’Ousmane Dembélé. Selon le message rapporté par plusieurs médias, le projet envisageait trois publications sur X par semaine pendant un mois afin de renforcer le récit autour des performances et de l’impact du Français. La proposition demandait également de la discrétion.
Mais ce cas nécessite une précision essentielle. L’entreprise concernée, Bangrr International, a affirmé que le courriel avait été envoyé de manière spéculative par une stagiaire de 18 ans qui cherchait à connaître les tarifs pratiqués par les influenceurs, sans mandat de l’agence ni d’un tiers. Les représentants de Dembélé ont également nié toute implication. De plus, le vote du Ballon d’Or 2025 était déjà terminé lorsque Gardner a été contacté. Il serait donc factuellement incorrect de présenter cet épisode comme la preuve d’une campagne secrète commandée par Dembélé, son entourage ou le PSG.
L’intérêt de l’affaire est ailleurs : le produit proposé existe conceptuellement. Une agence avait imaginé payer une personnalité crédible de l’écosystème football pour publier régulièrement des messages favorables à un candidat. Ce n’était plus une bannière publicitaire portant le logo d’un sponsor, mais une tentative de faire circuler un discours promotionnel à travers une voix susceptible d’être perçue comme indépendante.
QUAND LA FRONTIÈRE ENTRE MÉDIA, INFLUENCEUR ET MARKETING DEVIENT FLOUE
C’est probablement l’un des enjeux les plus importants. Sur X, Instagram, TikTok ou YouTube, l’apparence d’un média est devenue extrêmement facile à reproduire : un nom comportant « Football », « News », « Transfer », « Data » ou « Media », un logo, quelques dizaines de milliers d’abonnés et une publication intensive peuvent donner à un compte une apparence éditoriale.
Mais l’apparence d’un média ne garantit pas l’indépendance éditoriale. Un compte peut être un média réel, une page de supporters, un agrégateur, un influenceur, une entreprise marketing ou une activité hybride. Il peut également republier des informations provenant d’autres journalistes sans disposer de ses propres sources.
Cela devient problématique lorsqu’un contenu promotionnel prend volontairement l’apparence d’une information indépendante. Une publicité clairement identifiée reste une publicité. Un post sponsorisé correctement signalé reste compréhensible pour le lecteur. Mais lorsque l’origine commerciale d’un message disparaît, l’utilisateur peut croire qu’il assiste à l’émergence spontanée d’un consensus.
C’est exactement ce qui donne autant de valeur aux comptes disposant d’une réputation de neutralité : leur capital commercial n’est pas seulement leur audience, mais la confiance accordée à leur parole.
L’« ARMÉE NUMÉRIQUE » : ATTENTION À NE PAS CONFONDRE MOBILISATION ET OPÉRATION COORDONNÉE
Le terme « armée numérique » doit néanmoins être utilisé avec prudence. Voir des milliers de supporters défendre simultanément un joueur ne prouve absolument pas qu’une agence les dirige. Les grandes communautés de supporters peuvent produire naturellement des hashtags, montages, statistiques, comparaisons et campagnes virales sans aucune coordination commerciale.

FBL-AWARD-BALLON D'OR-2024 - AFP
Une véritable opération organisée nécessiterait des éléments supplémentaires : consignes communes, financement identifiable, comptes contrôlés par une même structure, publications programmées, éléments de langage distribués ou autres preuves de coordination.
Sans ces éléments, QRS ne devrait pas présenter une vague de publications comme une « armée payée ». La distinction entre fandom organique, stratégie officielle de communication et influence rémunérée dissimulée est fondamentale.
LES CLUBS, EUX, ASSUMENT DAVANTAGE LEUR LOBBYING
À l’inverse, certaines campagnes institutionnelles sont beaucoup plus visibles. En 2025, le PSG a clairement soutenu Ousmane Dembélé après son triomphe en Ligue des champions. L’Équipe décrivait une stratégie de communication destinée à pousser sa candidature, tandis que Le Monde a rapporté que le club avait choisi de concentrer son soutien sur Dembélé afin notamment d’éviter un éparpillement des voix entre plusieurs joueurs parisiens. Le président Nasser Al-Khelaïfi avait lui-même publiquement défendu la candidature de son attaquant.
