Image GETTY VAR premier League

ERREUR VAR : UN MATCH PEUT-IL ÊTRE REJOUÉ ET COMBIEN PEUT COÛTER UN POINT EN PREMIER LEAGUE ?

Oui. Et cet angle peut être très fort pour Google parce qu'il réunit règlement + VAR + Premier League + Football Business. J'ai vérifié les chiffres avant rédaction : je distingue volontairement les montants réellement documentés des scénarios hypothétiques.

ERREUR VAR RECONNUE : UN MATCH PEUT-IL ÊTRE REJOUÉ — ET COMBIEN PEUT COÛTER FINANCIÈREMENT UN SEUL POINT EN PREMIER LEAGUE ?

Une erreur est reconnue. Les arbitres VAR sont écartés. Mais le résultat, lui, reste inscrit au classement.

Après la victoire 1-0 de Manchester City contre Manchester United le 13 septembre 2026, Pro Ref a reconnu une erreur dans le processus VAR ayant conduit à l'attribution du but décisif d'Erling Haaland. Matt Donohue, VAR de la rencontre, et Blake Antrobus, assistant VAR, n'ont ensuite reçu aucune désignation pour la journée suivante de Premier League.

Une situation qui soulève une question beaucoup plus importante que la seule polémique arbitrale : si une erreur est officiellement reconnue, pourquoi le match n'est-il pas rejoué ?

Et surtout, que se passe-t-il si, au mois de mai, le point potentiellement perdu dans cette rencontre sépare Manchester United d'une place européenne, d'une qualification en Ligue des champions ou, pour un autre club, du maintien ?

À ce moment-là, une erreur arbitrale peut entrer dans un univers où les enjeux ne se comptent plus seulement en points.

Ils peuvent se compter en millions.

UNE ERREUR VAR RECONNUE NE SIGNIFIE PAS QU'UN MATCH DOIT ÊTRE REJOUÉ

Sur ce point, les règles sont particulièrement importantes.

Le protocole VAR de l'IFAB prévoit explicitement qu'en principe, un match n'est pas invalidé en raison d'une décision erronée impliquant le VAR.

Cela vaut également pour une décision de ne pas analyser un incident ou pour l'analyse d'une situation qui n'aurait pas dû faire l'objet d'une review.

Autrement dit :

erreur VAR reconnue ≠ match automatiquement annulé.

C'est fondamental pour comprendre le cas Manchester United–Manchester City.

Pro Ref a reconnu que le VAR n'avait pas correctement pris en compte l'influence potentielle d'Enzo Fernández, qui avait tenté de jouer le ballon depuis une position de hors-jeu. L'organisme arbitral a estimé qu'une on-field review aurait dû être recommandée.

Mais cette reconnaissance n'efface pas automatiquement ce qui s'est passé sur le terrain.

Manchester City conserve donc sa victoire 1-0 et ses trois points.

LE PRÉCÉDENT LIVERPOOL–TOTTENHAM EST TRÈS IMPORTANT

L'histoire récente de la Premier League offre déjà un précédent spectaculaire.

En septembre 2023, Luis Díaz avait marqué contre Tottenham. Le but avait été incorrectement refusé pour hors-jeu et PGMOL avait ensuite reconnu une « significant human error ».

Liverpool avait finalement perdu 2-1.

Jürgen Klopp avait publiquement estimé qu'un replay constituait la bonne solution.

Pourtant, BBC Sport rapportait qu'il n'y avait aucune perspective que la Premier League envisage de rejouer la rencontre.

Les officiels responsables avaient été retirés de certaines désignations et les procédures VAR avaient été modifiées.

Le résultat, lui, était resté.

Le parallèle avec le derby de Manchester est évident : l'institution peut reconnaître l'erreur et prendre des mesures concernant les arbitres sans modifier le résultat sportif.

MAIS ALORS, COMBIEN VAUT UN POINT DE PREMIER LEAGUE ?

C'est ici que la question devient économique.

Il n'existe pas de tarif officiel disant :

1 point de Premier League = £X millions.

Un point obtenu en septembre n'a d'ailleurs pas nécessairement la même importance économique qu'un point décisif lors de la dernière journée.

