Infantino, le président aux millions : les rémunérations du patron de la FIFA ont explosé en dix ans
Depuis son arrivée à la tête de la FIFA en 2016, Gianni Infantino a vu ses revenus connaître une progression spectaculaire. Une enquête révélée ce jeudi par Le Monde, fondée sur les déclarations fiscales déposées par l’instance auprès de l’Internal Revenue Service (IRS) américain, met en lumière l’ampleur de cette envolée salariale.
Élu président de la FIFA en février 2016 après la chute de Sepp Blatter, l’Italo-suisse s’était présenté comme le visage du renouveau et de la transparence du football mondial. Dix ans plus tard, il figure désormais parmi les dirigeants sportifs les mieux rémunérés au monde.
Des revenus multipliés par près de cinq depuis 2016
En 2024, Gianni Infantino a perçu 6,1 millions de dollars, soit environ 5,27 millions d’euros. Ce montant se décompose en :
◾2,9 millions de dollars de salaire,
◾1,8 million de dollars de bonus,
◾1,1 million de dollars au titre d’« autres rémunérations à déclarer »,
◾155 000 dollars liés à la retraite et à des rémunérations différées.
À titre de comparaison, lors de sa première année complète à la présidence de la FIFA, en 2016, la rémunération déclarée d’Infantino s’élevait à environ 1,28 million d’euros. Une différence qui illustre une augmentation continue au fil de ses deux mandats.
Bonus, Mondial 2022 et reconduction au pouvoir
Cette hausse s’explique en grande partie par un système de bonus annuels, instauré dans un contexte de gouvernance que la FIFA présente comme plus transparent. Dès 2019, le coût global de la rémunération du président atteignait déjà 3 millions de dollars.
La Coupe du monde 2022 au Qatar a marqué un tournant financier : selon Le Monde, Gianni Infantino aurait perçu à cette occasion un bonus exceptionnel de 1,77 million d’euros. Sa reconduction pour un deuxième mandat en 2023 s’est également accompagnée d’une revalorisation estimée à 2,7 millions d’euros de sa rémunération.
Une présidence critiquée, un avenir encore lucratif
Ces révélations interviennent dans un contexte de critiques renouvelées. Michel Platini, ancien président de l’UEFA, a récemment dénoncé la proximité d’Infantino avec « les riches et les puissants », estimant que le patron de la FIFA s’est éloigné des idéaux initiaux du football.
Alors que la Coupe du monde 2026, organisée aux États-Unis, au Canada et au Mexique, approche, l’année s’annonce particulièrement stratégique – et potentiellement lucrative – pour le président de la FIFA. Gianni Infantino pourrait par ailleurs briguer un troisième et dernier mandat en 2027, prolongeant encore une ère marquée autant par la puissance politique que par l’ampleur financière.
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