Le FC Barcelone s’est lui aussi activé autour de Lamine Yamal durant cette campagne, même si L’Équipe décrivait une stratégie plus discrète.
Ces opérations ne sont pas en elles-mêmes une fraude. Un club possède parfaitement le droit de promouvoir les performances de ses joueurs. Mais elles montrent que le Ballon d’Or est suffisamment important pour qu’une organisation mobilise ses ressources de communication autour d’un candidat.
2024 : VINICIUS, RODRI ET LA PUISSANCE D’UNE GUERRE DE RÉCITS
Le Ballon d’Or 2024 fournit un autre exemple de la puissance de ces récits. Le Real Madrid avait décidé de ne pas se rendre à la cérémonie après avoir appris que Vinicius Junior ne serait pas récompensé. Rodri a finalement remporté le trophée et Vinicius a terminé deuxième.
Dans les heures suivantes, plusieurs coéquipiers et personnalités ont publiquement soutenu Vinicius. Eduardo Camavinga a notamment affirmé sur X que son coéquipier était le meilleur joueur du monde, tandis que l’entourage du Brésilien a déclaré à Reuters penser que son combat contre le racisme avait joué dans sa défaite. Il s’agissait de leur interprétation ; France Football n’avait pas confirmé cette explication.
L’épisode illustre parfaitement le phénomène : le résultat officiel ne met plus fin à la bataille narrative. Une deuxième compétition commence immédiatement pour expliquer pourquoi un joueur a gagné ou pourquoi un autre a perdu.
LES AGENTS ONT AUSSI UN INTÉRÊT ÉCONOMIQUE À L’IMAGE DU JOUEUR
Un Ballon d’Or possède une dimension sportive évidente, mais l’image d’un joueur constitue également un actif commercial. Plus un joueur devient visible, plus son nom peut intéresser les sponsors, augmenter sa puissance sur les réseaux sociaux et renforcer son poids dans certaines négociations commerciales ou contractuelles.
Cela crée naturellement des intérêts convergents autour de sa réputation : joueur, club, agent, sponsors, équipementier et partenaires peuvent tous bénéficier, à différents degrés, d’une exposition mondiale accrue.
Mais il faut là encore éviter un raccourci : avoir un intérêt économique à la victoire d’un joueur ne prouve pas que son agent ou son sponsor manipule le vote. L’intérêt économique explique pourquoi des campagnes de communication peuvent exister ; il ne démontre pas une fraude.
LES MARQUES PRÉPARENT MÊME LA VICTOIRE AVANT DE CONNAÎTRE LE RÉSULTAT

Image AFP
L’après-Ballon d’Or 2025 a donné une illustration spectaculaire de la sophistication de ces opérations. Adidas avait préparé plusieurs semaines à l’avance des contenus avec Ousmane Dembélé afin de pouvoir les diffuser rapidement en cas de victoire. La marque avait également organisé des préparatifs autour de Lamine Yamal, son autre candidat majeur. Après le sacre de Dembélé, la campagne préparée a pu être déployée immédiatement, avec contenus numériques, produits spécifiques et activation en boutique.
Ce point est important : préparer une campagne avant l’annonce du résultat ne signifie pas connaître le vainqueur à l’avance. L’Équipe rapporte précisément que le secret avait été conservé malgré les demandes et pressions autour de l’organisation. Les marques préparent plusieurs scénarios afin d’être capables de communiquer instantanément lorsque le résultat tombe.
X EST DEVENU LE TERRAIN IDÉAL POUR FABRIQUER UNE IMPRESSION DE CONSENSUS
La mécanique de X est particulièrement adaptée aux campagnes narratives. Une statistique simple, une image comparative ou une vidéo de trente secondes peut être copiée par des centaines de comptes en quelques heures. Après suffisamment de répétitions, le lecteur peut avoir l’impression que « tout le monde dit la même chose ».
C’est là que se situe une forme puissante d’influence : la répétition ne transforme pas une opinion en fait, mais elle peut transformer une opinion en perception dominante.