Mais il existe une première valeur que l'on peut mesurer : la position finale au classement.

La Premier League distribue une partie de ses revenus selon le classement final. Le champion reçoit 20 unités de merit payment, le deuxième 19, et ainsi de suite jusqu'au vingtième.

Pour la saison 2024/25, la Premier League indique que chaque place supplémentaire valait approximativement £2,6 millions en merit payments.

Voilà notre premier chiffre solide.

UNE PLACE AU CLASSEMENT : ENVIRON £2,6 MILLIONS SUR CETTE BASE HISTORIQUE

Si un point permet à un club de terminer 8e au lieu de 9e, par exemple, ce point peut indirectement être associé à une différence de classement ayant une valeur de plusieurs millions.

Sur la référence 2024/25 publiée par la Premier League :

+1 place ≈ +£2,6 M de merit payment.

Deux places représenteraient donc environ £5,2 M sur cette même base.

Trois places : environ £7,8 M.

Mais attention : ce calcul ne signifie absolument pas qu'une erreur arbitrale ayant potentiellement coûté un point donne droit à £2,6 millions de compensation.

Ce sont deux questions différentes.

SCÉNARIO 1 — UN POINT FAIT PERDRE UNE PLACE : ENVIRON £2,6 M SUR LA RÉFÉRENCE 2024/25

Imaginons qu'à la fin d'une saison deux clubs soient séparés par un point.

Le premier termine 7e.

L'autre 8e.

Si l'on utilise uniquement le barème de merit payment 2024/25 comme ordre de grandeur historique, la différence d'une position représentait environ £2,6 millions.

Cette différence est mesurable.

En revanche, dire :

« l'arbitre a coûté £2,6 M au club »

serait impossible à établir simplement à partir d'une décision litigieuse.

Pourquoi ?

Parce qu'un championnat compte 38 rencontres et des centaines d'événements susceptibles de modifier son classement.

SCÉNARIO 2 — LE POINT QUI SÉPARE DE LA LIGUE DES CHAMPIONS

Ici, nous changeons complètement d'échelle.

Les derniers chiffres de distribution détaillés publiés par l'UEFA donnent une idée très précise de ce qui est en jeu.

Dans le système 2024-27, un club qualifié pour la phase de ligue de Champions League peut compter sur une allocation de départ de :

€18,62 millions.

Et ce n'est que le début.

L'UEFA prévoit ensuite des primes de performances :

€2,1 millions par victoire en phase de ligue et €700 000 par match nul, auxquelles s'ajoutent un bonus de classement et le « value pillar ».

Le montant de €18,62 M ne représente donc pas la valeur totale d'une qualification en Champions League.

C'est seulement l'une des composantes garanties de la distribution pour les clubs participant à la phase de ligue dans ce cycle.

À cela peuvent s'ajouter performances, classement, value pillar, billetterie et effets commerciaux.

UN SEUL MATCH DE CHAMPIONS LEAGUE PEUT DÉJÀ RAPPORTER €2,1 M DE PRIME POUR UNE VICTOIRE

Cette donnée permet de comprendre la dimension économique.

Une qualification européenne ne signifie pas seulement accéder à une compétition prestigieuse.

Elle ouvre l'accès à un système complet de redistribution.

L'enveloppe prévue pour la Champions League et la Super Coupe en 2025/26 était de €2,467 milliards, dont €670 M d'allocations égales, €914 M liés aux performances et €853 M pour le value pillar.

Un club qui manque la Champions League ne « perd » donc pas simplement €18,62 M.

Il renonce à l'accès potentiel à tout cet écosystème de revenus.

Mais, encore une fois, on ne peut pas attribuer cette somme à une décision arbitrale précise.

SCÉNARIO 3 — LE POINT QUI DÉCIDE D'UNE RELÉGATION

C'est probablement le scénario financièrement le plus violent.

Pour mesurer l'écart économique entre Premier League et Championship, un chiffre très récent donne une idée de l'ordre de grandeur.

En mai 2026, Deloitte estimait que le vainqueur de la finale des play-offs de Championship entre Hull City et Middlesbrough obtiendrait au moins £205 millions de revenus supplémentaires sur trois saisons grâce à son accession en Premier League.

Et si le club réussissait à se maintenir dès sa première saison, l'avantage potentiel pouvait atteindre environ £365 millions.

Attention à l'interprétation : £205 M n'est pas le “coût officiel d'une relégation”, et encore moins la valeur d'un point.

Deloitte mesure ici l'augmentation de revenus liée à une promotion pour ces clubs particuliers, notamment grâce aux revenus de diffusion, commerciaux et de matchday.

Mais le chiffre révèle l'ordre de grandeur économique qui sépare aujourd'hui les deux divisions.

£2,6 M, €18,62 M, £205 M : TROIS CHIFFRES QUI NE RACONTENT PAS LA MÊME CHOSE

C'est probablement le tableau le plus important de cette analyse :

Situation économique Chiffre documenté Ce que le chiffre signifie réellement
Une place supplémentaire en Premier League ≈ £2,6 M Valeur approximative d'une place en merit payment en 2024/25
Qualification en phase de ligue de Champions League €18,62 M Allocation de départ par club dans le cycle UEFA actuel
Une victoire en phase de ligue de C1 €2,1 M Prime UEFA par victoire
Un nul en phase de ligue de C1 €700 000 Prime UEFA par match nul
Promotion Championship → Premier League, cas play-off 2026 ≥ £205 M Hausse de revenus estimée sur trois saisons pour le vainqueur
Même promotion + maintien la saison suivante ≈ £365 M Hausse potentielle estimée par Deloitte

 

Ces chiffres permettent de mesurer les enjeux.

Ils ne permettent pas de calculer le préjudice causé par une erreur VAR particulière.

Cette distinction est essentielle.

ALORS, L'ERREUR DU DERBY A-T-ELLE COÛTÉ TROIS POINTS À MANCHESTER UNITED ?

Non. On ne peut pas l'affirmer.

Le score était de 0-0 avant le but de Haaland et Manchester City s'est finalement imposé 1-0.

Mais supprimer mentalement le but ne permet pas de conclure que la rencontre se serait terminée 0-0.

Le comportement des deux équipes aurait pu changer.

Manchester United aurait pu marquer.

Manchester City aurait pu marquer autrement.

Le résultat aurait pu être une victoire de United, un nul ou une victoire de City.

C'est ce qu'on appelle un contrefactuel : nous savons ce qui s'est réellement produit, mais nous ne pouvons pas observer ce qui se serait produit si la décision avait été différente.

Par conséquent, il serait également incorrect d'écrire que l'erreur a coûté « un point » à Manchester United.

Elle a affecté une action décisive d'un match que United a perdu.

C'est différent.

ET SI UNITED MANQUE LA CHAMPIONS LEAGUE D'UN POINT EN MAI ?

C'est précisément là que le débat deviendrait explosif.

Imaginons qu'au terme de la saison Manchester United termine à un point de la dernière place qualificative pour la Champions League.

Il serait tentant de revenir au derby et d'écrire :

« Cette erreur VAR a coûté la Champions League à Manchester United. »

Mais ce raisonnement resterait juridiquement et économiquement extrêmement fragile.

Pourquoi sélectionner cette décision et non un penalty manqué en février ?

Pourquoi cette rencontre et non une avance perdue dans un autre match ?

Pourquoi supposer que le derby aurait terminé sur un nul ?

Le classement est le résultat cumulé de 38 journées.

On pourrait mesurer avec précision la différence de revenus entre les deux positions finales, mais beaucoup plus difficilement démontrer qu'une seule décision arbitrale est la cause de cette différence.

PEUT-ON ALORS RÉCLAMER UNE COMPENSATION FINANCIÈRE ?

Il n'existe pas de mécanisme automatique selon lequel une erreur VAR reconnue déclenche une indemnisation correspondant aux points ou aux revenus potentiellement perdus.

Et le protocole IFAB va même dans une direction particulièrement importante : une décision VAR erronée n'invalide en principe pas le match.

Le résultat sportif reste donc la référence.

C'est précisément pourquoi la question financière est si difficile.