Prenons une comparaison fictive uniquement pour expliquer la méthode : si un compte sélectionne cinq statistiques dans lesquelles le joueur A domine le joueur B et ignore quinze indicateurs favorables au joueur B, les cinq chiffres publiés peuvent être parfaitement vrais tout en produisant une représentation incomplète. Ce n’est pas nécessairement une fake news. C’est de la sélection narrative.
Le travail d’un média consiste justement à réintroduire ce qui manque : période analysée, compétition, minutes jouées, penalties, rôle tactique, qualité de l’opposition, performances collectives, méthodologie et source des données.
LE « BLUFF » LE PLUS EFFICACE N’EST PAS FORCÉMENT LE MENSONGE
Dans cette économie de l’attention, une information fausse peut être rapidement démontée. Une information vraie mais privée de son contexte est parfois beaucoup plus efficace.
« Premier joueur depuis X à réaliser Y », « meilleur joueur européen sur cette statistique », « aucun joueur n’a fait mieux depuis 20 ans » : ces formulations peuvent être exactes et néanmoins dépendre d’un filtre extrêmement précis. Plus la combinaison de critères est étroite, plus il devient facile de fabriquer un record.
C’est pourquoi une statistique spectaculaire devrait toujours entraîner plusieurs questions : qui produit la donnée ? Quelle période couvre-t-elle ? Quel est l’échantillon ? Pourquoi cette métrique a-t-elle été choisie ? Quelle est la position du joueur sur d’autres indicateurs pertinents ?
Pour Google également, cette distinction est stratégique. Un média qui se contente de reproduire les mêmes chiffres et tweets que des centaines de comptes entre en concurrence avec des contenus pratiquement interchangeables. Un média qui retrouve la source primaire, explique la méthodologie et confronte les données produit une valeur éditoriale beaucoup plus identifiable.
LE PARADOXE : ON PEUT INFLUENCER LA CONVERSATION SANS CONTRÔLER LE VOTE
C’est probablement la conclusion la plus importante. Les campagnes numériques peuvent amplifier une candidature, imposer certaines statistiques et rendre un joueur omniprésent dans la conversation. Elles peuvent éventuellement atteindre des journalistes qui votent, puisque ceux-ci évoluent dans le même environnement médiatique que tout le monde.
Mais cela ne permet pas d’affirmer qu’elles déterminent le Ballon d’Or. Cent journalistes votent individuellement pour le trophée masculin et le système attribue des points selon leur classement.
Entre influencer l’environnement informationnel et manipuler effectivement un vote, il existe donc une différence considérable.
C’est précisément cette zone grise qui mérite d’être étudiée.
LE BALLON D’OR EST DEVENU UNE COMPÉTITION À DEUX TERRAINS
Le premier terrain reste celui que personne ne peut complètement fabriquer : les matchs. Il faut jouer, gagner, marquer, créer, défendre et répondre présent lorsque les trophées se décident.
Le deuxième terrain commence ensuite. Clubs, agents, sponsors, agences marketing, médias, influenceurs, comptes X et communautés de supporters se disputent l’interprétation de ces performances.
Le danger ne serait donc pas nécessairement qu’une mystérieuse organisation puisse « acheter » un Ballon d’Or. Les exemples documentés disponibles ne permettent pas d’établir une telle conclusion. Le phénomène beaucoup plus crédible et observable est celui d’une industrialisation de la bataille narrative : faire en sorte qu’au moment où un journaliste, un supporter ou un observateur pense au meilleur joueur de la saison, un nom, une statistique et une histoire lui viennent immédiatement à l’esprit.
Dans le football moderne, la performance produit le candidat. La communication tente ensuite de produire l’évidence.
Et à l’époque des algorithmes, des comptes anonymes, des campagnes d’influence et des contenus capables de traverser la planète en quelques minutes, comprendre qui raconte l’histoire, qui la finance et d’où proviennent les chiffres devient presque aussi important que l’histoire elle-même.