Pour indemniser un club, il faudrait non seulement identifier l'erreur, mais établir le préjudice économique et surtout démontrer un lien de causalité entre cette erreur et la perte financière réclamée.

Dans un match de football, cette causalité est particulièrement difficile à isoler.

LE PARADOXE DU DERBY DE MANCHESTER

L'affaire Manchester United–Manchester City produit finalement une situation presque paradoxale.

Pro Ref reconnaît une erreur.

Les responsables VAR subissent une conséquence professionnelle.

Manchester United conserve la défaite.

Manchester City conserve les trois points.

Le match n'est pas automatiquement rejoué.

Aucune compensation financière automatique n'est déclenchée.

Matt Donohue et Blake Antrobus ont effectivement été écartés des désignations de Premier League pour le week-end suivant, avec un retour qui n'était pas attendu avant au moins après la trêve internationale.

L'institution peut donc sanctionner les conséquences professionnelles de l'erreur sans pouvoir reconstruire les conséquences sportives du match.

ET C'EST LÀ QUE SE TROUVE LE VRAI RISQUE FINANCIER DU VAR

Un club ne peut pas inscrire dans ses comptes :

« erreur VAR : -£20 millions ».

Mais une décision arbitrale peut intervenir dans une compétition où une place vaut plusieurs millions, où l'accès à la Champions League ouvre immédiatement une distribution de €18,62 M avant les autres primes, et où la frontière économique entre Championship et Premier League peut représenter des centaines de millions de livres sur plusieurs saisons.

C'est précisément cette asymétrie qui nourrit le débat.

L'erreur humaine reste possible.

La conséquence sportive reste généralement définitive.

Mais l'économie du football moderne a atteint une dimension telle que le contexte financier autour d'un seul point peut être gigantesque.

UN MATCH REJOUÉ POUR CHAQUE ERREUR ? LE SYSTÈME DEVIENDRAIT IMPOSSIBLE

Le précédent Liverpool–Tottenham permet également de comprendre la prudence des instances.

Si toute erreur arbitrale reconnue ouvrait automatiquement la possibilité d'un replay, pratiquement chaque erreur importante pourrait entraîner une contestation du résultat.

Klopp avait demandé que Tottenham–Liverpool soit rejoué après l'erreur sur Díaz.

Cela n'est jamais arrivé.

Et le protocole VAR de l'IFAB apporte aujourd'hui une réponse extrêmement claire : en principe, une mauvaise décision VAR n'invalide pas la rencontre.

La stabilité des compétitions repose donc aussi sur la finalité des résultats.

LA QUESTION N'EST PLUS SEULEMENT : « L'ARBITRE S'EST-IL TROMPÉ ? »

Le football moderne oblige désormais à poser une deuxième question :

quelle valeur économique était en jeu au moment où il s'est trompé ?

La réponse peut aller de quelques millions liés à une position au classement à des dizaines de millions lorsqu'une qualification européenne entre dans l'équation — voire à un écart de revenus beaucoup plus important lorsqu'il s'agit de rester dans l'écosystème économique de la Premier League.

Mais la prudence reste indispensable.

Une erreur reconnue n'est pas automatiquement un point perdu.

Un point n'a pas de prix officiel fixe.

Un revenu manqué n'est pas automatiquement un dommage juridiquement imputable à l'arbitre.

Et une erreur VAR ne suffit pas, en principe, à faire rejouer un match.

C'est peut-être là le paradoxe économique ultime du VAR : plus les enjeux financiers du football augmentent, plus le coût potentiel d'une décision devient gigantesque — alors même qu'il reste presque impossible d'attribuer précisément ce coût à une seule décision.


COMBIEN PEUT PESER UN POINT ?

≈ £2,6 M — valeur approximative d'une place supplémentaire au classement dans les merit payments 2024/25.

€18,62 M — allocation de départ UEFA pour un club participant à la phase de ligue de Champions League dans le cycle actuel.

€2,1 M — prime UEFA pour une victoire en phase de ligue de Champions League.

≥ £205 M — hausse de revenus sur trois saisons estimée par Deloitte pour le vainqueur du play-off de promotion 2026 ; ce chiffre mesure la valeur économique de la promotion dans ce cas précis, pas le coût d'un point ni celui d'une relégation.

Aucun de ces montants ne constitue une estimation de ce que l'erreur VAR du derby a coûté à Manchester United. Ils permettent uniquement de mesurer l'échelle des enjeux financiers auxquels peuvent conduire les points au classement.

 

VAR, ARBITRAGE ET MILLIONS : DÉCRYPTEZ L’ÉCONOMIE DERRIÈRE LES DÉCISIONS


Une erreur VAR peut-elle faire rejouer un match ? Combien peut représenter une place au classement ? Et que se passe-t-il lorsqu’un point sépare un club de la Ligue des champions ou du maintien en Premier League ?
Quality Report Sports analyse les règles, les chiffres et les conséquences économiques qui se cachent derrière l’actualité du football.

Inscrivez-vous à la newsletter Quality Report Sports pour recevoir nos enquêtes, analyses Football Business et décryptages de la Premier League directement dans votre boîte mail.


→ JE REJOINS LA NEWSLETTER QRS

Quality Report Football 

Football Fait Contexte 

_

 

FAQ — ERREUR VAR, MATCH REJOUÉ ET COÛT FINANCIER EN PREMIER LEAGUE

Un match de Premier League peut-il être rejoué après une erreur d’arbitrage ?

Une simple erreur d’arbitrage reconnue ne provoque pas automatiquement un replay. Les décisions de l’arbitre concernant les faits de jeu et le résultat sont en principe définitives. Le protocole VAR de l’IFAB précise également qu’un match n’est normalement pas invalidé en raison d’une mauvaise décision impliquant le VAR.

Une erreur VAR officiellement reconnue suffit-elle pour faire rejouer le match ?

Non. La reconnaissance ultérieure d’une erreur VAR n’entraîne pas automatiquement l’annulation du résultat. Le cas Liverpool–Tottenham de 2023 en est un exemple : PGMOL avait reconnu une « significant human error » après le but valable de Luis Díaz incorrectement refusé, mais la rencontre n’avait pas été rejouée.

Manchester United–Manchester City peut-il être rejoué après l’erreur reconnue sur le but de Haaland ?

La reconnaissance de l’erreur dans le processus VAR ne crée pas à elle seule un droit automatique à rejouer le derby. Pro Ref a reconnu que le VAR aurait dû recommander une on-field review concernant l’influence potentielle d’Enzo Fernández, mais le résultat officiel demeure la victoire 1-0 de Manchester City.

Manchester United peut-il récupérer les points perdus ?

Il n’existe pas de mécanisme automatique permettant de restituer des points simplement parce qu’une erreur VAR est reconnue après la rencontre. De plus, il serait incorrect d’affirmer que Manchester United a nécessairement « perdu un point » ou « perdu trois points » à cause de cette décision : personne ne peut déterminer avec certitude comment le match se serait terminé dans un scénario différent.

Combien vaut un point en Premier League ?

Il n’existe pas de prix officiel d’un point de Premier League. Sa valeur économique dépend de ce qu’il change au classement. Un point sans conséquence sur la position finale peut avoir un impact financier direct limité, tandis qu’un point permettant de gagner une place, d’accéder à la Ligue des champions ou d’éviter une relégation peut être associé à des enjeux beaucoup plus importants.

Combien vaut une place supplémentaire au classement de Premier League ?

Pour la saison 2024/25, la Premier League indiquait qu’une position supplémentaire représentait approximativement £2,6 millions en merit payments. Ce chiffre constitue une référence historique et ne signifie pas qu’un point vaut systématiquement £2,6 millions.

Une erreur VAR peut-elle coûter £2,6 millions à un club ?

Pas automatiquement. Les £2,6 millions correspondent approximativement à la différence de merit payment entre deux positions lors de la saison de référence 2024/25. Pour attribuer cette somme à une erreur VAR précise, il faudrait démontrer que cette décision a effectivement déterminé la position finale du club, ce qui est extrêmement difficile dans un championnat de 38 journées.

Combien rapporte une qualification en Ligue des champions ?