DERRIÈRE LE BALLON D’OR, IL Y A AUSSI UNE BATAILLE POUR CONTRÔLER LE RÉCIT
Qui construit les narratifs autour des favoris du Ballon d’Or ? Comment les clubs, agences marketing, agents, sponsors, comptes X et communautés numériques peuvent-ils amplifier une candidature ? Et comment distinguer une campagne de communication légitime d’un contenu promotionnel présenté comme indépendant ?
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Football Fait Contexte
FAQ — BALLON D’OR, MARKETING, LOBBYING ET INFLUENCE SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX
LES CLUBS FONT-ILS CAMPAGNE POUR LEURS JOUEURS AU BALLON D’OR ?
Oui. Les clubs peuvent utiliser leurs propres canaux de communication pour mettre en avant les performances, statistiques, trophées et moments marquants de leurs joueurs. Cela relève de la communication sportive et ne constitue pas, en soi, une manipulation du vote du Ballon d’Or.
LES AGENTS PEUVENT-ILS PROMOUVOIR UN JOUEUR POUR LE BALLON D’OR ?
Un agent ou l’entourage d’un joueur a naturellement intérêt à valoriser son image et ses performances. Une récompense comme le Ballon d’Or peut renforcer considérablement la visibilité internationale d’un joueur. Cela ne permet toutefois pas d’affirmer qu’un agent influence directement les jurés ou contrôle le résultat du vote sans éléments permettant de le démontrer.
DES AGENCES MARKETING PEUVENT-ELLES PARTICIPER À UNE CAMPAGNE POUR LE BALLON D’OR ?
Oui, des agences de communication ou de marketing peuvent travailler sur l’image et la visibilité d’un sportif. Un exemple particulièrement discuté est apparu en 2025 lorsqu’un journaliste a rendu publique une proposition de contenus rémunérés concernant Ousmane Dembélé. L’agence concernée a ensuite affirmé que cette démarche avait été effectuée de manière spéculative et sans autorisation, tandis que les représentants du joueur ont nié toute implication. Cet épisode ne constitue donc pas une preuve que Dembélé ou son entourage avait commandé une campagne secrète.
EXISTE-T-IL DE « FAUX MÉDIAS » UTILISÉS POUR PROMOUVOIR DES JOUEURS ?
Il existe sur les réseaux sociaux de nombreux comptes dont la présentation ressemble à celle d’un média alors qu’ils peuvent être des agrégateurs, pages de supporters, influenceurs ou activités commerciales. Leur existence ne signifie pas automatiquement qu’ils participent à une campagne organisée. La question essentielle est de savoir qui édite le compte, d’où viennent ses informations et si une éventuelle relation commerciale est clairement signalée.
QU’EST-CE QU’UNE « ARMÉE NUMÉRIQUE » DANS LE FOOTBALL ?
L’expression peut désigner un grand nombre de comptes diffusant simultanément des messages similaires pour défendre un joueur, un club ou une cause. Mais une forte mobilisation sur X ne suffit pas à prouver l’existence d’une opération coordonnée. Des preuves de financement, de contrôle commun, de consignes ou d’organisation seraient nécessaires pour établir une campagne structurée.
LES SUPPORTERS PEUVENT-ILS INFLUENCER LA COURSE AU BALLON D’OR SUR X ?
Les supporters ne votent pas directement pour le Ballon d’Or masculin, mais ils peuvent contribuer à rendre certains récits, statistiques, vidéos ou comparaisons extrêmement visibles. Cette influence sur la conversation publique doit être distinguée d’une influence démontrée sur les bulletins des journalistes qui composent le jury.
COMMENT FONCTIONNE LE VOTE DU BALLON D’OR MASCULIN ?
Le trophée masculin est attribué par un jury international de journalistes spécialisés représentant les 100 premiers pays du classement FIFA. Chaque juré établit un classement de dix joueurs parmi les 30 nommés. Les joueurs reçoivent ensuite des points en fonction de leur position dans chaque bulletin.
QUELS SONT LES CRITÈRES DU BALLON D’OR ?
Les critères portent notamment sur les performances individuelles et le caractère décisif ou impressionnant du joueur, les performances et succès collectifs, ainsi que la classe et le fair-play. Ces critères laissent nécessairement une part d’appréciation aux journalistes votants.
UNE CAMPAGNE MARKETING PEUT-ELLE FAIRE GAGNER LE BALLON D’OR ?
Il n’existe pas de base permettant d’affirmer qu’une campagne marketing suffit à faire gagner le trophée. Elle peut augmenter la visibilité d’une candidature et contribuer à installer certains arguments dans le débat public, mais cela ne démontre pas qu’elle détermine les votes individuels du jury.
QU’EST-CE QUE LE « LOWBALLING » DANS UNE CAMPAGNE AUTOUR DU BALLON D’OR ?
Dans ce contexte, le terme peut décrire une stratégie consistant à minimiser systématiquement les performances d’un concurrent tout en maximisant celles du candidat soutenu. Cela peut passer par une sélection avantageuse des statistiques, des comparaisons asymétriques ou un changement constant des critères utilisés. Il s’agit ici d’un mécanisme rhétorique, pas d’une catégorie officielle du Ballon d’Or.
UNE STATISTIQUE VRAIE PEUT-ELLE ÊTRE TROMPEUSE ?
Oui. Une statistique peut être factuellement correcte tout en donnant une représentation incomplète si la période, l’échantillon, les compétitions, les minutes jouées ou les autres indicateurs pertinents ne sont pas précisés. C’est pourquoi la source et la méthodologie sont aussi importantes que le chiffre lui-même.
POURQUOI LES COMPTES X SONT-ILS IMPORTANTS DANS LA COURSE AU BALLON D’OR ?
X permet à une statistique, une vidéo ou un argument d’être reproduit très rapidement par de nombreux comptes. Cette répétition peut augmenter fortement la visibilité d’un narratif. Elle ne prouve cependant ni que les comptes sont coordonnés ni que le récit influence effectivement le résultat du Ballon d’Or.
COMMENT RECONNAÎTRE UNE CAMPAGNE PROMOTIONNELLE DÉGUISÉE EN INFORMATION ?
Plusieurs éléments doivent inciter à vérifier davantage : absence de source primaire, statistiques sans méthodologie, mêmes formulations reproduites par différents comptes, publication commerciale non signalée ou compte dont l’identité éditoriale est difficile à établir. Aucun de ces indices, pris isolément, ne prouve toutefois l’existence d’une opération coordonnée.
LE BALLON D’OR EST-IL MANIPULÉ PAR LES CLUBS, LES AGENTS OU LES AGENCES MARKETING ?
Les exemples documentés permettent de constater l’existence de campagnes de communication et d’une compétition importante pour contrôler le récit autour des candidats. Ils ne permettent pas de conclure de manière générale que le résultat du Ballon d’Or est manipulé par les clubs, agents ou agences marketing.
POURQUOI LE BALLON D’OR REPRÉSENTE-T-IL UN ENJEU DE FOOTBALL BUSINESS ?
Le Ballon d’Or apporte une exposition mondiale exceptionnelle au joueur récompensé. Cette visibilité peut avoir une valeur pour son club, ses partenaires commerciaux, ses sponsors et son image personnelle. C’est pourquoi la course au trophée dépasse aujourd’hui largement la seule dimension sportive.
QUELLE DIFFÉRENCE ENTRE LOBBYING, MARKETING ET MANIPULATION DU BALLON D’OR ?
Le marketing consiste à promouvoir l’image et les performances d’un joueur. Le lobbying, au sens large employé dans le débat sportif, désigne les efforts visant à convaincre ou à installer une candidature dans la conversation. La manipulation supposerait des pratiques destinées à fausser indûment le processus ou le vote et nécessite donc des preuves beaucoup plus solides. Confondre ces trois notions conduit facilement à des accusations qui ne sont pas établies.
QUEL EST LE PRINCIPAL RISQUE POUR LES MÉDIAS ET LES SUPPORTERS ?
Le principal risque est de confondre popularité d’un narratif et solidité de l’information. Lorsqu’une affirmation est répétée des milliers de fois, son origine peut devenir invisible. Pour un média comme Quality Report Sports, la réponse consiste à remonter aux sources primaires, vérifier les chiffres, expliquer leur contexte et distinguer clairement faits, communication commerciale et opinions.