Dans le cycle actuel de distribution de l’UEFA, la participation à la phase de ligue donne notamment droit à une allocation de départ de €18,62 millions par club, avant les primes de résultats, de classement et le value pillar.

Combien rapporte une victoire en Ligue des champions ?

Dans la phase de ligue, l’UEFA prévoit une prime de €2,1 millions par victoire et €700 000 par match nul, en plus des autres composantes de la distribution.

Une erreur d’arbitrage peut-elle donc coûter une qualification en Ligue des champions ?

Sportivement, une décision peut contribuer au résultat d’un match qui participe ensuite au classement final. Mais il est beaucoup plus difficile d’établir qu’une seule erreur a causé la non-qualification. Le classement final résulte de 38 rencontres et de nombreux événements. Même si deux clubs terminent séparés par un point, cela ne permet pas automatiquement d’attribuer la différence à une décision arbitrale particulière.

Combien peut représenter financièrement une promotion en Premier League ?

Deloitte estimait en 2026 que le vainqueur de la finale des play-offs de Championship pouvait bénéficier d’au moins £205 millions de revenus supplémentaires sur trois saisons grâce à la promotion. Le montant potentiel pouvait atteindre environ £365 millions si le club se maintenait dès sa première saison. Ces chiffres concernent la valeur économique estimée de la promotion dans ce scénario, et non la valeur d’un point ou le coût d’une erreur arbitrale.

Une erreur VAR peut-elle coûter £205 millions à un club relégué ?

On ne peut pas présenter les choses ainsi. Les £205 millions correspondent à une estimation Deloitte de l'augmentation de revenus associée à une promotion dans le cas étudié en 2026. Ce n’est ni le prix d’un point, ni une indemnité, ni une estimation de la perte provoquée par une décision VAR.

Un club peut-il recevoir une compensation financière après une erreur VAR reconnue ?

Il n’existe pas de compensation financière automatique déclenchée simplement par la reconnaissance d’une erreur VAR. Reconnaître l’erreur, évaluer ou écarter temporairement les officiels concernés et indemniser financièrement le club sont des questions distinctes.

Les arbitres peuvent-ils être sanctionnés même si le résultat du match reste inchangé ?

Oui. C’est précisément ce qui s’est produit après le derby de Manchester : Matt Donohue et Blake Antrobus, respectivement VAR et assistant VAR, ont été retirés des désignations de Premier League pour la journée suivante après la reconnaissance de l’erreur. Le résultat du derby est néanmoins resté inchangé.

Pourquoi ne pas simplement annuler le résultat lorsqu’une erreur est reconnue ?

Parce que cela créerait un problème considérable de stabilité des compétitions. De nombreux matchs comportent des décisions contestées ou ultérieurement reconnues comme incorrectes. Si chaque erreur ouvrait automatiquement droit à un replay, les résultats pourraient constamment être remis en cause. C’est notamment pour cette raison que les Lois du Jeu donnent un caractère définitif aux décisions concernant les faits de jeu et que le protocole VAR prévoit qu’une erreur VAR n’invalide normalement pas une rencontre.

Peut-on dire que l’erreur contre Manchester United a coûté des millions au club ?

Non, pas avec les éléments disponibles. On peut chiffrer les enjeux économiques autour du classement — environ £2,6 M pour une position sur la référence 2024/25, €18,62 M d’allocation de départ en Champions League ou les montants considérables associés à l’accès à la Premier League. En revanche, attribuer directement l’un de ces montants à l’erreur du derby serait spéculatif.

Quelle est donc la véritable conséquence financière d’une erreur VAR ?

La formulation la plus rigoureuse est la suivante : une erreur VAR peut intervenir dans un match dont les points auront éventuellement des conséquences financières considérables, mais cela ne signifie pas que l’intégralité de ces conséquences peut juridiquement ou économiquement être imputée à cette erreur.

C’est précisément ce qui rend le sujet si important pour le Football Business : l’erreur peut être identifiable, les millions en jeu peuvent être chiffrables, mais le lien entre les deux reste extrêmement difficile à quantifier.

Retour sur le blog

Laisser un commentaire